Mis à jour le 19 février 2026 à 18h04
Le maire Stéphane Boyer a déposé au dernier conseil municipal le rapport final concernant la situation de force majeure décrétée le 18 juillet 2025 à la suite de l’éboulement survenu sur l’avenue Bellevue dans le quartier Saint-Vincent-de-Paul.
Comme le prévoit l’article 573.2 de la Loi sur les cités et villes en pareille circonstance, la Ville a dérogé à son obligation de procéder par appel d’offres public en octroyant, sans délai, une série de contrats de gré à gré afin de rapidement sécuriser les lieux et protéger les occupants des résidences menacées par l’instabilité du talus rocheux donnant dans leur cour arrière.
Rappelons qu’à la suite de fortes pluies, un bloc rocheux d’environ 3000 livres (une tonne) s’était détaché de la falaise pour finir sa course sur la terrasse du 23, avenue Bellevue bordant la rivière des Prairies. Par mesure préventive, la Ville avait procédé à la mi-août à l’évacuation de neuf propriétés de la zone riveraine se trouvant en contrebas du boulevard Lévesque Est. Ces évacuations ont duré entre 2 et 30 jours, selon les risques alors estimés.

(Photo tirée du rapport produit par la Direction géotechnique et géologie du ministère des Transports et de la Mobilité durable)
Contrats
Le rapport final rendu public ce mois-ci fait état d’une série de contrats confiés à une demi-douzaine d’entreprises totalisant un montant de 697 928,28 $, taxes incluses.
Cimota, un entrepreneur général établi à Québec, s’est accaparé la part du lion, facturant 475 000 $ pour ses travaux géotechniques de stabilisation du talus rocheux. Parmi ceux-ci, le retrait de plusieurs blocs rocheux instables et l’installation à mi-pente d’un treillis métallique pare-pierres renforcé par plusieurs câbles ancrés à des arbres et affleurements rocheux, d’une fosse de captage et d’une clôture de chantier en pied de talus.

(Photo 2M.Media – Stéphane St-Amour)
La firme de génie-conseil Stantec a quant à elle facturé 175 000 $ pour des études et analyses menées dans le cadre de cette opération d’urgence.
Le talus, qui culmine à 56 pieds, est situé sur des terrains privés, dont l’entretien et la sécurisation relèvent de la responsabilité des propriétaires en vertu du Code civil du Québec. «La Ville est toutefois intervenue à titre préventif et exceptionnel pour protéger la sécurité des résidents, en attendant que les mesures permanentes soient prises par les propriétaires», explique dans un échange de courriels la conseillère aux affaires publiques, Carolanne Gagnon.
L’administration municipale a également assumé les frais d’hébergement à l’hôtel de 5 ménages évacués pour des raisons de sécurité publique, les 4 autres ménages déplacés ayant été hébergés chez des amis ou des membres de la famille. La note pour les 65 nuitées autorisées s’est élevée à 11 600 $.
Par ailleurs, les personnes déplacées ont eu droit à une indemnité de 75 $ par jour versée par le ministère de la Sécurité publique pour couvrir leurs repas, a indiqué l’une d’entre elles au Courrier Laval.

(Photo 2M.Media – Stéphane St-Amour)
Installations temporaires
Les travaux de sécurisation du talus effectués en août et septembre derniers visaient à «sécuriser les lieux de façon temporaire».
Incidemment, depuis qu’ils ont réintégré leur domicile, les occupants des résidences du 17 au 31-A, avenue Bellevue, n’ont qu’un accès très limité à leur terrasse. «Ils nous ont dit de ne pas y aller», rapporte un de ces propriétaires qui n’a pas eu à condamner pour autant sa terrasse.
Jusqu’à nouvel ordre, «l’accès aux cours arrière reste permis uniquement pour des activités requises ou urgentes de courte durée», rappelle la directrice du Service de l’ingénierie, Marie-Josée Girard, dans une lettre datée du 17 février où elle informe les propriétaires des résultats d’analyses techniques et d’une rencontre à venir.
La portion de la paroi rocheuse concernée est située à l’arrière des immeubles du 4750 et 4724, boulevard Lévesque Est du noyau villageois de Saint-Vincent-de-Paul.
Quant aux 9 résidences à risque, elles ont pignon dans la partie extrême ouest de l’avenue Bellevue, baptisée ainsi en 1931 sous l’inspiration de la vue qu’elle offrait sur la rivière.
Il s’agit de la propriété construite en 1940 située tout au bout de la rue et des huit maisons en rangée érigées au milieu des années 1990. Celles-ci se trouvent à une distance variant entre 1 et 5 mètres de la base du talus instable.
Aménagée temporairement entre la fosse de captage et l’arrière des résidences, la clôture de chantier a «une durée de vie estimée entre 12 et 18 mois, selon les conditions et l’évolution de la situation», précise la porte-parole de la Ville.

Toujours à risque
Dans la lettre du 17 février, dont le Courrier Laval a obtenu copie, la Ville explique aux destinataires que les propriétés situées aux 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31 et 31A, avenue Bellevue «demeurent exposées à un danger de chutes de blocs rocheux» en raison de «la présence de nombreux blocs instables». Le niveau de risque est accentué par l’inclinaison et la hauteur du talus de même que l’espace restreint entre le pied du talus et les bâtiments, ajoute-t-on.
Reste que «plusieurs blocs jugés instables» ont été retirés lors des travaux de sécurisation, indique le rapport de la Direction géotechnique et géologie du ministère des Transports et de la Mobilité durable, daté du 18 septembre 2025, joint à la lettre.
L’auteur de ce rapport de 20 pages, l’ingénieur Pierre-Luc Deschênes, enchaîne: «Malgré cela, le basculement de petites sections du mur et les blocs instables restant au niveau de la paroi pourraient atteindre les terrains en pied de talus. Toutefois, la probabilité qu’ils heurtent le mur arrière avec beaucoup d’énergie est jugée très faible. Il est hautement improbable qu’une chute de blocs ou une petite rupture défoncent le mur arrière des résidences.»

(Photo 2M.Media – Stéphane St-Amour)
Rencontre
Les propriétaires touchés seront invités à une rencontre d’information le 11 mars en présence des autorités municipales et de représentants des ministères du Transport et de la Sécurité publique.
«Cette rencontre permettra de leur présenter les constats du rapport d’ingénierie produit par une firme externe ainsi que les différents scénarios envisageables pour une sécurisation permanente, mentionne par courriel Carolanne Gagnon. Cela étant dit, le choix de la démarche à privilégier appartiendra aux propriétaires».
Dépendamment de l’option retenue, ces travaux à réaliser au pied du talus pourraient s’élever à «plusieurs dizaines de milliers de dollars par résidence», reconnaît celle qui précise toutefois que le ministère de la Sécurité publique offre une aide financière aux citoyens dont la résidence est jugée en situation de danger imminent.
«Selon l’admissibilité et les modalités applicables, cette aide pourrait couvrir une part importante, voire la totalité des coûts», termine la représentante de la Ville.
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