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L’exposition «Banlieue» devient triennale

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L’exposition «Banlieue» devient triennale

Après l’immense succès de l’événement Banlieue! Ordre et désordre présenté à l’été 2015 pour marquer les 50 ans de Laval, la salle Alfred-Pellan a décidé d’en faire une triennale, en accord avec la Ville, qui accueille 17 artistes canadiens de tous les horizons d’ici le dimanche 4 novembre.

Intitulée Banlieue! Là où se prépare le futur, «cette exposition est la véritable première de notre triennale, car celle de 2015 s’inscrivait plutôt dans un esprit festif sans lendemain, déclare Jasmine Colizza, muséologue responsable de la salle Alfred-Pellan depuis avril 2009. Cette fois, on s’interroge sur la mobilité, la migration, le déplacement.»

Laval-Toronto

Parmi les œuvres emblématiques de cette édition à découvrir absolument, le visiteur retrouvera en fond de salle D’abord cordial! et My Dreams Started Dancing, la première signée par La Famille Plouffe, de Longueuil, la seconde par Rajni Perera, de Toronto.

«Avec sa conjointe et ses enfants, Guillaume Boudrias-Plouffe s’est inspiré de ses ancêtres lavallois qui habitaient L’Abord-à-Plouffe, raconte Jasmine Colizza. Il a parlé avec des cageux avec les gens. Il utilise les symboles de ce secteur de Chomedey et en multiplie les références dans cette installation.»

La Famille Plouffe met en scène un pin rouge sur lequel est peint un mince filet bleu rappelant la rivière des Prairies, près d’un chapeau d’échevin, ainsi qu’un tripedium, souvenir d’une sculpture qui s’élevait jadis dans ce coin de Laval.

«On quitte d’autres villes, d’autres pays, pour venir à Laval.»

 – Jasmine Colizza, muséologue responsable de la salle Alfred-Pellan

Pour sa part, passionnée de science-fiction et habitée par ses racines sri lankaises, Rajni Perera a peint une imposante fresque colorée.

«Avec ses femmes qui dansent dans un style futuriste, l’artiste lance un appel à la diversité, celle des voyageurs qui passent par la banlieue et qui parfois s’y installent», continue Mme Colizza qui est commissaire de l’événement en compagnie de Julie Alary Lavallée et Nicole Thibault.

Québec-Boucherville

Dès leur entrée dans la salle, les visiteurs ne manqueront pas d’être intrigués par l’installation sonore de Béchard Hudon qui a enregistré la circulation routière sur des ponts, jouant avec ces résonances dans La singularité du banal. On peut entrer à l’intérieur de l’œuvre pour en ressentir les vibrations.

Tout près, Julie Lequin illustre de façon ludique son désenchantement après être déménagée sur la rive sud de Montréal, pensant y trouver une riche vie communautaire.

«Elle a cartographié sa rue et inventé des noms à ces gens qui se croisent tous les jours sans se connaître ni s’adresser la parole, précise Jasmine Colizza. Elle raconte son envie première de communiquer avec un voisinage et la réalité qui a été tout autre. C’est l’histoire d’un appel profond d’entrer en relation avec l’autre qui a échoué.»

Sur des socles, Julie Lequin a disposé des objets emblématiques, que ce soit la radio ou la scie mécanique qu’on entend à forts décibels au petit matin, non loin d’un épis de maïs plus festif.

Deux des commissaires de l’événement devant une œuvre de Marc-Antoine K. Phaneuf exposée dans le foyer de la Maison des arts de Laval: Jasmine Colizza et Nicole Thibault. (Photo 2M.Media – Martin Deland)

Wesdale-Laval

Gagnant de plusieurs prix internationaux en art audiovisuel,  l’artiste originaire d’Edmonton, Robert Hamilton, qui vit désormais à Wesdale, en Ontario, a créé la vidéo Unconscious Agent pour l’occasion, une sorte d’hommage à cet instant solitaire du banlieusard dans sa voiture.

«On passe du lieu du banal à la réflexion extraordinaire, alors que Robert Hamilton va se chercher un café au Tim Hortons du coin, souligne Mme Colizza. Au volant, il amorce une réflexion philosophique sur la réalité en se promenant dans on quartier, nous faisant réaliser que le véhicule peut devenir un lieu de liberté pour l’esprit.»

Notons finalement les images de Circulaires – appartenances et déplacements, orchestrées Natacha Clitandre d’après les récits d’Enfabulation recueillis par l’auteure dramatique Juliana Léveillé-Trudel.

«C’est un projet très ouvert sur le dialogue, de dire Nicole Thibault. On a invité des Lavallois d’adoption à témoigner de leur expérience afin de guider les artistes dans  leur démarche respective. Les participants ont pris part à cinq ateliers d’écriture.»

Parmi les autres artistes présents cette année, notons Henri Tsang, Sonny Assu, Emmanuelle Léonard, Eveline Boulva, Parisa Foroutan, Catherine Bolduc, Mahmoud Obaidi, Jean-Philippe Luckhurst-Cartier, Marc-Antoine K. Phaneuf et le collectif Marion Lessard.

L’exposition «Banlieue! Là où se prépare le futur» est présentée jusqu’au dimanche 4 novembre à la salle Alfred-Pellan, située à la Maison des arts de Laval (1395, boulevard de la Concorde Ouest). Information: 450 662-4440.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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