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De nombreux organismes communautaires en santé mentale n’ont pas le financement nécessaire pour subvenir aux besoins de la communauté lavalloise. (Photo gracieuseté - Depositphotos)

Santé

Grandes difficultés financières pour les organismes en santé mentale

Alors que les intervenants en santé mentale ont beaucoup été sollicités au cours de la dernière année et demie, les organismes communautaires qui se consacrent aux personnes avec ces enjeux subissent des difficultés financières et de personnel.

L’année dernière, le gouvernement provincial a reconnu la pertinence des organismes communautaires, eux qui ont été exacerbés par la crise sanitaire, et a fourni à ceux-ci des sources de financement plus importantes en 2020.

Or, selon Patrice Machabée, président de la Coalition des organismes communautaires en santé mentale de Laval (COSML), les organismes s’inquiètent à savoir s’ils vont être autant soutenus de façon ponctuelle. Pour cette année, ils n’ont reçu qu’une enveloppe en début d’année.

M. Machabée est aussi le directeur général de deux organismes, soit l’Association lavalloise de parents et amis pour le bien-être mental (ALPABEM) et le Groupe d’entraide en santé mentale (Cafgraf).

Malgré l’aide en début d’année, il assure que le manque de financement se fait ressentir depuis longtemps. Certains organismes, n’ayant pas assez de sources de financement, sont confrontés à des enjeux d’espace. Ces derniers ne peuvent se payer des locaux qui correspondent à leur besoin.

Ce manque de financement crée aussi des lacunes en ce qui concerne les services pour la clientèle anglophone, plus présente dans l’ouest de la région.

«Pour offrir des services à cette clientèle, il faudrait être capable de s’installer physiquement dans ces territoires et de doubler notre offre de service, ce qui est impossible présentement», assure M. Machabée.

Les 10 organismes en santé mentale de Laval sont prêts à investir dans leurs ressources humaines, mais le frein principal reste l’absence d’un soutien financier.

La difficulté à obtenir des fonds crée une pénurie de main-d’œuvre dans le milieu communautaire. «La pandémie est venue accentuer le problème. On est sous-financé, donc on ne peut pas payer de manière compétitive les intervenants», précise Patrice Machabée.

De plus, le manque de reconnaissance du public fait mal aux intervenants des nombreux organismes. Le président de la COSML souligne que leur rôle est fondamental et que le fait de travailler en milieu communautaire n’est pas aussi encouragé que dans le privé.

«Ça me fait une petite pointe au cœur de ne pas entendre M. Legault parler du travail de nos intervenants à travers le Québec.»

ALPABEM

L’ALPABEM est le seul organisme à travailler avec l’entourage de personnes souffrant de problèmes de santé mentale, mais il est en cours de mutualisation avec le Cafgraf afin d’avoir « qu’une seule porte pour l’entourage et la personne en détresse.»

Au Cafgraf, ce sont 50 personnes qui se présentent de manière régulière. Quant à l’ALPABEM, 400 personnes vont demander de l’aide, ce qui représente 2000 à 3000 interventions annuellement.

En plus d’être fiduciaire de nombreux projets locaux, l’organisme chapeaute le projet LÉO depuis juin 2020; une ressource provinciale de soutien psychologique pour les 300 000 intervenants du Québec œuvrant dans le milieu communautaire.

Portrait

Une personne sur cinq souffrira d’enjeux de santé mentale au cours de sa vie. Les enjeux qui affectent un plus grand pourcentage de la population sont les troubles anxieux (20%) ainsi que la dépression (10%).

Patrice Machabée précise que certaines personnes ne nécessitent pas de suivis intensifs. «Certains vont s’en sortir avec une bonne hygiène de vie, d’autres vont lire sur leurs enjeux ou faire de l’exercice pendant une période plus difficile, mais il y en a qui ont besoin de suivis plus intensifs.»

Selon les hospitalisations, ce sont deux à trois pour cent qui vivent des troubles de santé mentale sévères.

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