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Comprendre le suicide de son fils

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Comprendre le suicide de son fils

Une centaine de personnes s’étaient réunies pour écouter le témoignage du juge Michael Sheehan, conférencier invité de la rencontre mensuelle de l’Association lavalloise de parents pour le bien-être mental (ALPABEM), le 15 mars dernier, à l’auditorium de la Cité-de-la-Santé. Intitulée Ce que j’aurais aimé savoir pour prévenir le suicide de mon fils, la rencontre a permis à l’invité de rappeler que le suicide n’est pas une libération pour les proches et que certains outils peuvent éviter une telle tragédie.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1995, quelques heures après que la famille a fêté l’anniversaire de sa mère, Philippe, 25 ans, un des quatre enfants, s’enlevait la vie dans un accident de voiture, en rentrant chez lui sur la Rive Sud de Québec. «J’étais à mon bureau, au Palais de justice et la police m’a appelé pour me dire qu’ils avaient retrouvé la voiture de mon fils. C’était il y a plus de 15 ans, mais je me revois encore», a témoigné Michael Sheehan, en début de rencontre.

Tourmente, tragédie, détresse, désespoir sont des émotions que le lauréat 2001 du Prix de la justice n’a pas hésité à démystifier longuement. «Tous les parents promettent à leur enfant de les nourrir, de les éduquer, de les protéger. On les réconforte, on leur dit que tout ira bien. Quand le prédécès survient, on se voit comme des imposteurs, des faux parents», a-t-il ajouté.

Il lui aura fallu plus de deux ans pour commencer à se remettre de cet événement. Il a trouvé un soutien grâce à l’entraide. «J’ai été dans des groupes d’entraide. Puis, j’ai commencé comme bénévole au Centre de prévention du suicide à Québec, pour faire de l’écoute téléphonique, un soir par semaine.»

Chercher de l’aide

Pendant de longues minutes, Michael Sheehan a insisté sur l’importance d’aller chercher de l’aide, tant pour la personne aux prises avec des pensées suicidaires que les proches qui l’entourent.

«Selon l’OMS, 50 % des gens en détresse et qui pensent au suicide ne reçoivent aucune aide, a-t-il rappelé, une aberration puisque l’aide existe et qu’elle est efficace.» Une aide qui devrait arriver dès les premiers doutes. «Pourquoi quand notre voiture fait un bruit bizarre on se rend de suite au garage, et quand il s’agit d’aider quelqu’un, on se demande si cette personne est prête à recevoir de l’aide ?», a-t-il demandé.

Le suicide vu par la société

La tragédie qu’a vécue M. Sheehan en 1995 lui a fait réaliser que beaucoup de mythes entourent encore le suicide.

«Le suicide n’est pas une libération, c’est un fardeau qui amène une grande culpabilité. Ce n’est pas non plus une décision ordinaire, car le suicide ne donne pas de deuxième chance.» De par sa fonction, le juge n’a pu s’empêcher de citer la Charte des droits et libertés qui dit que «toute personne a droit à la vie», et que «toute vie en péril a droit au secours». Selon lui, le suicide n’est qu’un échec de la société civilisée qui a comme principal objectif de protéger la vie.

La conférence, qui aurait également pu s’appeler, selon ses dires, Ce que le suicide de mon fils m’a appris, a touché plus d’une personne dans la salle, puisqu’en fin de séance, plusieurs mères de famille se reconnaissaient dans le témoignage que M. Sheehan venait de livrer. Au Québec, trois personnes se suicident par jour et environ 1068 par année.

La prochaine conférence de l’ALPABEM se tiendra à la Cité-de-la-Santé le 19 avril prochain, à partir de 19h. Le Dr Jean Parrate, chef du département de psychiatrie et directeur médical de la Direction santé mentale adulte au CSSS de Laval, donnera une conférence sur la psychose chez les personnes âgées.

Information: www.alpabem.qc.ca

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