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Impasse sur le sort du bois du Trait-Carré

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Impasse sur le sort du bois du Trait-Carré

En temps normal, le sort du bois du Trait-Carré aurait été scellé en moins de deux, hier soir au conseil municipal.

Mais la crise politique qui bouleverse le caucus du parti au pouvoir et relègue le maire Demers au rang de minoritaire en a décidé autrement.

Si bien que les élus dissidents du Mouvement lavallois ont refusé d’entériner la recommandation du comité exécutif de céder au Groupe immobilier FTQ 55 % des 12 hectares du dernier milieu naturel du centre-ville.

Après 40 minutes d’échanges infructueux, les conseillers municipaux ont convenu de reporter les discussions à la séance du 7 août, tel que suggéré par Aram Elagoz, conseiller du district Renaud et membre du groupe de résistants.

«Considérant la complexité du dossier et l’émotion qu’on ressent ce soir, je propose qu’on reporte le point à un conseil ultérieur, le temps nécessaire pour regarder de plus près ce qui pourrait être fait […] Essayons de travailler ensemble, de nous donner un peu plus de temps», a-t-il proposé tout en rappelant la pétition de quelque 4000 noms en faveur de la sauvegarde intégrale du boisé.

Plus de 20 M$ en jeu

«Si on ne passe pas cette entente-là, on retourne devant les tribunaux avec la FTQ et ça va nous coûter encore plus cher», a pour sa part indiqué le maire Demers. Entre 20 et 27 M$ de plus, selon les scénarios avancés par la direction générale de concert avec les services municipaux liés à l’évaluation, l’environnement, aux finances et au contentieux.

Dans le pire des cas, il en coûterait au final 17,5 M$ de plus pour le bois du Trait-Carré et 9,2 M$ de plus pour le règlement d’un litige qui traîne depuis l’expropriation en 2013 du Fonds immobilier de solidarité FTQ dans la foulée de l’implantation de la Place Bell.

D’une part, ce groupe qui réclame actuellement 14 M$ en dommages à la Ville pour perte de profits accepterait un dédommagement de 4,8 M$.

D’autre part, le promoteur payerait à la Municipalité 17,5 M$ en retour de 6,6 hectares du boisé situé au quadrant sud-est des boulevards Saint-Martin et de L’Avenir.

Précisons que les 12 hectares de ce terrain boisé acquis par voie d’expropriation, l’été dernier, pourrait coûter à la Ville jusqu’à 20,8 M$, le propriétaire exproprié réclamant 4,4 M$ de plus que l’indemnité provisionnelle dégagée à ce jour.

«Le but de l’acquisition, c’était de créer un parc et de réduire [le coût de] la transaction de la Place Bell», a tenu à rappeler à ses collègues Virginie Dufour, membre du comité exécutif.

École primaire

Quelques heures avant l’assemblée, les élus ont reçu copie d’une lettre datée du 10 juillet que le Fonds immobilier de solidarité FTQ venait d’adresser au directeur du Service de l’évaluation à la Ville, Pierre Huot.

Par cette missive, le promoteur confirme son intérêt à considérer «l’intégration d’une école primaire dans une des tours du projet résidentiel envisagé sur le site du boisé du Trait-Carré», faisant suite à la proposition déposée le mois dernier par l’opposition officielle. À la différence près que le Parti Laval suggérait l’implantation d’une école verte en bordure d’un boisé dont il réclamait la conservation intégrale.

Enfin, le promoteur précise que ses intentions «demeurent évidemment sujets à une vérification diligente approfondie, à l’approbation des instances décisionnelles du Fonds immobilier ainsi qu’à l’approbation par la commission scolaire des budgets nécessaires et des échéanciers».

Des choix à faire

Le maire a servi aux élus cette mise en garde à l’effet que leur «décision va avoir des conséquences sur l’ensemble de la stratégie d’acquisition des boisés à travers la ville», laissant clairement entendre que cela aurait pour effet d’hypothéquer le budget triennal avoisinant les 16 M$.

«Va-t-on laisser de côté les trois grandes îles, le boisé de Sainte-Dorothée et du Totem [à Saint-François]?» a lâché Marc Demers, soulignant que l’argent ne pousse pas dans les arbres.

Plus tôt, l’ex-vice-président du comité exécutif, David De Cotis, avait déclaré que lorsqu’il y a une réelle volonté politique, il y a toujours moyen de dégager l’argent. «On gère un milliard de dollars par année», a-t-il indiqué avant d’ajouter que la Ville venait d’annoncer la récupération de 41 M$ de l’argent détourné par les corrupteurs et corrompus.

Pour le conseiller de l’opposition, Claude Larochelle, pas question de «scrapper 60 % du dernier îlot de verdure au centre-ville» pour rembourser une dette.

Quant à son chef, Michel Trottier, il a accusé le maire de mener une «campagne de peur», faisant valoir que M. Demers avait déjà «trouvé 150 M$ pour la Place Bell, 61 M$ pour le complexe aquatique et 2,3 M$ pour la fontaine en face de l’hôtel de ville».

(Autre texte à venir)

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Journaliste à l'économie et la politique municipale , Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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