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Noël au Salon du livre

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Culture

Noël au Salon du livre

FAMILLE. La journée s’achevait, en cette fin de novembre, dans le Salon du livre de Montréal où je vendais mes bouquins au kiosque de ma maison d’édition. Je regardais ma montre toutes les cinq minutes dans l’espoir de voir se terminer ces longues heures, agréables mais harassantes, devant ce public auprès duquel je me tenais depuis le matin.

Commentaires

À un moment donné, une femme dans la quarantaine, jolie mais plutôt chichement vêtue, survint devant ma table et examina attentivement chacun de mes romans avant de mettre, au bout du compte, la main sur mon recueil de contes de NoëI.

Une femme

À peine avais-je commencé à lui expliquer que le volume tête-bêche contenait 25 courts récits, 12 pour les adultes au coeur d’enfant d’un côté et, de l’autre, 13 pour les petits au coeur d’ange, dont le dernier avait été rédigé par ma petite-fille de 9 ans, qu’un homme s’approcha tout près d’elle pour m’écouter avec tout autant de curiosité.

La dame paraissait s’intéresser aux histoires d’enfants tandis que lui semblait attiré par les images, côté adulte.

«Vous savez, leur dis-je, ce livre peut vous servir pendant des années. Vous vous n’avez qu’à le sortir de votre boîte de décorations de Noël en décembre et à le laisser traîner dans votre salon. Toute la famille trouvera du plaisir à le lire!»

La femme ne cessait de retourner le recueil d’un bord et de l’autre pour finalement le remettre sur la table en haussant les épaules avec un air désolé.

«Il me tente beaucoup, madame, mais malheureusement, je ne peux pas me I’offrir. Mon budget, vous comprenez… La vie coûte si cher et j’ai encore plusieurs enfants à la maison. J’essayerai de le trouver à la bibliothèque, mais Dieu sait qu’à ce temps-ci de l’année, tout le monde le réclamera. Et il ne pourra pas me servir chaque année lorsque je serai grand-mère, comme vous l’avez mentionné, mais… une autre fois, peut-être.»

Un homme

En entendant cela, I’homme commença à réexaminer l’ouvrage plus minutieusement. Puis, sans dire un mot, il sortit son porte-monnaie de sa poche et en retira spontanément des billets pour les remettre à la femme, en lui indiquant la caisse d’un geste de la main, après avoir jeté un coup d’oeil à sa montre.

«Il faut aller le payer au plus vite, car je crains que le Salon ne ferme ses portes

d’ici quelques minutes.»

La dame hésita quelques secondes et, après avoir accepté d’un signe affirmatif et un large sourire, elle se dirigea d’un pas alerte vers le centre du kiosque en tenant ostensiblement l’argent à bout de bras.

Il la regarda s’éloigner d’un oeil satisfait et me salua finalement d’un geste de la main.

Je ne pus m’empêcher de lui lancer un regard bienveillant en lui déclarant qu’il était un bon mari, gentil et compréhensif, et que de gâter ainsi sa conjointe et leurs enfants, même pour une folie ou une extravagance, représentait à mes yeux un geste formidable.

À mon grand étonnement, l’individu me répondit la dernière chose à laquelle j’aurais pu m’attendre.

«Désolé de vous décevoir, madame. Non seulement je ne suis pas l’époux de cette femme ni le père de ses marmots, mais je ne la connais absolument pas. De toute évidence, le manque d’argent l’empêchait de se procurer ce livre, mais elle semblait en avoir tellement envie que je n’ai pas résisté à le lui offrir. Pourquoi ne pas choyer quelqu’un et le rendre heureux, quand on le peut? Après tout, ce sera Noël bientôt, et n’avez-vous pas dit que cette collection de contes pourrait servir à toute sa famille pendant de nombreuses années?»

«Monsieur, vous m’impressionnez!»

«Bon, je me sauve avant qu’elle ne revienne vous demander une dédicace. Joyeux NoëI, madame!»

«Joyeux Noël à vous aussi, mon cher monsieur, et grand merci en son nom…»

Anges au rendez-vous

L’homme disparut rapidement dans la foule et je ne le revis plus, alors que la dame rappliqua effectivement pour obtenir ma signature sans commenter sa belle aventure. Bien sûr, je me gardai bien de lui révéler connaître la vérité, et me contentai de lui offrir mes meilleurs voeux.

Quelle expérience extraordinaire je venais de vivre! Quelques minutes plus tard, quand le signal sonore annonça la fin du Salon du livre, j’eus l’impression qu’il s’agissait du joyeux carillon de Noël qui résonnait dans mes oreilles. Des anges n’étaient-ils pas venus me saluer. ce jour-là?

En effet, c’était le même après-midi qu’un ex-détenu à qui j’avais jadis donné des cours de piano en prison était venu me montrer à quel point il s’en était bien sorti. Il s’était timidement approché de ma table, accompagné de sa femme et de ses deux adolescents.

Il me les présenta en disant: «Regarde, Micheline, je viens te montrer ce que je suis devenu…» Nous nous étions longuement serré la main, remplis d’émotion.

Un autre ange…

Il est à noter que ces deux faits sont réels et que je les ai vraiment vécus. Chaque année, dès que je m’installe au Salon du livre de Montréal, à la fin novembre, je ne peux empêcher ces deux souvenirs de remonter à la surface. Ces évocations me réjouissent

Encore et j’ai eu envie de les partager avec vous!

Joyeuses Fêtes!

À un moment donné, une femme dans la quarantaine, jolie mais plutôt chichement vêtue, survint devant ma table et examina attentivement chacun de mes romans avant de mettre, au bout du compte, la main sur mon recueil de contes de NoëI.

Une femme

À peine avais-je commencé à lui expliquer que le volume tête-bêche contenait 25 courts récits, 12 pour les adultes au coeur d’enfant d’un côté et, de l’autre, 13 pour les petits au coeur d’ange, dont le dernier avait été rédigé par ma petite-fille de 9 ans, qu’un homme s’approcha tout près d’elle pour m’écouter avec tout autant de curiosité.

La dame paraissait s’intéresser aux histoires d’enfants tandis que lui semblait attiré par les images, côté adulte.

«Vous savez, leur dis-je, ce livre peut vous servir pendant des années. Vous vous n’avez qu’à le sortir de votre boîte de décorations de Noël en décembre et à le laisser traîner dans votre salon. Toute la famille trouvera du plaisir à le lire!»

La femme ne cessait de retourner le recueil d’un bord et de l’autre pour finalement le remettre sur la table en haussant les épaules avec un air désolé.

«Il me tente beaucoup, madame, mais malheureusement, je ne peux pas me I’offrir. Mon budget, vous comprenez… La vie coûte si cher et j’ai encore plusieurs enfants à la maison. J’essayerai de le trouver à la bibliothèque, mais Dieu sait qu’à ce temps-ci de l’année, tout le monde le réclamera. Et il ne pourra pas me servir chaque année lorsque je serai grand-mère, comme vous l’avez mentionné, mais… une autre fois, peut-être.»

Un homme

En entendant cela, I’homme commença à réexaminer l’ouvrage plus minutieusement. Puis, sans dire un mot, il sortit son porte-monnaie de sa poche et en retira spontanément des billets pour les remettre à la femme, en lui indiquant la caisse d’un geste de la main, après avoir jeté un coup d’oeil à sa montre.

«Il faut aller le payer au plus vite, car je crains que le Salon ne ferme ses portes

d’ici quelques minutes.»

La dame hésita quelques secondes et, après avoir accepté d’un signe affirmatif et un large sourire, elle se dirigea d’un pas alerte vers le centre du kiosque en tenant ostensiblement l’argent à bout de bras.

Il la regarda s’éloigner d’un oeil satisfait et me salua finalement d’un geste de la main.

Je ne pus m’empêcher de lui lancer un regard bienveillant en lui déclarant qu’il était un bon mari, gentil et compréhensif, et que de gâter ainsi sa conjointe et leurs enfants, même pour une folie ou une extravagance, représentait à mes yeux un geste formidable.

À mon grand étonnement, l’individu me répondit la dernière chose à laquelle j’aurais pu m’attendre.

«Désolé de vous décevoir, madame. Non seulement je ne suis pas l’époux de cette femme ni le père de ses marmots, mais je ne la connais absolument pas. De toute évidence, le manque d’argent l’empêchait de se procurer ce livre, mais elle semblait en avoir tellement envie que je n’ai pas résisté à le lui offrir. Pourquoi ne pas choyer quelqu’un et le rendre heureux, quand on le peut? Après tout, ce sera Noël bientôt, et n’avez-vous pas dit que cette collection de contes pourrait servir à toute sa famille pendant de nombreuses années?»

«Monsieur, vous m’impressionnez!»

«Bon, je me sauve avant qu’elle ne revienne vous demander une dédicace. Joyeux NoëI, madame!»

«Joyeux Noël à vous aussi, mon cher monsieur, et grand merci en son nom…»

Anges au rendez-vous

L’homme disparut rapidement dans la foule et je ne le revis plus, alors que la dame rappliqua effectivement pour obtenir ma signature sans commenter sa belle aventure. Bien sûr, je me gardai bien de lui révéler connaître la vérité, et me contentai de lui offrir mes meilleurs voeux.

Quelle expérience extraordinaire je venais de vivre! Quelques minutes plus tard, quand le signal sonore annonça la fin du Salon du livre, j’eus l’impression qu’il s’agissait du joyeux carillon de Noël qui résonnait dans mes oreilles. Des anges n’étaient-ils pas venus me saluer. ce jour-là?

En effet, c’était le même après-midi qu’un ex-détenu à qui j’avais jadis donné des cours de piano en prison était venu me montrer à quel point il s’en était bien sorti. Il s’était timidement approché de ma table, accompagné de sa femme et de ses deux adolescents.

Il me les présenta en disant: «Regarde, Micheline, je viens te montrer ce que je suis devenu…» Nous nous étions longuement serré la main, remplis d’émotion.

Un autre ange…

Il est à noter que ces deux faits sont réels et que je les ai vraiment vécus. Chaque année, dès que je m’installe au Salon du livre de Montréal, à la fin novembre, je ne peux empêcher ces deux souvenirs de remonter à la surface. Ces évocations me réjouissent

Encore et j’ai eu envie de les partager avec vous!

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