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Changer de sexe pour devenir enfin soi-même

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Changer de sexe pour devenir enfin soi-même

SOCIÉTÉ. Ses confrères de classe l’ont connue sous le nom de Jean-François Paquin. Les amateurs de musique se souviennent du succès de Syan sur la scène de Belle et Bum. Aujourd’hui, tous l’appellent Annabelle Paquin après une métamorphose aux allures de victoire sur le destin.

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L’artiste multimédia, blogueuse et conférencière revient de loin. Elle s’appelle officiellement Annabelle Paquin depuis le 7 janvier. Son certificat de changement de sexe en fait foi: elle est désormais une femme. Un combat qui aura pris 33 ans.

Chaque jour, elle ingurgite un cocktail de comprimés: coupeurs de testostérone, œstrogène et hormones de substitution.

«Ce sera ma routine jusqu’à la fin de ma vie, à moins d’un débalancement», prévient-elle.

Virage et transformation

À l’âge de 30 ans, en février 2014, Annabelle a décidé d’enclencher le processus de transformation. Elle a ouvert le bottin téléphonique et pris rendez-vous dans une clinique. Elle avait déjà commencé l’épilation au laser.

«Le consentement écrit comprend 60 points sur les conséquences possibles, raconte-t-elle. C’est assez épeurant et dangereux! Moi qui n’étais pas trop sportif, j’ai changé mon alimentation et je me suis mise à la course et au vélo pour être dans une condition physique optimale. »

Ayant franchi les étapes avec succès, le 1er août, elle absorbera ses premières pilules. En septembre, ce sera «le prix à payer». Elle fait son coming out devant ses parents et proches. Les premières réactions seront fortes: incompréhension, résistance, non-acceptation.

Suivront les trois mois les plus intenses d’hormonothérapie. Annabelle ne sort plus. Les émotions sont à fleur de peau, les crises de panique se multiplient. Tout se placera au printemps 2015. Maintenant, demeure la question délicate de la grande opération.

«C’est le seul vrai truc effrayant, rumine-t-elle. J’ai peur du résultat. Je ne suis pas rendue là et je ne sais pas si je me rendrai là un jour.»

Mal-être et déchéance

Détentrice d’un diplôme d’études professionnelles en électronique, Annabelle se surprend parfois d’être toujours en vie. Son mal-être l’a poussée à plusieurs excès dès l’adolescence.

«La drogue a vite pris beaucoup de place pour oublier qui j’étais, raconte-t-elle au milieu de ses guitares et son matériel informatique. Peu importe ce que je trouve qui gèle, je vais le prendre, telle était mon adage. J’allais partout sur l’île, dans les parcs et sur la rue.»

Acide, cocaïne, hallucinogène, Annabelle intensifiera sa consommation au début de la vingtaine. À cette époque, les échecs amoureux se succèderont. «J’étais incapable de tenir un emploi, ajoute-t-elle. J’essayais de me faire des blondes, mais ça ne marchait pas. J’étais handicapée socialement»

Le fond

Un jour d’automne 2004, alors qu’elle travaille dans une épicerie Metro, boulevard de la Concorde, Annabelle s’évanouit. Son meilleur ami vient à son secours et l’amène à l’urgence. Ce sera le début d’un sevrage forcé de deux semaines suivi d’une cure dans un centre de désintoxication, dans Laval-des-Rapides.

«Ma dérape de surconsommation s’est arrêtée net là, souligne-t-elle. J’avais 22 ans et j’ai pris conscience que je ne gagnerais jamais le combat d’aller contre ma nature. Je devais changer de sexe et ça me prenait un plan. Ç’aura pris sept ans!»

Parallèlement, la musicienne jouera comme guitariste dans différents groupes. Elle commencera à présenter des conférences de sensibilisation contre la toxicomanie à des groupes du Collège Laval, puis sur le milieu du show-business à l’école secondaire Georges-Vanier.

Partage et musique

Née en 1982, Annabelle Paquin a grandi dans Vimont auprès de ses parents et sa sœur, fréquentant l’école Paul-Comtois et le Collège Laval. Dès son jeune âge, elle n’a jamais douté de son identité sexuelle, mais s’est efforcée de lutter contre elle. Où qu’elle soit, la honte et la peur auront été son quotidien. Sa seule évasion demeurera la musique.

«Ç’a toujours été mon échappatoire, l’endroit où retrouver des artistes à mon image, dit-elle. Je voyais des idoles comme Freddie Mercury et David Bowie mener des vies correctes et adulées.»

Depuis un an, Annabelle a recommencé à créer du hard rock comme elle aime. Sa voix continuant de muer, elle aimerait trouver des interprètes intéressées par ses compositions. Rappelons qu’en avril 2007, sa pièce La Névrose est humaine, écrite sous le pseudonyme Syan, avait occupé le haut du palmarès de la relève de l’émission Belle et Bum durant un mois.

D’autre part, quand elle n’invente pas un nouvel appareil pour moduler les sons, Annabelle Paquin consacre beaucoup de son énergie à un blogue, annabellerioux.com, accueillant près de 200 000 visiteurs. Elle mise sur la transmission de la connaissance, l’expérience et messages positifs.

«En partageant mon histoire, je sais que ça aide du monde, je vois ça chaque jour sur mon blogue», exprime-t-elle.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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