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Le centre de tri ne tiendra pas le coup plus de six mois

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Le centre de tri ne tiendra pas le coup plus de six mois

La question se pose, dans les bureaux du Service de l’environnement de Laval, confie André Giroux, conseiller professionnel, déchets solides, pour la municipalité. «On ne peut pas dire aux citoyens: « Ça ne marche plus ».» Alors qu’aucune annonce officielle d’aide n’émane du gouvernement québécois, on croise les doigts pour que le centre de tri montréalais de Rebuts Solides Canadiens (RSC), où sont acheminées les matières recyclables des ménages de Laval, passe à travers la crise. La hantise: que les dirigeants du centre aient à prendre la décision crève-cœur d’envoyer des matières recyclables au dépotoir.

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Vers le dépotoir?

Pour l’instant, on n’en est pas là, mais le mot «enfouissement» se pointe lors des réunions, admet Gilbert Durocher, vice-président, opération, chez Groupe Tiru, la multinationale qui a racheté RSC en 1995.

Pour les dirigeants de l’entreprise, la réalité est ponctuée d’analyses coûts-bénéfices peu réjouissantes. Tout cela quelques mois seulement après une modernisation du centre, et alors que les Montréalais s’apprêtent à y expédier leurs matières, en janvier.

Le centre de tri, voisin de l’ancienne carrière Miron, doit composer avec des contrats signés à rabais avec les deux villes. Selon l’entente lavalloise, encore valide pour 10 ans, RSC trie le contenu des bacs de recyclage gratuitement. Son seul revenu tient à la vente des matières. «S’ils doivent jeter des matières, c’est à leurs frais», ajoute André Giroux. Le fonctionnaire municipal fait un calcul rapide: 50 $ la tonne pour l’enfouissement, environ 10 $ pour le transport et encore 10 $ pour la redevance payée au gouvernement. «Ça fait 70 $ la tonne. Ils n’ont pas intérêt à faire ça [l’enfouissement].»

Entreposer

Mais l’analyse ne s’arrête pas là. Les stocks s’accumulent jusqu’au plafond, alors que leur valeur descend vers les bas-fonds. Par manque de place, RCS entrepose dehors son papier jadis destiné à la Chine, qui n’en veut plus.

On attend que les marchés s’ouvrent à nouveau, pour écouler cette fibre qui se détériore rapidement, en proie aux intempéries. Les matières qui rapportent encore sont acheminées dans des entrepôts, moyennant 7 $ le pied carré stocké.

Déjà, on roule à perte, chaque semaine. Le choc a été brutal, le mois dernier. À titre d’exemple, Gilbert Durocher cite le prix du plastique de catégorie 1 (comme les bouteilles d’eau), qui trouvait preneur, en septembre, à 440 $ la tonne. Aujourd’hui, il se transige à 10 $. Le plastique de catégorie 2 (comme les bouteilles d’eau de javel), qui se vendait 800 $, il y a quelques semaines, n’obtient plus que 150 $.

Les plastiques mixtes ne valent plus rien. «Bientôt, il faudra payer pour s’en débarrasser.» Idem pour le papier de grade inférieur. Quant aux sacs de plastique, ils étaient déjà considérés comme une plaie quand les marchés se portaient bien.

Oui, le centre de RSC a les reins plus solides que les petits centres de tri, concède M. Durocher. Malgré cela, le vice-président estime pouvoir tenir le coup, dans le contexte actuel, six mois. Au plus.

Difficile de comprendre, devant ce portrait sombre, comment l’entreprise a pu accepter de signer des contrats aussi risqués avec les deux grandes villes de la région. Les choses étaient différentes, au moment de conclure l’entente, explique André Giroux. La municipalité avait même empoché des ristournes de quelques milliers de dollars, selon l’entente convenue à l’époque avec RSC. «Dans un contexte normal, on était corrects, affirme Gilbert Durocher. Mais là, c’est du jamais vu.»

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