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DOSSIER FUGUEUSES. Mesures révisées et baisse des fugues

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DOSSIER FUGUEUSES. Mesures révisées et baisse des fugues

SENSIBILISATION. En février 2016, dans la foulée de 5 fugueuses recherchées, un inspecteur aux crimes majeurs confirmait que 33 d’entre elles avaient été recrutées par des proxénètes l’année précédente, ce qui a initié des changements importants au Centre jeunesse de Laval.

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Pierre Crevier, président du Syndicat des employés du Centre jeunesse de Laval, Michel Morel, premier vice-président du Comité des usagers du CSSS de Laval, et Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CISSS de Laval.
Pierre Crevier, président du Syndicat des employés du Centre jeunesse de Laval, Michel Morel, premier vice-président du Comité des usagers du CSSS de Laval, et Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CISSS de Laval.  ©Photo – Photo TC Media

État d’urgence

«L’an passé, nous, les intervenants, on n’a pas aimé ça, de se souvenir Pierre Crevier, président du Syndicat des employés du Centre jeunesse de Laval. Nous sommes sensibles à cette situation. La présence forte des médias a rendu nos jeunes très fébriles avec un possible effet d’entraînement pour se mettre en vedette.»

Plus efficaces que l’effet dissuasif d’une porte barrée, les règles des plans de sortie ont été resserrées. On procède à une analyse plus approfondie des risques.

«Mais le rapport Lebon a vraiment mis le doigt sur ce qui ne va pas et ce n’est pas encore réglé: il faut un ajout de ressources, de continuer Pierre Crevier. Il y a tellement de demandes qu’on doit classer le jeune en dessous de ses réels besoins d’intervention. De plus, les spécialistes (psychologue, travailleur social, éducateur) bougent beaucoup, ce qui rend difficile le suivi du jeune et son lien de confiance.»

Le personnel du Centre jeunesse croit à une approche multifonctionnelle pour prendre charge efficacement de l’adolescent, car pour les intervenants, un cas de fugue menant à l’exploitation sexuelle est un cas de trop.

«Plus la fugue est longue, plus il y a un risque d’apprendre à vivre dans la rue et y fréquenter des individus mal intentionnés», de préciser M. Crevier.

Chez les usagers

Pour sa part, Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CISSS de Laval, croit à la nécessité d’une unité spécifique et fermée pour les jeunes aux prises avec des gangs de rue. «On doit amener ces jeunes à arrêter de penser que le cellulaire vaut plus cher que leur intégrité physique et psychologique», de dire Mme Aubé.

De son côté, le Comité des usagers du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval avait réclamé une enquête publique du gouvernement du Québec et premier ministre sur le phénomène de fugues en sol lavallois.

«Il faut savoir que la majorité des filles accueillies chez nous viennent de Montréal où n’existe pas la ressource adéquate, de noter Pierre Crevier. Nous nous ramassons naturellement avec un milieu plus en ébullition qu’ailleurs.»

«Nous voyons que la situation s’est améliorée et c’est pourquoi, il est important de tracer le portrait des progrès faits depuis un an, notamment via un plan d’action global de la Ville de Laval», de dire Michel Morel, premier vice-président du Comité des usagers.

Les fugues depuis 2012

Voici le recensement des fugues depuis cinq ans. 2012-2013: 683 fugues. 2013-2014: 649 fugues. 2014-2015: 889 fugues. 2015-2016: 1004 fugues. Du 1er avril 2016 au 10 décembre 2016: 362 fugues

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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