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(Photo gracieuseté)

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L’exposition des huîtres aux plastiques suscite des inquiétudes

L’exposition des huîtres aux plastiques suscite des inquiétudes, puisque ces matériaux pourraient notamment s’accumuler et relâcher des métaux qui sont ensuite absorbés par les mollusques.

Par exemple, la présence combinée de nanoplastiques et d’arsenic affecterait les fonctions biologiques des huîtres selon une recherche récente publiée dans la revue Chemosphere et menée par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Québec, ainsi que le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de l’Université de Bordeaux, en France.

Cette équipe de recherche internationale a choisi d’étudier l’arsenic, car il s’agit de l’un des métaux les plus abondants absorbés par les débris plastiques prélevés sur les plages de la Guadeloupe.

«Les huîtres accumulent facilement les métaux de l’environnement dans leurs tissus, rapporte Marc Lebordais, étudiant à la maîtrise responsable de la recherche, par voie de communiqué. Nous voulions donc tester si l’exposition combinée de nanoplastiques et d’arsenic augmenterait la bioaccumulation de ce contaminant.»

Les scientifiques ont ainsi démontré que la bioaccumulation de l’arsenic n’augmentait pas avec la présence des nanoplastiques, mais demeurait toutefois plus élevée dans les branchies de l’huître canadienne Crassostrea virginica que chez l’huître Isognomon alatus, retrouvée en Guadeloupe.

Ces résultats sont les premiers à mettre en lumière la sensibilité différente des espèces.

Dérégulation des gènes

Outre la bioaccumulation, l’équipe a également observé une surexpression de gènes responsables de la mort des cellules et du nombre de mitochondries – centrales énergétiques de la cellule – chez l’espèce C. virginica.

Chez I. alatus, l’expression de ces gènes d’intérêt était moins prononcée.

«Évaluer l’expression de gènes impliqués dans des fonctions importantes, comme la mort cellulaire ou la détoxication, nous renseigne sur la toxicité des nanoplastiques et de l’arsenic à une échelle cellulaire», poursuit le jeune chercheur codirigé par les professeures Valérie Langlois de l’INRS et Magalie Baudrimont de l’Université de Bordeaux.

Après avoir caractérisé la présence de nanoplastiques et d’arsenic chez les huîtres, la prochaine étape serait d’étudier le transfert de ces contaminants dans la chaîne alimentaire.

«Des outils d’analyse sont à ce jour en plein essor pour réussir à quantifier la présence de nanoplastiques dans les tissus biologiques, conclut M. Lebordais. Connaître la quantité de nanoplastiques des huîtres d’élevage est donc actuellement un enjeu technique.» (N.P.)

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