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Éducation

Le Collège Montmorency s’arme contre la violence sexuelle

Les résultats du Projet intercollégial d’étude sur le consentement, l’égalité et la sexualité (PIECES), dévoilée le 22 octobre, ont fourni au Centre de prévention et d’intervention du Collège Montmorency des données probantes, afin d’orienter ses actions des prochains mois, voire prochaines années.

L’enquête PIECES est le fruit d’un partenariat entre l’organisme Boscoville, la Chaire de recherche sur les violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et cinq cégeps de la province, dont le Collège Montmorency.

Sur les 6006 personnes ayant répondu au questionnaire de l’enquête, plus du tier des répondants, étudiant ou travaillant au sein des établissements collégiaux, ont rapporté au moins une forme de victimisation sexuelle commise par une autre personne affiliée au cégep depuis son arrivée dans l’institution.

Avec son Centre de prévention et d’intervention, qui a été mis sur pied il y a près de deux ans en réponse à la loi 22.1, qui visait à prévenir et combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur, le cégep lavallois souhaite «signaler à la population étudiante et communauté montmorencienne que c’est tolérance zéro sur des actes répréhensibles comme ça», déclare Émy Daniel, directrice des affaires étudiantes par intérim.

Encore un tabou

Menée à l’automne 2019, l’enquête dévoile que plus de 9 personnes victimes sur 10 n’ont jamais signalé ou dénoncé les événements à une instance ou ressource du cégep. Parmi celles-ci, 54% ont décidé de n’en parler à personne.

«C’est vraiment révélateur du silence qui demeure encore autour de ces gestes-là», partage Andrea Szabo, professeure en psychologie au collège Montmorency et cochercheuse au PIECES.

Pour lutter contre cette statistique, «il faut démontrer aux gens que s’ils décident de venir au Centre, on va à leur vitesse et dans la direction qu’ils choisissent, indique Frédérick Lapointe, agent de service social et sexologue au Centre. Jamais on ne va forcer quelqu’un à porter plainte. On veut plutôt soutenir et présenter les différentes options.»

Point de départ

«L’étude a été menée au début de la mise en œuvre de la politique [prévue par la loi 22.1] et mise en place des centres, donc ça ne reflète pas la réalité d’aujourd’hui, explique Andrea Szabo. Il faut considérer ces données comme le point zéro.»

Le Collège souhaite éventuellement reconduire ce genre d’enquête, afin de voir si les mesures mises en place ont bien fonctionné.

Le rapport institutionnel de PIECES est attendu avec impatience par les experts du cégep lavallois. «Ça va nous permettre de nous asseoir et prioriser nos actions en fonction des besoins spécifiques de la communauté montmorencienne», assure Frédérick Lapointe.

Pour l’instant, les professionnels du Centre misent sur la formation de tous les étudiants et membres du personnel, afin de prévenir le harcèlement et les violences à caractère sexuel.

Ils leur donnent également les outils nécessaires pour qu’ils deviennent des témoins actifs de cette réalité.

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