Mis à jour le 01 octobre 2026 à 12h27
Près de 200 personnes se sont rassemblées dans le stationnement de l’école Jules-Verne lors de la toute première cérémonie officielle commémorant la mémoire des cinq victimes de l’effondrement du viaduc de la Concorde il y a 20 ans, le 30 septembre 2006.
Une rose blanche et une chandelle attendaient chaque citoyenne et citoyen désirant rappeler la mémoire des Lavallois Sylvie Beaudet et Jean-Pierre Hamel, son frère Gilles Hamel, ainsi que Mathieu Goyette et Véronique Binette, sans omettre l’enfant qu’elle attendait, tous décédés durant la tragédie.
«J’ai un peu le sentiment d’être imposteur, car personne de mes proches n’a été touché par ce drame, et plusieurs d’entre vous l’ont vécu de bien plus près que moi, de confier d’entrée de jeu Jasmin Miville-Allard, directeur général de la Société d’histoire et généalogie de l’Île Jésus (SHGIJ). Il y a 20 ans, (…) un viaduc comme il y en a des centaines a cédé d’un coup. Ce qui devait être un beau samedi de septembre s’est terminé en cauchemar; et ce jour-là a marqué pour longtemps la mémoire des Lavalloises et Lavallois.»
Le directeur de la SHGIJ, l’organisme étant le principal organisateur de l’événement, a rappelé que pour les familles des victimes, cette journée n’appartient pas au passé et qu’elle a changé leur vie à jamais.
«Vingt ans plus tard, (…) il faut se souvenir des cinq personnes qui ne sont pas rentrées chez elles ce jour-là, de continuer Jasmin Miville-Allard, avant de nommer leur nom. Il faut penser aux familles qui les aime et ont dû continuer sans eux. Il faut penser aux personnes ayant survécu à l’effondrement et en ont porté les conséquences physiques et psychologiques; ainsi qu’à ceux qui leur ont porté secours, des voisins, des automobilistes, des pompiers, des policiers et ambulanciers. Une catastrophe comme [celle-là] laisse derrière elle des débris matériels, mais laisse surtout des traces dans la mémoire collective.»

Un premier événement
«Donc 20 ans après, pourquoi commémorer? d’interroger Jasmin Miville-Allard. Se souvenir n’est pas simplement regarder vers le passé, c’est reconnaître ce qui a été vécu. C’est donner une place à ceux qui ne sont plus là. C’est permettre à ceux qui n’ont pas connu l’événement, comme les enfants de cette école, par exemple, de comprendre ce que ç’a représenté pour notre communauté.»
Jasmin Miville-Allard a ensuite invité Virginie Dufour à dévoiler une plaque symbolique de commémoration devant l’assemblée. Rappelons que la députée de Mille-Îles milite depuis 2022 pour une forme de reconnaissance permanente de l’événement et des pertes humaines qu’il a causé.
La structure du viaduc et ses abords étant propriété du ministère des Transports et de la mobilité durable du Québec, il semble impossible d’y installer un mémorial pour le moment.
Cependant, «après l’élection du 5 octobre, peu importe qui sera au gouvernement, la Société d’histoire présentera aux autorités cette plaque et nous demanderons de l’installer, de garantir Jasmin Miville-Allard. Une plaque ne répare pas le passé, mais elle dit que ces cinq vies comptent pour nous.»

Témoignage d’orphelin
Il allait de soi que la dernière personne à prendre officiellement la parole en clôture de cérémonie fut Gabriel Hamel-Beaudet.
«Le 30 septembre 2006, nos vies ont basculé, de commencer le fils de feu Sylvie Beaudet et Jean-Pierre Hamel. L’effondrement tragique du viaduc nous ont enlevé des êtres chers, dont mes parents (…) plongeant notre famille et la communauté dans un deuil immense. Deux décennies plus tard: la douleur demeure, mais notre devoir de mémoire reste inébranlable pour honorer les cinq personnes qui ont perdu la vie ce jour-là.»
Savoir que des gens se sont rassemblés pour honorer les personnes disparues «est précieux pour nos familles, a souligné Gabriel Hamel-Beaudet. Votre engagement rappelle à nos institutions l’importance cruciale de la sécurité.»
Il a ensuite enchaîné en affirmant que «la confiance du public se mérite chaque jour par des gestes concrets et par la volonté d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Encore une fois, merci à chacun d’entre vous d’avoir mené ce combat avec humanité. Votre soutien nous a permis de traverser les années avec un sentiment de solidarité qui ne s’est jamais complètement éteint. Espérons que notre demande soit en fin étendue par le ministère des Transports.
Par la suite, les gens se sont levés à l’unisson et ont formé cortège pour marcher en silence jusqu’au tablier du viaduc de la Concorde, afin d’y observer une minute de silence et déposer leur rose blanche au pied de la plaque installée temporairement pour l’occasion.
Peu avant le départ pour la marche, notons que Gabriel Hamel-Beaudet avait mentionné avec à-propos que «cette plaque ne serait pas qu’un mémorial aux personnes décédées, mais serait aussi un rappel constant au ministère des Transports de réagir promptement avant que des situations semblables se présentent.»
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