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Geneviève Guilbault, vice-première-ministre et ministre de la Sécurité publique, a pris connaissance des actions entreprises sur le territoire de Laval afin de contrer la violence armée, notamment en échangeant avec Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval, accompagnée de Christopher Skette, député de Sainte-Rose. (Photo gracieuseté)

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La ministre Guilbault visite l’Envolée et le SPL

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault s’est arrêtée sur l’île Jésus le mercredi 24 novembre question de mieux comprendre le phénomène de violence armée en sol lavallois, en compagnie du député caquiste de Sainte-Rose, Christopher Skeete.

Pour ce faire, la vice-première-ministre et députée de Louis-Hébert a visité l’Auberge du cœur l’Envolée qui héberge depuis 35 ans des jeunes sans-abri âgés de 18 à 30 ans dans la région, avant de se rendre au quartier général du Service de police de Laval (SPL) afin d’y rencontre le directeur Pierre Brochet et des membres de son état-major.

«On a un problème de violence armée dans le grand Montréal mais qui déborde de chaque côté, à Laval et Longueuil», lance d’entrée de jeu Geneviève Guilbault, avant de rappeler la création, le 24 septembre, de l’opération Centaure avec une enveloppe de 90 M$, impliquant les 55 corps policiers du Québec, dont plus particulièrement le SPL et ceux de la région métropolitaine, ainsi que des partenaires fédéraux, ontariens et américains, principalement parce que «les armes n’entrent pas par magie, elles entrent par les frontières», ainsi que leur circulation partout au pays.

«Là, on est plus sur le front de la répression et ça fonctionne très bien, affirme l’ancienne porte-parole du Bureau du coroner du Québec. Il y a plusieurs opérations et beaucoup de perquisition partout au Québec. Depuis, je dis qu’il faut travailler en parallèle sur une stratégie de la prévention plus globale qui est la clef de l’affaire.»

Avec cet objectif en tête et à la veille de la mise à jour économique du gouvernement québécois, prévu ce jeudi 25 novembre, Geneviève Guilbault a voulu rencontrer les organismes avec les travailleurs de terrain des différentes régions, «qui connaissent ces jeunes-là, partagent leur vie; qui savent très bien qui est à risque un moment donné de peut-être dégénérer, pour voir comment on peut mieux les aider.

L’Envolée

Adjoint parlementaire du ministre responsable de la lutte contre le racisme, Christopher Skeete a fait le lien entre la ministre Guilbault et les gens de l’Envolée.

« Il y avait là plusieurs personnes qui travaillent directement sur le terrain, des gens d’expérience qui sont là depuis 10, 15, 20, 25 ans», de raconter la ministre Guilbault.

Ces gens ont confié que Laval est le théâtre d’une «super belle synergie régionale» en matière d’intervention, sans concurrence entre les organismes, «on n’est pas dans la rivalité, et ça, c’est une très bonne chose»; néanmoins, les intervenants ont insisté sur l’importance d’un financement stable.

«La pénurie de main d’œuvre, ça touche tous les milieux, incluant le communautaire, alors quand tu réussis à avoir une ressource qui est formée, développe son expertise, qui est réseautée et travaille auprès des jeunes, c’est difficile, de souligner Geneviève Guilbault. Ce sont des jeunes qui ont eu des vies difficiles. Quand tu réussis à créer un lien et tu changes d’intervenant aux six mois, un an, deux ans, parce qu’il n’y a plus de financement, le jeune le vit mal et parfois, ça peut nuire. On veut donc réduire la paperasse et leur simplifier la vie, et leur dégager des sommes [récurrentes].»

Police de Laval

Lors de son passage, Geneviève Guilbault tenait aussi à rencontrer le SPL, surtout pour saluer et remercier les policiers de leur travail, non sans faire le suivi de la violence urbaine exacerbée depuis le printemps dernier.

Se côtoyant au sein de l’opération Centaure et également en lien avec l’Association des directeurs de police du Québec, dont Pierre Brochet est président, la ministre et le chef de la police de Laval ont surtout abordé les différents projets en cours au sein du SPL dont l’importante réorganisation des services et les récentes escouades Azimut et Équinoxe, sans oublier le segment d’urgence sociale.

«On m’a parlé d’initiatives à portée sociale, car à Laval, comme dans tous les grands centres urbains, il y a beaucoup d’appels qui touchent la santé mentale, de partager la vice-première-ministre. Une augmentation de 396 % [observée] à Laval. Et ça, ce ne sont pas des appels de sécurité publique, mais beaucoup plus de santé publique, et ce sont les policiers qui héritent de ça», quand la ressource adéquate pour répondre à cette détresse serait plus un travailleur social ou des ressources communautaires.

Le SPL a ainsi présenté divers partenariats établis récemment afin d’améliorer les interventions en pareilles circonstances, dont celui avec L’Îlot, centre de crise et de prévention du suicide de Laval.

Crime désorganisé

Ministre de la Sécurité publique depuis trois ans, Geneviève Guilbault assiste comme tout le monde à une recrudescence d’une violence urbaine armée dans la dernière année.

L’information en provenance des corps de police (Laval, Longueuil, Sûreté du Québec, Gendarmerie royale du Canada) orienterait ce phénomène vers gangs désormais désorganisés, en contrebalancement avec le crime organisé traditionnel qui s’est toujours fait plus discret qui «font leurs affaires entre eux et ne tirent pas à n’importe laquelle heure du jour ou de la nuit n’importe où en pleine ville», de décrire Geneviève Guilbault.

On parle donc de crime désorganisé avec des jeunes pratiquant une criminalité plus juvénile, improvisée et erratique. «Quand on parle de prévention, enchaîne la ministre. C’est sûr que ce sont jeunes provenant de milieux très, très défavorisés, où il y a de grosses lacunes, des milieux de vie délétères. C’est pour ça que je dis que c’est très important [la prévention]. »

Or l’effet de ça ne sera pas immédiat, autant que la répression avec des saisies et arrestations dans la semaine suivante, prévient Geneviève Guilbault.

« C’est plutôt d’offrir à nos jeunes des alternatives de vie qui font qu’ils ne choisiront pas la criminalité, ce qui est plus facile et payant, avec des gangs qui leur offrent un sentiment d’appartenance qu’ils ne trouvent pas ailleurs, ni chez eux, ni dans leur communauté. Donc, des jeunes qui se sentent déracinés, abandonnés. C’est très complexe, mais il faut commencer quelque part.»

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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