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    Home - Actualités - Professeurs inquiets du manque de ressources

    Professeurs inquiets du manque de ressources

    Rédaction Courrier LavalPar Rédaction Courrier Laval25 février 2016
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    L'école Saint-Paul est un des six établissements à accueillir les réfugiés syriens.
    L'école Saint-Paul est un des six établissements à accueillir les réfugiés syriens.
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    Mis à jour le 25 février 2016 à 14h59

    Trois enseignantes, que nous appellerons Valérie, Sophie et Sylvie ont bien voulu témoigner sous le couvert de l’anonymat.

    À son école, Valérie a constaté que les professeurs d’anglais et de musique n’ont plus leurs locaux pour enseigner et que la technicienne en éducation spécialisée (TES) en a plein les bras. «Nous avons aussi perdu la salle des dîneurs. De plus, la TES doit consacrer son temps à soutenir les enseignants aux classes d’accueil plutôt que de s’occuper des élèves dysphasiques», déplore-t-elle.

    «La TES travaillait neuf heures et demie. L’an dernier, on a coupé trois heures et avec l’arrivée des Syriens, on a amputé encore trois heures. Bref, on enlève du temps à nos élèves qui en ont besoin. Les TES font des miracles dans nos écoles.»

    Problème de langue

    À l’école de Valérie, on préconise la politique de parler en français. «Avec l’arrivée des Syriens, ça devient très difficile de respecter ce règlement. L’arabe devient prioritaire, car nous avons beaucoup d’autres élèves arabes. C’est un fléau. L’intégration devient plus difficile.»

    Les enseignants auraient aimé une intégration progressive à mi-temps, afin de faciliter l’arrivée de ces réfugiés. «La neige et la glace, ils n’ont jamais vu cela. Il arrive des incidents. Par exemple, un jeune a collé sa langue sur un poteau. Il n’y a pas eu non plus d’ajout de personnel dans la cour d’école», confie Valérie.

    Ajout de ressources

    Les enseignantes comprennent que les nouveaux arrivants ont besoin d’aide. Toutefois, elles demandent à la CSDL d’ajouter des ressources.

    Elles déplorent aussi n’avoir reçu aucune formation et qu’il n’y a eu aucune rencontre avec la CSDL, afin de mieux les préparer. «Oui, nous voulons recevoir les nouveaux arrivants, mais nous manquons de ressources», insiste Sophie.

    La CSDL a embauché un psychologue et un psychoéducateur pour les accueillir. Toutefois, le service offert est centralisé.

    «Quand des urgences arrivent dans les écoles, ce sont les TES qui prennent le relais. À notre école, la TES court partout présentement», souligne Sylvie.

    Selon des enseignants d’une école de Chomedey, il n’y aurait pas eu d’ajout de personnel à l’établissement qui reçoit le plus grand nombre de classes.

    «Le psychoéducateur a quitté son poste pour se retrouver à la CSDL. Il a été remplacé seulement quatre jours par deux personnes différentes. C’est insuffisant!» raconte une enseignante.

    L’accueil à quel prix?

    Pour Sophie qui travaille dans une école qui accueillera sous peu des réfugiés, l’inquiétude se fait sentir. «Il y aura 50 élèves dans un gymnase beaucoup trop petit pour donner des cours d’éducation physique. Ça n’a aucun sens. Le bruit sera intense», fait-elle remarquer.

    «Si nous sommes chanceux, nous garderons notre local de musique. L’accueil, à quel prix?» poursuit-elle.

    Des rénovations majeures ont été réalisées au service de garde de l’école où travaille Sylvie, donnant accès à quatre nouveaux locaux. «Ces locaux serviront à accueillir les nouveaux arrivants. Les enfants de premier cycle ne pourront plus compter sur une bibliothèque. Les petits seront pénalisés», mentionne-t-elle.

    Enfin, Sylvie croit que des cours d’éducation physique seront coupés pour les plus jeunes. «On nous déshabille pour habiller les réfugiés. Nous ne sommes pas contre l’accueil des réfugiés, mais nous n’avons pas les locaux nécessaires, ni les services pour eux. On ne sait pas non plus si la CSDL a eu l’aide du gouvernement. On ne sait rien», conclut-elle.

    Les services ne suivent plus

    Julie Bossé, secrétaire du Syndicat de l’enseignement de la région de Laval (SERL), partage cette inquiétude. «Avec ces nouveaux élèves, les services ne suivent pas», lance-t-elle.

    La CSDL a reçu une première vague de 200 réfugiés, dont la majorité était parrainé. Les écoles Saint-Maxime (17 groupes), Saint-Paul (8 groupes), l’Équinoxe (4 groupes), Des Ormeaux (5 groupes) et Les Explorateurs (3 groupes) ont accepté des classes d’accueil.

    Deuxième vague

    La deuxième vague prévue en mars permettra à l’école Sainte-Dorothée et Les Explorateurs d’ouvrir ses portes à trois classes. Si l’école Saint-Paul perdra un groupe, l’Équinoxe devra en ajouter une.

    En 2016-17, on prévoit des ajouts de classes aux écoles secondaires Leblanc (4), Curé-Antoine-Labelle (2), Mont-de-La Salle (4), Poly-Jeunesse (2) et Saint-Maxime (21).

    Selon Mme Bossé, la CSDL n’est pas prête à recevoir autant d’élèves. «Avant leur arrivée, nous avions déjà un manque flagrant de locaux et de ressources. Nous utilisons maintenant des bibliothèques, gymnases, salle de musique et d’arts, pour les accueillir. Va-t-il falloir utiliser l’armoire à balai pour loger des élèves?» ironise-t-elle.

    «Travailler ensemble»

    La présidente de la CSDL, Louise Lortie, est consciente que l’arrivée de 200 personnes crées certaines contraintes pour les autres élèves lavallois. «C’est certain que ces enfants prennent de la place physiquement. Il faut faire des classes. Il faut les accueillir et leur trouver une place comme n’importe quel jeune de Laval.»

    Selon elle, il n’y a pas de contrainte concernant la grille horaire des cours en éducation physique. «Ces cours doivent se donner quand même.»

    Mme Lortie admet que les infrastructures étaient déjà insuffisantes pour la clientèle actuelle. «L’arrivée de 200 personnes met beaucoup de pression sur nos infrastructures. Il faut que ces enfants soient scolarisés, se donner la main et travailler ensemble.»

    Quelques enfants d’âge préscolaire de cinq ans sont déjà intégrés dans les classes régulières. «Ils ne parlent pas français, mais des cours leur sont donnés. Ils apprennent rapidement, ce sont des éponges à cet âge-là», a fait savoir Mme Lortie.

    Une vingtaine des 200 réfugiés ont pu intégrer une classe régulière. Comme certains avaient déjà appris le français, il était alors plus facile pour eux de les intégrer.

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