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violence relation amoureuse
Les jeunes de la région sont plus nombreux qu’ailleurs au Québec à avoir infligé de la violence sans en subir. (Photo gracieuseté)

Société

La violence présente dans les relations amoureuses

Semblablement aux données québécoises et nord-américaines, le Portrait sociodémographique et de santé 2020 des jeunes lavallois de 0 à 17 ans dévoile que 4 élèves du secondaire de Laval sur 10 ont subi de la violence au sein d’une relation amoureuse (VRA).

Toutefois, la région lavalloise affiche une plus grande proportion d’élèves (21,5%) qui ont été à la fois victimes et auteurs de violence que l’ensemble du Québec (18,5%).

Cette proportion varie également selon les sexes, alors que les filles (27,3%) sont plus nombreuses que les garçons (16,4%) à subir et infliger de la violence dans leurs relations amoureuses.

Laurence-Amélie Quevillon, coordonnatrice des services en prévention de violences sexuelles au Centre de prévention et d’intervention pour les victimes d’agressions sexuelles (CPIVAS), trouve «difficile» d’arriver à une conclusion à partir de ces données.

Cependant, elle partage ces interrogations.

«Les filles auraient-elles, à ce moment, davantage développer leur aptitude d’auto-observation, c’est-à-dire leur capacité à déterminer que certains de leurs propres comportements sont violents? Ou tendraient-elles simplement à se dévoiler davantage que les garçons devant une telle question?»

Mauvaise compréhension

Selon Florence Aubin-Cloutier, intervenante co-responsable du Programme de prévention de la violence des relations amoureuses chez les jeunes (ViRAJ) chez Entraide Jeunesse Québec, «ne pas bien comprendre ce qu’est la violence, ça peut contribuer à la perpétuer».

C’est également ce que constate Laurence-Amélie Quevillon lorsqu’elle rencontre les jeunes de Laval dans le cadre de son emploi.

«La notion de violence est abstraite, alors qu’elle équivaut seulement à la violence physique, à ce qui est observable, souligne-t-elle. Quand on se met à expliquer les différentes formes et ce qui les relient, soit l’intention de prendre le pouvoir sur une autre personne, on réussit à faire un déclic dans leur tête.»

Avec son programme de prévention dans les écoles secondaires Clique sur toi!, le CPIVAS tente d’ailleurs de sensibiliser les jeunes à cette problématique.

Lors de l’année scolaire 2018-2019, six écoles lavalloises ont été visitées par l’organisation.

Ainsi, 151 ateliers du programme ont été données et plus de 2000 jeunes Lavalloises et Lavallois ont été rejoints.

Afin d’introduire les notions de relations dès le plus jeune âge, le CPIVAS développe actuellement un programme pour les écoles primaires. Le lancement est prévu pour septembre 2021.

Autres facteurs

Laurence-Amélie Quevillon insiste sur la complexité de la question de la VRA chez les jeunes, alors que plusieurs facteurs peuvent expliquer celle-ci.

Le chapitre sur la violence dans les relations amoureuses des jeunes du Rapport québécois sur la violence et la santé de l’Institut national de santé publique du Québec tend dans ce sens.

Il révèle notamment qu’être victime d’une autre forme de violence augmente considérablement les risques d’être victime de VRA.

Avoir des comportements antisociaux, des amis ou une sœur plus âgée avec des comportements à risque, un nombre élevé de partenaires sexuels, des symptômes d’anxiété et une exposition à différents médias violents sont également des facteurs de risque de victimisation avancés par ce rapport.

En ce qui a trait à la perpétration de la VRA, la détresse émotionnelle, les symptômes dépressifs, la présence de conflits dans la famille et l’exposition à la violence conjugale sont identifiés comme des facteurs de risque à celle-ci.

COVID-19

Les données sociodémographiques et de santé présentées dans le portrait étaient celles disponibles avant la pandémie de la COVID-19.

Ainsi, préoccupée par les conséquences de la pandémie sur la VRA, Mylène Fernet, professeure titulaire au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal, a communiqué récemment avec ses partenaires chez Tel-Jeunes.

«[Ils] n’ont pas eu plus de demandes d’aide en lien avec la violence dans les relations amoureuses, ni pour cybervictimisation», soutient-elle, tout en demeurant inquiète d’une recrudescence de ces formes de violence.

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