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La Ville renvoie le promoteur à la table à dessin

Mise à jour: vendredi 7 août 11h30

Dans leur forme actuelle, les projets de développement de l’île Gagnon et de Place Sainte-Rose (IGSR) ne verront jamais le jour.

Ainsi en a décidé l’administration Demers, qui vient tout juste d’en faire l’annonce ce vendredi matin.

«Sans acceptabilité sociale, le promoteur doit retourner à la table à dessin», déclare le maire Marc Demers par voie de communiqué.

Cette décision a été prise à la lumière des résultats préliminaires d’un sondage en ligne confié à une firme indépendante afin de tâter le pouls des gens de Sainte-Rose. À l’évidence, ces colossaux projets immobiliers estimés à 800 M$ au cœur même du village et du refuge faunique du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles n’ont pas passé le test.

Résultats

Entre le 17 juin et le 31 juillet, 1811 citoyens ont complété le sondage en ligne.

Parmi les répondants, 62 % se sont dits «très défavorables» au projet de transformer l’île Gagnon en un centre de villégiature international contre seulement 7 % «très favorables».

Quant au projet de Place Sainte-Rose, 44 % des Lavallois sondés y étaient «très défavorables» comparativement à 9 % «très favorables».

Voilà pour les résultats obtenus aux deux questions principales.

Le rapport final sera déposé sur le portail de la Ville dès que les analyses auront été complétées, précise-t-on.

Codesign

Conséquemment, les autorités municipales ne donneront pas suite à la demande de changement réglementaire qui visait à faire atterrir ces méga-implantations.

«La position de la Ville n’a pas changé depuis le début, souligne le maire. L’entrepreneur doit obtenir l’acceptabilité sociale nécessaire pour mettre en place son projet.»

Il renvoie du coup le promoteur à la table à dessin. «Un codesign fait avec les citoyens pourrait être une avenue intéressante», poursuit M. Demers en suggérant cette approche collaborative favorisant l’adhésion du milieu à un projet.

Zonage restrictif

Pour sa part, la conseillère Virginie Dufour explique qu’«en tant qu’élue du district Sainte-Rose», elle jugeait «important de rester neutre tant que le sondage avait cours».

Responsable des dossiers liés à l’urbanisme et l’environnement au comité exécutif, Mme Dufour ajoute qu’elle «comprend que les citoyens ont à cœur la protection de leur environnement, valeur que je partage et que je défends sur toutes les tribunes.»

À cet égard, elle dit vouloir rassurer les citoyens de son quartier, précisant que «le zonage actuel de l’île Gagnon ne permet qu’un développement limité, ce qui est sensiblement similaire à ce que permettrait une affectation de protection».

De son côté, le promoteur François Duplantie a toujours fait valoir que le zonage en vigueur lui autorise un projet de développement de 24 résidences sur rive, ce qui entraînerait le déboisement de près de la moitié (45 %) de cette île privée appartenant à Olymbec. Toujours selon ses calculs, le projet de 660 unités de condos, d’hôtel cinq étoiles et de spa qu’il désirait développer au cœur de l’île Gagnon aurait, à l’inverse, préservé le milieu naturel sur les trois-quarts (74 %) de sa superficie.

Pas de surprise

Les résultats du sondage rendus publics aujourd’hui ne surprendront personne.

Rarement avait-on vu un projet suscité autant d’opposition dans la communauté, le promoteur s’étant aliéné de nombreux organismes dont le dernier en lice, la Société nationale du Québec à Laval. Hier, son président Jean Desautels vilipendait le projet en le qualifiant de «Disneyland lavallois».

Malgré l’appui et les bons mots du Dr François Reeves, expert en matière de santé et de cardiologie environnementales qui voyait en ce projet «une cité cardioprotectrice», les organismes voués à la promotion et la protection des milieux naturels ont unanimement dénoncé le projet.

Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, Éco-Nature et Parc de la Rivière-des-Mille-Îles, Centre d’interprétation de l’eau – C.I.EAU, Comité de protection de l’environnement de Saint-François, Fondation Rivières, Laval en transition, Nature Québec, PlantAction, Sauvons nos trois grandes îles, Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec et CANOPÉE – Le réseau des bois de Laval étaient tous porteur d’un même message.

La Société d’histoire et de généalogie de l’île Jésus (SHGIJ) s’y est aussi objectée, alors que le Syndicat local de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Laval, par la voix de son président Gilles Lacroix, soulevait en milieu de semaine «les impacts multiples et insoupçonnés» que provoqueraient un tel développement urbain.

Sans oublier, bien sûr, ce mouvement citoyen qui a rallié en l’espace de quelques semaines plus de 1800 opposants sur les réseaux sociaux.

Du côté politique, rappelons que Québec solidaire avait rapidement cloué au pilori l’ensemble du projet tandis que le Parti québécois faisait connaître le 4 août son opposition au développement de l’île Gagnon

Enfin, le Parti Progrès Laval, formation créée en 2018 par Gabriel Vellone, avait également fait une sortie publique, le mois dernier, pour dénoncer les deux projets.

Commentaires

Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

4 Commentaires

4 Comments

  1. Danielle Poisson

    7 août 2020 à 11 h 54 min

    Bien heureuse de ce développement mais la partie n’est pas gagnée. Il faut abandonner tout projet de construction immobilière sur l l’ile Gagnon.. il faut continuer à défendre cet environnement et protéger la flore et la faune de ce milieu humide. C’est trop précieux

  2. Gilles Lalonde

    7 août 2020 à 14 h 59 min

    Je pense qu’il faut aussi penser à un développement beaucoup plus modeste au carrefour des boulevards Labelle et Ste-Rose. Un développement qui tienne compte des capacités des infrastructures et ressources disponibles, de la qualité de vie des résidents du secteur, du caractère patrimonial du Vieux Ste-Rose, de l’accès aux rives de la rivière des Mille-Iles dans le respect des écosystèmes et de l’environnement. J’estime que les projets IGSR tels que présentés par Olymbec et son représentant sont ceux d’un monde révolu, le monde d’avant la crise climatique et la pandémie en cours, un monde de croissance et de profits à n’importe quel prix, au détriment du nécessaire et fragile équilibre à préserver pour la vie et pour l’avenir. Ainsi, l’échec cuisant des projets IGSR, devant la mobilisation citoyenne qu’ils auront suscité, est pour l’instant une EXCELLENTE nouvelle!

  3. PIERRE LUSSIER

    7 août 2020 à 20 h 22 min

    Je salue le travail de Stéphane St-Amour qui démontre ici l’importance des journaux locaux pour informer les citoyens et les aider dans leurs démarches quand c »est nécessaire.

  4. Guy Garand

    10 août 2020 à 11 h 41 min

    Le sondage effectué par la Ville de Laval concernant les projets IGSR a été rendu public. Les citoyens(nes) et les organismes (environnementaux, sociaux et poliques) ont clairement dit à la Ville de Laval qu’ils étaient défavorables et très défavorables aux projets IGSR.
    Comme les projets ne sont pas acceptables socialement, la Ville de Laval a demandé au promoteur de retourner à sa table à dessin. Mais une autre question demeure sans réponse, maintenant, qu’en est-il de l’acceptabilité environnementale ?
    « Un codesign fait avec les citoyens pourrait être une avenue intéressante », poursuit M. Demers en suggérant cette approche collaborative favorisant l’adhésion du milieu à un projet. C’est malheureux, de constater qu’à la suite du sondage, la Ville de Laval fait la sourde oreille et qu’elle n’assume pas ses responsabilités et encore pire c’est qu’elle transfère ses responsabilités sur le dos des citoyens(nes) et les organismes.
    La Ville de Laval et madame Virginie Dufour doivent écouter les citoyens(nes) et les organismes, ils doivent travailler avec et pour les citoyens(nes) et les organismes et pas seulement avec et pour les développeurs.
    Comme l’île Gagnon est incluse dans une « Zone d’aménagement écologique particulière » (ZAEP), la Ville de Laval doit donc élaborer une réglementation très contraignante qui respecte et qui représente très bien les objectifs de la ZAEP.
    De plus, cette réglementation doit être soumise à une consultation publique et à un référendum, si les citoyens(nes) en font la demande, pour valider son acceptabilité sociale et environnementale.

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