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Récompensé d’avoir sorti une femme des griffes de son ex

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Récompensé d’avoir sorti une femme des griffes de son ex

EXPLOIT. Un jeune homme de 17 ans, Malyk Bonnet, est venu à la rescousse d’une femme en détresse le 1er août, lui sauvant probablement la vie. Jeudi, en après-midi, des patrouilleurs de la Police de Laval ont tenu à le féliciter et lui remettre une somme de 255 $ en guise d’estime et de reconnaissance pour son geste héroïque.

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L’histoire commence dans la matinée du samedi 1er août, à 11h, à la station de métro Montmorency. Une jeune femme y attend l’autobus en compagnie de son bébé de neuf mois et de son cousin.

Quand elle voit son ex-conjoint faire irruption sur les lieux, elle confie l’enfant à son cousin et lui demande de filer se réfugier chez d’autres membres de sa famille. L’ex, répondant au nom de Manuel Cirpaci, devait alors respecter des conditions de mise en liberté, dont celles de ne pas contacter ou s’approcher de son ancienne conjointe. L’homme de 31 ans possède un lourd passé d’antécédents en matière de violence conjugale.

Cavale et rencontre

Des citoyens témoins de la scène contactent le 911, alors que Manuel Cirpaci entraîne la jeune femme dans le métro. La Police de Laval se met en état d’alerte et demande la collaboration du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour résoudre cette affaire d’enlèvement.

Pendant ce temps, le couple se rend quelques fois chez de la famille, mais les policiers arrivent toujours trop tard pour l’intercepter. Vers 22h, le couple se retrouve sur le boulevard Saint-Michel, près de la station de métro du même nom. En chemin pour un dépanneur, Malyk Bonnet aperçoit l’individu en train d’invectiver une fille d’environ 30 ans, avant de lui saisir agressivement le bras. Inquiet de cette agitation, il décide de presser le pas pour vérifier si la jeune fille est correcte. La femme en profite pour lui réclamer de l’argent afin d’acheter des tickets d’autobus.

N’ayant pas de monnaie, venant tout juste de recevoir sa paye de la semaine, le Montréalais offre aux deux Lavallois de se rendre justement au dépanneur pour s’en procurer. De retour à l’extérieur, le jeune homme paye les billets du couple et les suit dans un autobus se dirigeant sur le boulevard Henri-Bourassa.

L’agresseur y croise une connaissance, lui désigne son ex-conjointe en lui disant qu’elle ne l’aime plus et qu’elle aime un autre homme. À cet instant, il regarde sa victime droit dans les yeux et lui dit: «Tu ne le reverras plus, crois-moi!»

Notre jeune héros devine ce que cache la tristesse dans les yeux de la femme kidnappée.

Ruses et arrestation

Au grand malheur du garçon de 17 ans, la pile de son téléphone cellulaire est à plat. Aucune chance de contacter le 911. Il prétexte donc devoir se rendre lui aussi en territoire lavallois et propose de leur payer les billets, décidé à ne pas perdre le contact avec eux.

Autour de minuit, après plusieurs épisodes d’agressivité du suspect envers sa victime, Malyk Bonnet suggère de se rendre dans un restaurant Tim Hortons, situé sur le boulevard des Laurentides, au nord du boulevard de la Concorde Est, dans Pont-Viau. Le garçon de 17 ans espère les attirer dans un endroit public. Quand la jeune femme prévient qu’elle doit se rendre aux toilettes, son «compagnon» la prévient d’un ton menaçant: «Fais-moi pas de niaiseries!»

C’en est trop pour notre jeune héros qui confie 50 $ au kidnappeur, le chargeant de commander au comptoir, et prend lui aussi la direction des toilettes. Une fois à l’écart, la jeune femme lui confie sa détresse, lui faisant comprendre qu’elle a été enlevée et le suppliant d’appeler la police. Elle lui dit avoir peur de mourir.

Au retour, grand coup de hasard, le garçon croise une amie dans la file d’attente et lui emprunte son téléphone portable, s’empressant d’appeler le 911. Toutefois, le coup de fil se produit sous le regard inquisiteur du suspect que la police considère comme un individu potentiellement très dangereux. Le jeune héros lui ment, lui disant qu’il vient de réclamer un taxi.

C’est sur le coup de 00h14 que des patrouilleurs se présenteront au Tim Hortons et procéderont à l’arrestation de Manuel Cirpaci. Il a comparu le 3 août sous des chefs d’accusation d’enlèvement, séquestration, voies de fait, menaces de lésions et de mort.

«Nos informations au moment des recherches, basées sur le passé de l’individu, confirmaient qu’un jour, il allait tuer», a dit l’agent Vincent Thibault, de la Police de Laval, qui était appuyé de ses collègues Jason Galland et Claudie Bergeron au moment de l’opération.

«J’ai vu dans les yeux de la fille qu’elle était soulagée, confie Malyk Bonnet, qui a longtemps habité Laval. Moi, je n’avais pas peur. Le type ne m’intimidait pas. Il était de petite taille. Je voulais juste m’assurer qu’elle aille bien. Il n’était pas question que je retrouve sa photo le lendemain en apprenant qu’elle était morte. Tu ne peux pas passer à côté d’un truc comme ça!»

Aujourd’hui, Malyk, qui rêve de devenir restaurateur, espère reparler à la victime un jour, afin de s’assurer qu’elle et son petit bébé vont bien et sont en sécurité.

Générosité policière

Après la déposition du jeune homme, les patrouilleurs ont tenu à le raccompagner chez lui, à Montréal. En le déposant chez lui, ils ont été étonnés, et surtout, émus, de réaliser que leur héros avait manifestement engagé l’entièreté de ses avoirs financiers dans l’aventure.

Discrètement, ces policiers ont organisé une collecte parmi leurs collègues les jours suivants. Ils ont récolté plus de 200 $. C’est un enquêteur fier de leur dévouement qui a révélé leur geste de générosité, avant que l’on rende la chose publique.

Le 13 août, une rencontre a été organisée pour remettre l’argent au sauveteur qui sera, certes, en lice pour la prochaine Cérémonie civique de la Police de Laval. Un honneur plus que mérité!

«Souvent dans notre métier, nous côtoyons les indésirables de la société, de conclure l’agent Vincent Thibault. Ça fait du bien de voir qu’il reste de bonnes personnes, là, pour aider les autres.»

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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