Mis à jour le 02 mars 2026 à 08h41
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, le Musée de la santé Armand‑Frappier a accueilli, le 27 février, une rencontre exceptionnelle réunissant l’athlète olympique Bruny Surin et l’écrivain Edgard Gousse.
Cette entrevue croisée animée par Danielle Shelton, présidente de la Société littéraire de Laval, suivie d’un atelier de création poétique, a permis au public d’explorer les liens entre santé physique et santé intellectuelle.
Initiée par le Musée et réalisée en collaboration avec la Société littéraire de Laval (SLL), l’activité se voulait un dialogue entre sport, littérature et mémoire.
«Il s’agit d’une initiative du Musée, précise Danielle Shelton.On voulait parler de tous les aspects de la santé.»
Pour la présidente de la SLL, le jumelage s’est imposé naturellement.
«La santé physique en invitant un athlète olympique et la santé intellectuelle en invitant un homme d’art et de lettres. Ils sont tous les deux pertinents pour le Mois de l’histoire des Noirs, étant nés en Haïti.»
Mme Shelton souligne aussi le subtil lien littéraire entre les invités.
«Bruny Surin est un athlète, il a fait appel à un écrivain pour raconter sa biographie. Edgard Gousse, lui, est un auteur polyvalent dont la fiction est ancrée dans une réalité haïtienne.»
Ce premier partenariat concrétisé entre la SLL et le Musée ouvre la porte à d’autres collaborations.
«On a un laboratoire de création, le Labo clic. Notre objectif est de mettre en valeur les auteurs invités tout en permettant au public de découvrir rapidement leur univers, de manière ludique.»
La force du mental
Invité à partager sa vision de la santé, Bruny Surin a insisté sur l’indissociable lien entre corps et esprit.
«Les deux vont de pair. Tu peux avoir un physique incroyable, mais si tu n’as pas le mental pour performer, surtout lors des grands événements, ça ne marche pas. Il faut être fort dans les deux.»
Arrivé à Montréal à l’âge de sept ans, en plein hiver, l’athlète se souvient du choc culturel. Mais surtout des paroles de sa mère.
«Ici, tu as toutes les opportunités devant toi, c’est à toi d’aller les chercher… Dans la vie, il n’y a pas de raccourci.»
Un message qu’il transmet aujourd’hui aux jeunes. «Les opportunités sont là. La vie est faite d’obstacles, c’est à nous de les surmonter. Il faut avoir le moral au beau fixe.»
Il reconnaît le rôle central des valeurs familiales dans sa carrière. «Sans ces valeurs, j’aurais pu tricher comme certains compétiteurs l’ont fait. J’ai pris 15 ans pour réaliser mon objectif ultime, mais je l’ai fait avec intégrité.»
Au-delà des médailles, il souhaite transmettre la persévérance et l’importance de l’activité physique.
«Restez accrochés à vos objectifs. Et bougez. C’est incontournable pour votre santé.»
Touché par l’idée que sa biographie devienne matière à poésie, il confie, sourire aux lèvres.
«J’en suis enchanté. Si ça peut servir de source d’inspiration, tant mieux.»
L’écriture comme boussole
De son côté, Edgard Gousse a offert une réflexion dense et habitée sur la santé intellectuelle.
«L’œuvre romanesque ne se résume pas à une coquille creuse. Il faut garder intacte sa santé intellectuelle. L’art est immanent à tout discours qui touche l’être dans son essence.»
Pour lui, écrire relève d’une nécessité. «Il n’y a pas de vocation d’écrire, mais l’acte d’écrire répond à une nécessité urgente et spontanée. L’écrivain doit être le témoin de son temps.»
En écho au Mois de l’histoire des Noirs, il évoque le devoir de mémoire.
«La mémoire et l’identité, c’est ce qui nous raccroche tous. J’ai pour devoir de donner, tout comme j’ai eu à recevoir.»
À l’idée que des participants puisent dans ses romans pour créer leurs propres poèmes, il se montre enthousiaste.
«L’œuvre n’est jamais complète en soi. Mes romans ne sont pas des textes fermés. Ils sont ouverts sur l’ailleurs. Le lecteur va au-delà de ce qui existe dans le roman.»
Edgard Gousse conclut avec une invitation à l’introspection.
«Que les gens apprennent à se découvrir, à aller au-delà de ce qu’ils pensent être. L’écrivain est un rapporteur, mais chacun doit accepter de se regarder en face.»

Créer à partir des mots
Après l’entrevue croisée, le public a visité l’exposition temporaire BOUGER en compagnie des invités, avant de participer à un atelier de création poétique guidé par les animatrices de la Société littéraire de Laval.
Sous la direction de Danielle Shelton, les participants ont manipulé des vers découpés, tirés de la biographie de Bruny Surin et du roman Un canal pour deux moitiés d’île d’Edgard Gousse.
«On leur donne 10 vers, d’expliquer Mme Shelton. Ils jouent avec jusqu’à constituer un poème qui a du sens. Chaque ensemble offre plusieurs possibilités d’organisation.»
Les poèmes les plus réussis paraîtront dans la revue d’arts littéraires Entrevous.
En conjuguant mouvement et imagination, science et littérature, cette rencontre aura démontré que la santé ne se limite pas au corps ni à l’esprit: elle naît aussi du dialogue entre les deux, et de la capacité d’une communauté à célébrer ses voix et ses parcours, comme l’a signalé la directrice du musée, Guylaine Archambault.
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