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Tout au long de la pandémie, une trentaine d’employés par quart de travail se divisait les tâches liées à la zone rouge de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé. (Photo 2M.Media)

COVID-19

Une fermeture de zone rouge synonyme d’espoir

Au pire de la pandémie de la COVID-19, près de 30 patients étaient isolés au sein de l’unité de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé transformée en zone rouge. Une seule personne s’y retrouve désormais et une bonne partie des installations a été démantelée.

«C’est vraiment encourageant, affirme Éric Daviau, chef de service de cette même unité. Quand on a fermé la moitié du département, ça a donné un boost aux employés. Une semaine après, nous avons été en mesure de la réduire encore. On voit enfin la ligne d’arrivée.»

Éric Daviau est l’un des rares qui a travaillé au sein de la zone rouge tout au long de la pandémie. Selon ses dires, il reste moins de 10 personnes au sein de son équipe qui étaient déjà présentes au départ.

«Nous sommes habituellement une unité de médecine de base, poursuit-il, Nous n’avions pas des ratios pour convenir à des surveillances obligatoires, mais le département était le mieux équipé pour recevoir ce type de clientèle. Ce fut tout un défi de coordonner tout ça.»

En effet, cet endroit a été sélectionné en raison de sa capacité à aider les patients nécessitant des soins cardiovasculaires. Le département de cardiologie était aussi une bonne option, mais la nécessité de poursuivre l’offre de soins à une clientèle dite «verte» a facilité la décision.

Première vague

Les premiers mois de la pandémie ont durement touché les différents CHSLD de la région. Cette première vague s’est aussi fait ressentir dans la zone rouge de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, car celle-ci accueillait les résidents des centres d’hébergement lavallois.

«Ç’a été très difficile, car les gens venaient mourir ici, se remémore M. Daviau. On a eu plus de décès en l’espace d’un mois et demi que dans les 10 dernières années au sein de notre département. Il est arrivé d’avoir 42 décès dans une période de 28 jours. Nous avons été obligés de se procurer des conteneurs réfrigérés pour mettre des corps.»

Le chef de service rappelle également que ces personnes devaient malheureusement vivre leurs derniers jours loin de leur famille, car les visites étaient interdites dans le département.

«Cela a causé des séquelles très fortes parmi le personnel, ajoute-t-il. C’était des patients qui recevaient déjà des soins avant leur arrivée, mais ce sont tout de même des êtres humains.»

Adaptation

Le début de la deuxième vague de COVID-19 était plutôt caractérisé par une clientèle ayant de grosses difficultés respiratoires. L’unité s’était déjà procuré de nombreux appareils au fil des semaines, ce qui a facilité la gestion des ressources.

Des caméras pour bébé ont même été mises à contribution. Celles-ci servaient à mieux suivre des patients qui avaient besoin d’assistance. Elles permettaient aussi d’éviter d’entrer dans les chambres pour limiter les contacts.

«Ç’a été des ajustements constants et rencontres en fonction du type de clientèle, note Éric Daviau. Nous avons eu une clientèle intermédiaire, en grande détresse respiratoire, des femmes enceintes et même des cas de chirurgie. Nous avons dû faire équipe avec les autres départements.»

Il affirme d’ailleurs que tous les patients qui sortaient de la zone rouge étaient des victoires pour le personnel. Certaines histoires représentaient même de petits miracles qui encourageaient les troupes à poursuivre leurs efforts.

«On a eu des patients qu’on ne pensait jamais voir sortir et qui sont repartis sur leurs deux pieds, se souvient M. Daviau, sourire aux lèvres. Ça faisait en sorte que lorsqu’on voyait un autre patient qui était mal en point, on se disait qu’il fallait donner notre maximum et ne pas lâcher pour vivre une autre belle surprise.»

Préparation

Bien que la majorité de cette épreuve soit maintenant du passé, les ajustements se poursuivent dans l’unité qui devrait prochainement tourner à 100 % au vert. Les ratios d’employés doivent être rajustés et de nouvelles formations doivent être suivies par le personnel.

Pour Éric Daviau, il est certain que ce défi aura permis de mettre en place de nouvelles initiatives qui resteront dans le futur.

«Il faut surtout retenir toute l’adaptation et la résilience de notre groupe d’individus, conclut-il. L’esprit de famille est ce qui nous a permis de passer à travers cela. On a acheté des équipements qui vont rester et notre modèle est maintenant prêt à faire face à une autre pandémie si un virus semblable devait suivre.»

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