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Le terrain visé par un développement résidentiel est situé au quadrant nord-ouest du boulevard des Oiseaux et du rang de l’Équerre. (Photo gracieuseté)

Environnement

Coupe à blanc dénoncée dans Champfleury

Entrepris le 30 mars, les travaux d’infrastructures en vue d’un développement résidentiel de 57 maisons dans le secteur Champfleury ont mené à l’abattage de «centaines d’arbres matures» aux abords du bois de l’Équerre, a dénoncé l’élu de l’endroit, Claude Larochelle, à la séance du conseil municipal du 14 avril.

«On est rentré là-dedans avec la chainsaw et le bulldozer», a déploré le conseiller de Fabreville en parlant du terrain boisé situé au quadrant nord-ouest du boulevard des Oiseaux et du rang de l’Équerre.

M. Larochelle ne conteste pas «le droit du propriétaire de faire son développement résidentiel», mais plutôt «l’absence de conditions avant d’autoriser les projets et de délivrer les permis», plaidant qu’«il n’est pas nécessaire de tout raser pour entreprendre un projet de construction».

Manque de transparence

Cette dévastation a soulevé l’ire d’«un très grande nombre de citoyens de Sainte-Rose et de Champfleury qui ont communiqué avec moi», a continué l’élu de l’opposition qui n’avait pas été informé de l’avancement du dossier depuis le changement de zonage en 2017, lequel avait été proposé par Michel Trottier, aujourd’hui chef de l’opposition, et appuyé par Virginie Dufour.

Le lendemain du conseil, par voie de communiqué, M. Larochelle déclarait: «C’est typique de l’administration Demers. Elle agit rapidement, sans avertir, et donne les explications ensuite. Je comprends les citoyennes et citoyens qui sont choqués de voir ce qui est arrivé sur le rang de l’Équerre, je suis dans le même état qu’eux».

Autre grief prononcé contre l’administration en place est le fait que «le saccage» ait débuté huit jours avant que le comité exécutif n’autorise les travaux. Claude Larochelle en veut pour preuve l’autorisation accordée lors d’une séance à huis clos, le 7 avril.

C’est la troisième fois en moins d’un an «que des arbres sont coupés de façon massive» sans que les citoyens autour en soient informés, poursuit l’opposition officielle. «La même chose s’est produite l’année dernière sur l’avenue des Bois et dans le quartier Val-des-Brises», précise le Parti Laval en évoquant l’aménagement de cinq kilomètres de voies réservées dans Sainte-Dorothée et un projet immobilier à l’est de l’autoroute 19.

Explication

Conseillère municipale de Sainte-Rose et responsable des dossiers liés à l’urbanisme et l’environnement, Virginie Dufour validait, séance tenante, la conformité de la démarche, à savoir que les services municipaux étaient autorisés à «donner le go» et que l’adoption de la résolution par le comité exécutif était, dans ce cas-ci, de nature purement administrative.

Mme Dufour a aussi fait valoir le sentiment d’urgence qui prévalait, considérant que les travaux d’abattage d’arbres devaient être réalisés avant le 15 avril pour respecter la période de nidification des oiseaux migrateurs, tel que stipulé au certificat d’autorisation délivré par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).

«Puisque toutes les conditions nécessaires du processus administratif d’approbation […] étaient remplies, la Ville a autorisé administrativement les travaux d’abattage d’arbres afin d’éviter de reporter de plusieurs mois le projet, confirme la responsable aux Affaires publiques à la Ville, Anne-Marie Braconnier. Cette autorisation administrative a par la suite été entérinée par le comité exécutif lors de la séance du 7 avril dernier».

Déboisement partiel

Dans un échange de courriels, Mme Braconnier tient également à préciser «que les travaux de terrassement et d’infrastructures du secteur ciblé visent principalement des terrains composés de friches arbustives présentant une valeur écologique moins importante que l’écosystème forestier et le milieu humide conservés».

Elle ajoute qu’«il s’agit donc d’un déboisement partiel», alors que «ce projet immobilier prévoyait des servitudes de conservation environnementale et de non-déboisement pour certaines portions de terrain présentant une plus grande valeur écologique que celles touchées par les travaux». Une surveillance quotidienne a également été effectuée pour s’assurer du respect des limites des travaux, termine-t-elle.

Cela dit, Virginie Dufour convenait de la désolation de la scène.

«Moi aussi, j’ai été tout à fait choquée, a-t-elle signifié à M. Larochelle. Ça m’a vraiment surprise de voir les coupes; c’est impressionnant! Et je vous dis en toute franchise qu’on doit faire les choses différemment dans le futur».

Tout comme le conseiller de l’opposition, Mme Dufour a reconnu avoir «reçu beaucoup d’appels» de citoyens.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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