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Difficile de dresser un portrait de la prostitution juvénile

Faits divers

Difficile de dresser un portrait de la prostitution juvénile

L’inspecteur de la lutte au banditisme de la police de Laval, Serge Gaignard, et la formatrice du TRÎL, Annie Hotte, sont d’accords pour dire qu’il est difficile de dresser des statistiques dans le dossier de la prostitution juvénile à Laval. Une chose est certaine, les gangs de rue forcent les jeunes filles à se prostituer.

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La prostitution juvénile étant éparpillée, la prévention et le travail auprès des victimes sont difficiles, tiennent à souligner les deux intervenants. «C’est ardu d’obtenir du financement pour des projets d’intervention de rue, sans résultats quantifiables. Nous sommes heureux de voir que notre projet a plu aux politiciens», stipule d’entrée de jeu Annie Hotte, lors d’une entrevue avec le Courrier Laval. «La prostitution des mineures, on ne se le cachera pas, ça existe à Laval. Il est difficile de chiffrer cette forme de prostitution, puisqu’elle est pratiquée plus clandestinement que la prostitution adulte», soutient Mme Hotte. «Cette prostitution n’est pas plus élevée que dans certaines autres régions du Québec, mais elle est là, elle est présente et elle est organisée», ajoute-t-elle.

Les victimes ne dénoncent pas

Serge Gaignard reconnaît que les données restent invisibles, car les délits ne sont pas recensés. «Nous avons l’état de la situation pour le phénomène de gangs de rue. Nous avons des données qui nous permettent de croire qu’il y a prostitution au niveau des jeunes filles. Toutefois, il s’agit de crime ou de délit sans plaignants. Les victimes ne veulent pas toujours parler aux policiers. Elles ont peur.»

«Les jeunes doivent dénoncer. Le premier réflexe est de protéger leur famille, leurs réseaux et elles-mêmes», ajoute-t-il.

Sans vouloir chiffrer l’ampleur du phénomène, l’agent Serge Gaignard confirme que la police de Laval a dû traiter, dans les dernières années, un certain nombre de plaintes en lien avec la prostitution de mineures. «Ça ne reflète pas l’ampleur du portrait. Tant et aussi longtemps que l’on reste en attente des plaintes, nous n’avons pas l’état de la situation concrète.»

Selon lui, la tendance n’est cependant pas à la hausse. «Nous recueillons de plus en plus de données pour connaître l’ampleur du problème et communiquer avec les citoyens.»

Le TRÎL a le champ libre

La communauté policière va tirer profit du lien de confiance que pourra établir le TRÎL avec les victimes. «Nous serons en mesure de tisser des liens.» Quelques policiers suivront les cours d’Annie Hotte, afin de bonifier leurs interventions auprès des jeunes. «C’est évident que les policiers ne remplaceront pas les intervenants du TRÎL. Nous serions alors en dehors de notre mandat. Il faut leur laisser assez d’espace pour que le TRÎL travaille de façon autonome.»

Portrait de jeunes prostituées

Annie Hotte dresse le portrait de la prostitution juvénile. «Elles ont souvent entre 13 et 17 ans. Elles sont vulnérables. Elles veulent être aimées, avoir de l’argent. Elles baignent dans la célébrité et la richesse instantanée. Elles sont sensibles aux jeunes et beaux parleurs riches, qui leur offrent tout ce qu’elles veulent. Elles tombent souvent en amour avec un gars membre d’un gang, qui n’hésite pas à profiter de leurs faiblesses de jeune fille. Quelques mois plus tard, elles sont devenues esclaves sexuelles sans le sou. Même celles qui s’en sortiront resteront marquées à vie. Elles se prostituent pour de la drogue, de l’argent, des vêtements ou encore pour se payer des activités.»

Sans parler de prostitution, il y a une dynamique qu’on observe depuis quelques années, celle des initiations dans les partys de gang où des jeunes filles sont parfois agressées. «Souvent, la prostitution peut aussi prendre la forme d’une faveur sexuelle faite à un ami. Encore là, les filles ne portent pas plainte, car elles se sentent coupables d’être allées au party», termine Annie Hotte.

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