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Le conseil municipal appuie l’Association Restauration Québec dans ses revendications visant à encadrer et plafonner les frais de service de livraison exigés aux restaurateurs par les géants des applications numériques, tel Uber Eats. (Photo Pexels)

Frais de livraison

Laval demande à Québec de légiférer

Dans une rare unanimité, le conseil municipal a adopté le 2 février une résolution demandant à Québec de plafonner les frais de service de livraison par application chargés aux restaurateurs.

Exceptionnellement, vu l’urgence de la situation due à la grande précarité de ce secteur d’activité et des milliers d’emplois qui en dépendent, la proposition du conseiller de l’opposition officielle, Claude Larochelle, a été approuvée séance tenante par les conseillers municipaux des trois partis représentés au conseil.

«C’est un peu le désespoir pour eux», a-t-il dit en parlant des quelque 950 restaurateurs lavallois dont les salles à manger sont fermées depuis le 1er octobre dernier. «Pour plusieurs d’entre eux», les applications de livraison sont «leur seule porte de sortie», a rappelé M. Larochelle, précisant que ce service atteint 30 % de la valeur des commandes à livrer.

Le proposeur soutient que «l’industrie de la restauration est importante à Laval» et qu’«il faut mettre en place des mesures pour la protéger».

Réaction

Vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec (ARQ), François Meunier s’est évidemment dit «très heureux» de voir Laval emboîter le pas aux villes de Montréal et Québec qui ont agi de même en début d’année.

«C’est un enjeu majeur», rappelle-t-il, d’autant plus que les grandes agglomérations métropolitaines demeurent en zone rouge, là où le couvre-feu a été prolongé jusqu’au 22 février. Cela implique que la seule option possible après 19h30 demeure la livraison. «À 30 % de taux de commission, on y arrivera pas», de renchérir M. Meunier qui chiffre à 3,8 % le profit net des repas normalement servis en salle à manger au Québec.

Ces coûts de livraison sont actuellement compensés par les programmes fédéraux liés aux subventions d’urgence pour les salaires et le loyer.

Priorité

Si la question entourant les applications de livraison figurait déjà parmi les revendications de l’Association en avril 2020, elle est devenue prioritaire l’automne dernier.

«Quand le couvre-feu est arrivé, l’enjeu des commissions a remonté à la surface», mentionne François Meunier. D’autant que les géants de la livraison sont omniprésents sur les réseaux sociaux et particulièrement agressifs au chapitre des rabais et promotions.

Le pouvoir d’attraction qu’ils exercent auprès des consommateurs fait en sorte que même le restaurateur qui possède son propre service de livraison reçoit souvent bien plus de commandes via ces applications numériques, illustre le porte-parole de l’association défendant les intérêts de 5300 membres restaurateurs.

En décembre dernier, la Colombie-Britannique a adopté un décret limitant les frais de ces applications, devenant la seconde province au pays à passer à l’action après l’Ontario. Au sud de la frontière, M. Meunier compte «au moins une vingtaine de grandes villes» à avoir encadré ces services de livraison depuis le début de la pandémie.

Règle générale, le montant chargé pour la livraison y est plafonné à 15 % et les frais de transaction à 5 %.

«À 20 %, on aurait un peu plus d’air pour respirer», termine le principal intéressé, saluant au passage l’implication du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), André Lamontagne, dans le dossier.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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