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«Le taux de présence exigé dans les CPE est une aberration.»

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«Le taux de présence exigé dans les CPE est une aberration.»

ÉDUCATION. Le directeur général du Regroupement des centres de la petite enfance (CPE) de Laval-Laurentides, Mario Boucher, s’élève contre une directive du ministère de la Famille qui oblige tout enfant inscrit à plein temps dans un CPE à être présent au moins 80 % du temps.

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«En incluant les vacances, les gastro-entérites et les rhumes, les enfants en CPE pourront rester à la maison 42 jours par an au maximum, incluant les 13 jours fériés durant lesquelles les CPE sont fermés», mentionne M. Boucher.

«Les parents ne pourront plus prendre de vacances avec leurs enfants. Ce taux de présence exigé est une aberration, un non-sens. Et je ne suis pas le seul à penser ainsi», fulmine-t-il.

Sanctions

Cette directive, qui est entrée en vigueur le 1er avril, prévoit que les CPE qui n’atteindront pas les taux de présence exigés s’exposeront à des sanctions financières. Les CPE pourraient expulser un enfant qui s’absenterait trop souvent.

«Actuellement, la moyenne du taux de présence des CPE se situe autour de 78 %. Pour plusieurs CPE, ça risque d’être plus compliqué de faire respecter ce taux de présence obligatoire de 80 %», explique M. Boucher.

«Ça deviendra un casse-tête, un tiraillement famille-éducatrice. C’est très complexe à gérer. Le parent ne doit pas se sentir obligé d’envoyer son enfant à la garderie», poursuit-il.

Casse-tête

Claude Therrien, directrice générale du Centre de la petite enfance le Hêtre Inc., trouve elle aussi déplorable ces nouvelles règles.

«C’est inquiétant. Les enfants ont de moins en moins de vacances. Et là, ils auront de moins en moins de congés. C’est un non-sens», admet-elle. «Ce sera difficile de gérer tout cela. Ce sera un véritable casse-tête», ajoute-t-elle.

Mme Therrien soutient que le gouvernement Couillard est méprisant envers les femmes et les enfants. «Les CPE ce sont plus que des chiffres et que de garder des enfants, nous sommes là pour les éduquer.»

M. Boucher est d’avis qu’il y a un manque flagrant de communication entre les sous-ministres adjoints et le réseau des CPE. «Et s’ils écoutaient leurs employés au niveau régional? Il n’y a pas de véritables échanges avec les gens du réseau et le gouvernement», ajoute-t-il.

Toujours selon M. Boucher, l’idée de la création des CPE était de permettre aux parents de retourner sur le marché du travail et d’assurer le développement de l’enfant. «Par ces nouvelles règles, est-ce que ce sera toujours possible? On est loin de ce que l’on pourrait attendre en matière de conciliation travail-famille de la part du gouvernement.»

De nombreuses questions

Les gens des CPE ont de nombreuses interrogations sur cette nouvelle mesure. «Que fera-t-on avec des parents en congé de paternité ou maternité? Que fera-t-on avec un des parents qui travaille les fins de semaine? Ils devront emmener quand même l’enfant au CPE durant leurs congés en semaine, pour ne pas épuiser la banque de congés. Que fera-t-on avec les enfants malades ou qui doivent subir des opérations? Quant aux grands-parents, qui seront bientôt à la retraite ou qui le sont déjà, il leur sera difficile de passer du temps avec leurs petits-enfants, encore une fois pour ne pas épuiser les congés.»

Mario Boucher croit que de garder son enfant à la maison est un droit fondamental. Pour sa part, Mme Therrien dénonce le fait que le gouvernement ne s’adapte pas aux besoins des enfants et des parents.

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