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Les Lavallois Mehdi Bousaidan et Khate Lessard, porte-parole pour Découvrons-Nous, ont choisi de s'investir, afin de promouvoir la diversité culturelle dans le domaine du cinéma, de la télévision et du jeux vidéo. (Photo Gracieuseté)

Culture

Parler pour plus de diversité culturelle à l’écran

Une nouvelle campagne de sensibilisation, appelée Découvrons-Nous, voit le jour dans le but de promouvoir la diversité culturelle sur nos écrans.

Parmi les acteurs impliqués au sein du projet, les Lavallois Mehdi Bousaidan et Khate Lessard, tous les deux porte-parole pour la campagne, ont choisi de faire leur part afin de promouvoir la diversité culturelle dans le domaine du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo.

Les distributions seraient trop peu diversifiées dans ces sphères croit l’entreprise canadienne Nous/Made qui est à l’origine de cette démarche.

Équilibrer les distributions

La campagne Découvrons-Nous souhaite donc encourager la diversité des distributions au sein de divers projets pour refléter la réalité du Québec et Canada actuels.

Selon Khate Lessard, ancienne participante de l’émission Occupation Double: Afrique du Sud, il est grand temps que les distributions s’adaptent à la réalité d’aujourd’hui, soit que les acteurs que l’on retrouve sur nos écrans proviennent de différents milieux.

«On voit une petite augmentation au fil des années, mais il n’y a pas assez de diversité, affirme-t-elle. On s’entend qu’à la télé, on est censé refléter la population d’aujourd’hui, mais ce n’est pas encore le cas. Je pense par exemple aux nominations du Gala Artis, où il n’y avait pratiquement que des personnes blanches, c’est là qu’on voit qu’il y a du chemin à faire.»

Mehdi Bousaidan souligne aussi que les choses prennent du temps à avancer. Il salue tout de même le travail des acteurs principaux qui font des efforts sincères depuis ces dernières années.

«C’est déjà beau de voir qu’il y a un effort de la part des diffuseurs, boîtes de production, chaînes de télé, pour voir plus de diversité à la télé, mais on avance à très petits pas», observe le comédien et humoriste ayant habité les quartiers de Duvernay et Sainte-Dorothée pendant plus de 10 ans,

Sortir de la boite

Découvrons-Nous vise également à dénoncer les préjugés auxquels doivent faire face les comédiens d’origine étrangère, ainsi que ceux ne cadrant pas dans les normes de la société.

Pour Mehdi Bousaidan, il était important de dénoncer les problèmes bien ancrés dans le domaine, notamment dans le milieu du casting, où l’on assignait toujours des rôles stéréotypés aux comédiens venus d’ailleurs.

«Quand j’ai commencé à jouer, j’ai l’impression qu’on m’attribuait souvent des rôles de voleur, dealer de drogue, proxénète, terroriste, raconte-t-il. À un certain moment, j’ai arrêté d’accepter ces rôles-là parce que ça n’aidait pas la cause (de la diversité à l’écran). Après avoir arrêté de les prendre, ç’a bien été, parce que certaines émissions ont dû changer leur casting ; ils ont vu que les gens auxquels ils attribuaient certains rôles, ne voulaient plus les faire.»

Le Maghrébin d’origine est par ailleurs très heureux du vent de changement qui s’est ensuite amorcé, notamment dans les domaines de la télé et du cinéma, lui qui prône une diversité plus équitable.

«J’ai remarqué avec le temps que les choses s’améliorent. En tant que comédien, il n’y a pas de rôle que je n’aimerais pas jouer, mais ça fait du bien de jouer autre chose que ces rôles-là. […] Les séries sont de moins en moins clichées, […] par exemple dans

MED, je joue le rôle d’un adolescent comme un autre, […] Moi aussi, j’aimerais ça jouer un détective, un astronaute, pas juste un gars qui est dans la rue.»

Autre discrimination

Il n’y a pas que les personnes racisées qui sont victimes de préjugés. Khate Lessard en est un bon exemple, elle qui a subi une intervention chirurgicale afin de devenir une femme en novembre 2019.

Lors de son passage à la télévision, la résidente de Laval-des-Rapides affirme qu’elle ressentait une énorme pression, elle qui a mis beaucoup de temps à dire aux autres candidats qu’elle était une femme transgenre par peur d’être jugée.

«C’est drôle de vivre en tant que femme transgenre dans ma vie quotidienne et d’arriver dans un show comme celui-là où on dirait qu’il faut que je m’explique, parce que les gens ne savent pas trop c’est quoi exactement, relate-t-elle. Ils ne savent pas comment ça se passe et ils ne connaissent pas le background

Khate Lessard se sentait donc rejointe par la campagne et sa cause, elle qui souhaite voir plus de personnes ayant vécu un parcours similaire au sien à l’écran.

«Si on mettait ce genre de contenu-là à la télévision, ça deviendrait simplement une normalité […] Pour moi, c’est ma normalité. J’ai du mal à voir comment les gens de l’extérieur me voit. Au moins, on voit de plus en plus [de gens diversifiés à la télé], je pense à L’amour est dans le pré, où on a un couple gai, qui est là. Il y a aussi Canada’s Drag Race, avec les drags queens, qui ont longtemps été un sujet tabou, mais je pense qu’on doit mettre ça de l’avant et que les gens soient intéressés à regarder ça.»

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