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La Maison des aînés est projetée en bordure du boulevard des Prairies dans la partie ouest (à droite sur la photo) du nouveau Parc Armand-Frappier. (Photo gracieuseté)

Environnement

Un parc riverain au cœur d’un premier enjeu électoral

Trois candidats à l’élection municipale se mobilisent pour la protection intégrale du parc Armand-Frappier.

Louise Labrie, Marc Patrick Roy et Silvana Senattore Pérez demandent au gouvernement Legault de céder à la Ville les quelque 14 300 mètres carrés acquis l’automne dernier au coût de 8,5 M$ dans le but d’y construire une première Maison des aînés à Laval.

Le triumvirat insiste toutefois pour dire qu’il s’agit-là d’une «démarche personnelle» entreprise «en tant que citoyens et non pas à titre de candidats d’Action Laval», cette sortie publique n’engageant en rien leur formation politique.

La présente requête arrive tardivement, considérant que la mise en chantier de ce complexe de huit bâtiments totalisant 96 chambres devrait «fort probablement» débuter ce mois-ci, selon ce que le cabinet de la ministre responsable des aînés et des proches aidants, Marguerite Blais, estimait à la mi-février.

Rappel des faits

Le 1er décembre 2020, le conseil municipal entérinait l’achat des deux tiers (66 %) de ce terrain riverain, incluant les 320 mètres de berges en bordure de la rivière des Prairies à l’ouest de l’autoroute 15.

Pour ce qui est de la partie restante, à savoir la portion ouest du lot situé en façade du boulevard des Prairies, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) trouvait preneur auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui y voyait un site idéal pour répondre aux besoins du CISSS de Laval en matière d’hébergement.

Pétition en ligne

Depuis le 7 avril, une pétition circule en ligne sur le site de l’Assemblée nationale.

Ce lundi 12 avril à 14h45, 100 personnes avaient signé cette pétition parrainée par le député indépendant de Chomedey, Guy Ouellette, dont Mme Senattore-Pérez a dirigé le bureau de comté de 2014 à 2019.

Parmi les considérants de cet appel à la mobilisation, on rappelle d’entrée de jeu que ce «grand espace riverain de 4,2 hectares avec vue sur la rivière des Prairies» se trouve «à distance de marche et connecté au centre-ville par un corridor vert piétonnier».

Les trois pétitionnaires soutiennent «qu’il serait préférable de conserver le terrain dans son entier comme parc public et de l’aménager avec un sentier et du mobilier urbain», d’autant que «les accès publics à l’eau sont rarissimes à Laval», ajoutent-ils.

«Fausse bonne nouvelle»

Dans un communiqué publié conjointement, Louise Labrie, qui habite à proximité du parc Armand-Frappier, dit avoir été «révoltée d’apprendre que le conseil municipal ne respectait pas son engagement pris en octobre 2018, d’en faire l’acquisition pour des fins de conservation et de parc».

Qualifiant de «fausse bonne nouvelle» l’acquisition de la majeure partie du parc par la Ville pour 7,2 M$, Mme Labrie fait valoir que «cet espace est en zone inondable, accessible uniquement par deux sentiers, de part et d’autre de la [future] Maison des aînés à partir du boulevard des Prairies, sans espace de stationnement».

D’emblée, son collègue Marc Patrick Roy salue la transformation des services en matière d’hébergement et de soins de longue durée qui se déploie au Québec.

«Toutefois, ça doit s’inscrire dans une démarche rigoureuse pour le bien-être de tous, écrit-il en soulignant l’importance de préserver l’entièreté de ce bucolique espace vert. Le parc doit être accessible à tous les Québécois et non seulement à 96 résidents».

Quant à Silvana Senattore Pérez, elle s’est sentie personnellement interpellée lorsque ses collègues l’ont approchée. «J’ai grandi en ayant accès au bord de l’eau et ce parc faisait partie de mon parcours en bicyclette. Un plaisir et privilège que je souhaite à toutes les générations futures aussi», partage-t-elle.

Rappelons que Raymond Lamothe, un citoyen de Laval-des-Rapides âgé de 80 ans, avait été le premier à dénoncer l’emplacement retenu pour la première Maison des aînés à Laval, réclamant l’intervention du premier ministre François Legault en janvier dernier. Dans ses revendications, l’octogénaire avait l’appui de la Société pour la nature et les parcs du Canada. Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval l’appuyait également dans sa démarche.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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