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Une formation adéquate?

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Une formation adéquate?

Depuis 1994, les chauffeurs de taxi doivent obligatoirement suivre une formation, incluant les notions nécessaires à la prestation de service aux personnes handicapées. Est-ce que les six heures de cours offerts suffisent?

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«Oui, si on prend l’ensemble de la formation, qui comprend les lois et les règlements», estime Réjeanne Campagna, secrétaire du Centre de formation en transport routier de Saint-Jérôme.

Le Centre est une des institutions accréditées pour offrir la formation aux chauffeurs de taxi, en vertu du Règlement sur les services de transport en taxi. Dans ses locaux de la rue Clark, à Montréal, des chauffeurs en devenir ou des titulaires d’une licence de taxi assistent à 75 heures de cours.

C’est assez

De ce nombre, six heures seulement sont allouées au transport adapté. Elles sont obligatoires pour tout chauffeur désirant offrir le service de transport adapté, y compris ceux déjà titulaires d’une licence de taxi avant 1994. Ces derniers bénéficient d’une dispense pour le reste de la formation.

Une nouvelle mouture du cours de transport adapté est disponible depuis 2004. «Le ministère des Transports [MTQ] songe à imposer aux anciens chauffeurs de suivre la nouvelle formation», mentionne Mme Campagna.

Une autre formation, plus poussée, est offerte par la Société de transport de Montréal, ajoute Mme Campagna. Les chauffeurs s’y inscrivent sur une base volontaire.

La formation obligatoire porte, entre autres, sur les principes généraux du service au client, ainsi que sur l’écoute, la communication, l’embarquement et les appareils d’aide à la mobilité.

C’est tout ce qu’il faut pour être en mesure d’offrir le service, selon Georges Tannous, vice-président de CO-OP Taxi Laval et responsable du dossier transport adapté. «Nous, notre travail, c’est de transporter quelqu’un d’un point A à un point B.»

CO-OP Taxi Laval fournit régulièrement des lettres d’information à ses chauffeurs, afin de mettre à jour leurs connaissances sur des thèmes comme les normes de sécurité, indique M. Tannous.

Par ailleurs, un nouveau chauffeur embauché chez CO-OP Taxi Laval doit cumuler trois mois d’expérience avant de pouvoir faire du transport adapté. Ce dont il faut tenir compte, c’est que «les chauffeurs ne sont pas obligés de faire du transport adapté», dit André Desjardins. Ceux qui le font sont donc bien disposés.

Des ajustements

Le directeur de l’Association lavalloise des usagers du transport adapté, Éric Fortin, croit pour sa part que la formation actuelle n’est pas adéquate. «Nous devons composer avec toutes les clientèles: autisme, handicap physique, visuel, auditif, mental.»

Il donne l’exemple d’un chauffeur «qui cogne à la porte, ou crie « Je viens chercher Stéphane »» quand le Stéphane en question souffre d’un handicap auditif. Ou encore le cas d’une jeune fille laissée à la mauvaise porte. «La personne qui arrive 15 minutes avant un atelier, par exemple, ne trouve personne pour la recevoir», illustre M. Fortin.»

Dans le cadre d’un sondage effectué à l’automne 2004 par le MTQ, auprès des usagers de l’ensemble des services de transport adapté du Québec, la formation des chauffeurs a été abordée. «Près d’un OTA [organisme de transport adapté] sur deux considère comme important d’intervenir sur le plan de la formation des chauffeurs de minibus et de taxi. Cette formation devrait permettre à ces derniers d’avoir, d’une part, une meilleure attitude à l’égard des personnes handicapées et, d’autre part, des connaissances leur permettant d’apporter l’assistance requise à ces personnes selon leurs limitations fonctionnelles, peut-on lire dans le document d’étude du Ministère. «Plusieurs organismes souhaitent la participation du Ministère pour dispenser cette formation, former les formateurs ou choisir une entreprise spécialisée en formation.»

Le MTQ est le principal bailleur de fonds en matière de transport adapté au Québec. Il lui en coûte 14$ pour chaque déplacement offert par la Société de transport de Laval (STL). Ce montant s’ajoute au tarif payé par le client, égal au tarif en vigueur dans le réseau de transport de la STL. C’est cette dernière qui paye la différence. (Photo: Georges Tannous)

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