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La Ville a fait l’acquisition d’un terrain de 4339 mètres carrés en bordure du boulevard du Souvenir, bordant la limite sud du Carré Laval. (Photo 2M.Media – Archives)

Environnement

Controverse autour d’un règlement hors cour

Un échange de terrains a permis à la Ville de régler à l’amiable un litige de quelque 5 M$ qui l’opposait depuis 2004 à un promoteur immobilier.

Avant d’être entériné, ce règlement hors cour aura toutefois été débattu pendant une bonne demi-heure à la dernière séance du conseil municipal, le chef de l’opposition officielle Michel Trottier, son conseiller Claude Larochelle et l’élu indépendant Michel Poissant s’y opposant vivement.

Transaction

La Ville acquiert un terrain d’environ 4400 mètres carrés en bordure du boulevard du Souvenir, angle boulevard Daniel-Johnson.

«Cette acquisition importante au sein même du territoire du Carré Laval vient consolider ce projet majeur pour la Ville de Laval», s’est réjouie l’administration Demers en évoquant la Cité de l’innovation carboneutre à échelle humaine qu’elle destine à ce quadrilatère délimité à l’est par l’autoroute des Laurentides (A15) et au nord par le boulevard Saint-Martin.

Dévoilé il y a un an, ce concept avait été présenté comme le prochain grand chantier lavallois. Mais d’ici-là, il faudra d’abord décontaminer cette ancienne carrière de 4 millions de pieds carrés dont plus de la moitié sert actuellement de dépôt à neige.

En échange, la Ville cède deux lots boisés voisinant à l’est avec le CHSLD Résidence Riviera, situé sur le boulevard Notre-Dame tout près du boulevard Armand-Frappier. La valeur marchande de ce terrain d’une superficie de quelque 5800 mètres carrés est estimée à 4 M$. L’acquéreur, John Vathis, pourra y élever des tours d’une hauteur maximale de 15 étages, tel que le zonage centre-ville l’autorise.

«Un boisé contre un parking»

L’opposition officielle s’est élevée contre cette entente qui «sacrifie un boisé en échange d’un parking», a imagé son chef Michel Trottier en référant au terrain actuellement occupé par le producteur du spectacle multimédia Illumi.

«Le Parti Laval s’oppose à l’altération de ce poumon vert au centre de Laval», a-t-il enchaîné.

Avant lui, le conseiller Claude Larochelle jugeait «scandaleux» de céder au développement un milieu naturel en périphérie d’une zone à valeur écologique élevée. «De penser que le développement de ce terrain n’aura aucun effet sur le milieu environnant, c’est de la pensée magique», a-t-il dénoncé tout en remettant en question la pertinence d’acquérir une parcelle en bordure du Carré Laval en prévision d’un projet «pour lequel aucun business case [étude d’opportunité] nous a été proposé».

Trait-Carré

Conseiller indépendant et chef du nouveau parti Laval citoyens, Michel Poissant a évoqué la levée de boucliers qu’avait provoquée en 2018 l’entente de principe selon laquelle la Ville acceptait de vendre 60 % du bois du Trait-Carré au Groupe immobilier FTQ. Cette entente, rappelons-le, visait à régler un litige qui perdurait depuis l’expropriation ayant mené à la construction de la Place Bell.

«Les milieux naturels, notamment au cœur de Laval, n’y touchez pas!» a lancé l’élu de Vimont en rappelant «le message» que la population avait alors passé à l’administration Demers.

«En total désaccord» avec la transaction, M. Poissant a également questionné la décision de céder une partie d’un «milieu naturel important» en retour d’un terrain situé à la limite de l’ancienne carrière et équivalant à moins de 2 % de la superficie totale du Carré Laval.

Justification

Le maire Marc Demers a défendu la transaction, faisant valoir que le boisé offert en échange est de «valeur écologique moyenne, alors que celui qu’on va protéger est [de valeur] supérieure».

De fait, la Ville a profité de l’occasion pour agrandir la zone protégée du boisé Notre-Dame dont le corridor écologique triple de largeur, passant de 15 à 47 mètres.

M. Demers a indiqué que cette entente réglait une poursuite de quelque 5 M$ engagée par un promoteur à qui la Ville avait «empêché» en 2004 de développer son terrain. «On libère des sommes d’argent qui vont nous permettre d’aménager et d’offrir un plus grand boisé aux résidents du secteur.»

Quant au maire suppléant, Stéphane Boyer, il a rappelé à ses détracteurs que l’administration Demers avait à cœur la protection de l’environnement. Il en a donné pour preuve les aires protégées qui ont quadruplé depuis 2013, passant de 3 à 12 % du territoire lavallois. «On a investi plus de 50 millions de dollars dans l’acquisition de milieux naturels, de boisés et de berges dans les dernières années.»

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, sstamour@2m.media, 450-667-4360 poste : 3523

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