Près de trois ans après l’adoption à l’unanimité de l’avis de proposition pour l’implantation d’un programme Capture-Stérilisation-Relâche-Maintien (CSRM) à Laval, la Ville en est toujours à «analyser les risques et bénéfices sous plusieurs angles avant d’envisager la suite».
Depuis juillet 2022, date d’adoption de l’avis de proposition lié au CSRM, la Ville de Laval affirme avoir «entrepris plusieurs démarches afin d’évaluer la faisabilité du programme».
Selon le Service des communications et du marketing, ces démarches incluent la consultation d’un expert vétérinaire, l’adresse de questions à différentes cliniques vétérinaires ainsi qu’une «analyse approfondie» combinée l’étude des diverses pratiques observées dans la province. Les résultats de l’analyse «non-formelle», qui ne sera pas sous forme d’un «document officiel», devraient être présentés sous peu aux instances municipales.
«Les discussions sur la gestion des chats errants doivent aussi s’inscrire dans une vision plus large des priorités municipales, indique Carolanne L. Gagnon, conseillère aux affaires publiques pour la Ville de Laval. Une Ville doit prendre des décisions qui tiennent compte de l’ensemble de sa population, tout en respectant la capacité de payer de ses citoyens. Toute nouvelle initiative doit donc être évaluée en fonction de ses bénéfices, de ses coûts et de sa viabilité à long terme.»
Selon Louise Lortie, conseillère municipale dans Marc-Aurèle-Fortin et porteuse de la proposition au conseil municipal, le Service de l’environnement et de l’écocitoyenneté de Laval a présenté les possibilités pour l’implantation d’un programme CSRM à Laval en mars 2024.
La Municipalité pourrait engager un vétérinaire et appliquer elle-même le programme, payer un OBNL existant ou fonder un nouvel organisme qui remplirait cette mission.
«Tout le monde était d’accord d’analyser [la possibilité d’implanter le CSRM], mais il n’y a pas de volonté, déplore la conseillère municipale. Sinon, ça serait fait ou, au moins, il y aurait eu une décision. […] Ça va faire trois ans cet été et on n’a pas encore de réponse. Ça ne fait pas de sens. Je comprends les gens qui ont à cœur le bien-être des chats d’être désabusés.»
Partenariat
En décembre 2024, Laval est entrée en contact avec la SPCA de Montréal, à la suite d’une intervention de Christine Péron, citoyenne de Fabreville. Celle-ci a interpelé plusieurs fois le conseil municipal à propos de cet enjeu et a rencontré Laurence Massé, directrice générale de la SPCA de Montréal, afin d’évaluer les coûts et l’échéancier potentiels de l’implantation d’un programme CSRM à Laval.
«C’est pas vrai que c’est compliqué, maintient la citoyenne engagée. […] Tu dois juste avoir la volonté de le faire. Honnêtement, je me demande s’ils ont un lien particulier avec le Berger Blanc parce que, si vous avez vraiment le bien-être des chats à cœur, il n’y a aucune raison de ne pas aller de l’avant.»
La directrice de la SPCA a confirmé que Laval avait approché l’organisation et la Ville de Montréal, puisque les deux entités doivent aussi s’entendre avant de conclure un contrat de service.
«S’il y a un projet qui se développe à Laval, nous, on est prêts à l’accueillir à bras ouverts, mais il faut que ça se fasse en collaboration avec la Ville», a témoigné la directrice de la SPCA de Montréal, où 14 000 animaux transigent chaque année.
Laurence Massé a également certifié que le programme CSRM était la meilleure solution pour la gestion des chats errants, surtout considérant leur fécondité et la saison des amours qui est à nos portes.
En guise d’exemple, elle a mentionné qu’une Montréalaise avait adopté un couple de chats non-stérilisés et que 3 ans plus tard, la SPCA est allé récupérer 97 chats dans son logement.
«Un tel programme nécessiterait un encadrement clair incluant l’émission des permis, la réglementation du trappage et la répartition des responsabilités entre les parties prenantes, soulève le Service des communications et du marketing de Laval. C’est pourquoi la Ville analyse les risques et bénéfices sous plusieurs angles avant d’envisager la suite.»
À titre d’information, plusieurs municipalités environnantes ont adopté un programme CSRM, dont Montréal, Boisbriand et Lorraine.
Actuellement, la gestion des chats errants lavallois repose sur le Berger Blanc jusqu’à la fin 2025, avec une option de renouvellement de services.
Règlementation animale
À Laval, un projet de CSRM a été réalisé dans le cadre de la Semaine nationale de la stérilisation du Québec en 2016, où la stérilisation de 11 chats errants avait été subventionnée.
En février 2018, la Ville de Laval a remporté le prix Ani-Bon 2018 de l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) pour son règlement animalier adopté au printemps 2017.
Ce règlement prévoyait le micropuçage obligatoire des chiens et chats, mesure qui a été mise en place en janvier 2020. Des citoyennes déjà impliquées dans le sauvetage de chats errants à ce moment se rappellent les promesses de la Ville en lien avec ces nouveaux revenus.
«[La Ville] avait dit que l’argent qu’on paye par chat [pour les médailles et la micropuce], c’était censé retourner là-dedans, atteste Valérie (nom fictif), citoyenne de Chomedey donnant temps et argent aux chats errants depuis 16 ans. Il va où l’argent?»
«Depuis l’adoption du règlement sur les animaux en 2017, sous l’administration du maire Demers, la Ville de Laval a toujours indiqué que les revenus issus de la vente de permis et médailles serviraient à financer les services animaliers, confirme Carolanne L. Gagnon. Toutefois, ces revenus ne couvrent qu’une fraction des coûts associés à la gestion animalière sur le territoire. À titre d’exemple, en 2024, ils représentaient moins de 5% des dépenses totales de la Ville dans ce domaine, incluant notamment le contrat avec le Berger Blanc et les activités de l’équipe municipale dédiée à la gestion animalière.»
Rappelons que la Ville de Laval empoche 15$ par chat depuis janvier 2018, en plus du 27$ par chien qui était déjà instauré. En décembre 2019, les prix des permis pour animaux de compagnie ont été réduits, fixant le prix à 10$ par chat et 20$ par chien.
Plus récemment, la Ville était sur le point de se doter d’un Centre des services animaliers sous l’administration Demers, mais le projet est tombé à l’eau en 2019, puis a été retiré des «grandes priorités pour Laval» en 2022. L’argent qui lui était réservé a été réattribué.
«Le projet d’un centre de services animaliers lavallois n’a pas été priorisé par l’administration municipale, en raison des coûts élevés d’un tel projet, précise le Service des communications et du marketing. Néanmoins, la Ville a mis en place une équipe spécialisée composée de préposés et d’inspecteurs, chargée d’assurer l’application de la réglementation en vigueur, d’informer et de sensibiliser les citoyens, et de veiller au bien-être des animaux sur le territoire.»
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