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Procès en diffamation: un témoignage surprenant

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Procès en diffamation: un témoignage surprenant

Le cabinet du maire Marc Demers savait depuis au moins le 6 janvier 2016 que l’Accueil Bonneau avait mis en demeure Pierre Anthian de cesser d’associer sa chorale formée d’itinérants au nom de ce refuge montréalais oeuvrant auprès des sans-abri.

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Appelé à témoigner hier au procès en diffamation intenté par M. Anthian contre le maire Marc Demers, l’ancien président du Mouvement lavallois Anthony Giosi et leur formation politique, l’ex-directeur des relations publiques du cabinet du maire, François Brochu, a déclaré sous serment avoir pris connaissance de cette mise en demeure pour la première fois le 18 janvier à la lecture du texte mis en ligne ce jour-là par le Courrier Laval.

Or, il se trouve que l’information avait été communiquée au journal par le cabinet du maire 12 jours plus tôt, soit le 6 janvier. Par voie de courriel, sans aucune mention de confidentialité, on y indiquait qu’un citoyen les avait avisés «que l’Accueil Bonneau avait chargé leurs avocats de mettre en demeure Pierre Anthian pour qu’il cesse d’utiliser le nom « Accueil Bonneau »». Le bureau du maire avait même pris soin de confirmer la nouvelle auprès du directeur général de l’organisme, Aubin Boudreau, précisait-on.

Enquête policière

Joint par téléphone vers le 11 janvier 2016, M. Anthian disait ignorer l’existence de la mise en demeure datée du 25 novembre 2015 que l’Accueil Bonneau lui avait adressée au 1, Place du Souvenir.

Dans sa requête introductive d’instance remodifiée, le demandeur déclare que le document juridique a été déposé dans son pigeonnier à l’hôtel de ville «pour ensuite disparaître sans qu’il ait pu la recevoir».

Tout ce qu’a pu révéler l’enquête policière menée à la demande de M. Anthian est «qu’un employé du service de messagerie de la Ville […] a récupéré au bureau de poste, le 26 novembre, la lettre recommandée.»

À l’ouverture du procès le lundi 11 juin, Pierre Anthian a affirmé être victime d’une «vendetta politique», lui qui a quitté avec fracas le parti du maire Demers le 30 septembre 2014 pour siéger à titre d’élu indépendant.

Communiqué

Selon le témoignage de M. Brochu entendu le 12 juin au palais de justice de Laval, il aurait appelé le DG de l’Accueil Bonneau le 18 janvier 2016 pour vérifier la véracité des faits rapportés par le Courrier Laval.

C’est à la suite de cet entretien qu’il dit avoir rédigé le communiqué de presse que le parti du maire publiait le soir même, peu après 21h.

Coiffé du titre «Le parti Mouvement lavallois se dissocie des manigances de son ex-candidat Pierre Anthian», ce communiqué au cœur du présent procès avait été approuvé par MM. Demers et Giosi, cités à quelques reprises et directement visés par une poursuite de 29 000 $ pour dommages moraux découlant de l’atteinte à la réputation.

On pouvait, entre autres, y lire que «Pierre Anthian a accumulé des sommes considérables au détriment d’un organisme charitable» tout en dénonçant «une cynique exploitation de la détresse humaine».

Rappelons que M. Anthian avait fondé en 1996 la populaire chorale de l’Accueil Bonneau qu’il a dirigé jusqu’à sa dissolution en 2002. Six ans plus tard, il avait relancé des membres de la première heure pour faire revivre ce chœur formé de sans-abri, rebaptisé du nom de la chorale «Sous les étoiles».

Autres témoignages

Défilant à la barre des témoins le 12 juin, Jocelyne Frédéric-Gauthier, conseillère municipale, Normand Cusson, un militant du parti, et Anthony Giosi ont affirmé tour à tour qu’ils n’avaient jamais entendu prononcer le nom de cette chorale lorsqu’elle se produisait dans le cadre d’activités organisées par le Mouvement lavallois durant la campagne électorale de 2013. Tous trois étaient  convaincus qu’il s’agissait de la chorale de l’Accueil Bonneau tout comme la conseillère Sandra Desmeules, venue témoigner en fin de matinée.

Contre-interrogé à propos des «accusations importantes» portées à l’endroit de M. Anthian,  l’ex-président du parti, Anthony Giosi, a expliqué que M. Brochu avait été mandaté pour faire les vérifications et qu’il avait toute sa confiance.

Le procès devant la Chambre civile de la Cour du Québec reprend ce matin (13 juin) avec le témoignage de Marc Demers.

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Journaliste à l'économie et la politique municipale , Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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