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Beaucoup de gens ont faim à Laval

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Beaucoup de gens ont faim à Laval

SOCIÉTÉ. Les gens ne mangent pas tous à leur faim dans la troisième plus grande ville du Québec. Les demandes mensuelles ont grimpé depuis l’an dernier, passant de 11 575 à 15 720.

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Le Centre de bénévolat et moisson Laval (CBML), le point de chute d’aliments et denrées, fournit 57 organismes sur le territoire, dont 3 qui viennent tout juste de s’accréditer, besoins obligent en raison notamment de la conjoncture économique et l’accroissement de la population. «Nous on ne fait que de l’urgence alimentaire deux ou trois fois dans l’année», rapporte Jean Gagnon, directeur général adjoint.

L’organisme de la rue Michelin est en plein cœur de sa campagne de paniers de Noël, qui non seulement apportera de la nourriture à 2000 familles (sur les 15 000 demandes), mais permettra de garnir les tablettes pour l’après-fêtes, notamment en janvier, février et mars.

«La campagne est cruciale et nous avons bon espoir d’atteindre nos objectifs de recueillir 200 000 kg en denrées et 200 000 $», de dire M. Gagnon.

Fournisseurs

Mis à part ce grand déploiement de fin d’année, le CBML peut compter sur un réseau de fournisseurs, tels IGA, Couche-Tard et Metro, pour remplir son entrepôt.

Le nombre d’habitants étant en constante croissance sur l’île Jésus – l’Institut de la statistique du Québec prévoit une augmentation de 31 % d’ici 2036 – l’organisme a commencé à investir dans Moissonneurs Solidaires, un projet de ferme à Lotbinière, des dollars revenus sous forme de 100 000 kilos de légumes frais, l’an dernier.

Le regroupement fait aussi partie d’un pool national à travers lequel il peut récupérer des boîtes de conserve endommagées provenant d’épiceries.

«On doit revoir notre entrepôt parce qu’on commence à avoir moins d’espace. On veut se diriger vers des produits frais en ayant des réfrigérateurs et des congélateurs. Il faut se préparer», fait valoir M. Gagnon, qui garde un œil sur un projet de loi qui permettrait aux agriculteurs de recevoir un reçu d’impôt en retour d’aliments offerts.

Finalement, le CBML fait de l’éducation à travers des ateliers organisés trois fois par année sur, entre autres, comment faire une bonne épicerie, travailler un budget et transformer les aliments pour optimiser leur utilisation.

«Ces gens apprennent des petits trucs qui peuvent les aider. On éduque une personne à la fois», de conclure Jean Gagnon.

À travers le Québec, mentionnons que les demandes ont grimpé de 100 000 par rapport à l’an dernier, se situant à plus de 1,7 million mensuellement, selon le Bilan-Faim 2015, rendu public la semaine dernière.

On ne fournit plus à la demande dans les organismes

Les regroupements accrédités par le Centre de bénévolat et moisson Laval (CBML) voient de plus en plus de gens cogner à leurs portes pour obtenir de la nourriture, une réalité difficile, comme en témoignent deux d’entre eux.

Au Relais communautaire de Laval, la banque alimentaire est accessible deux fois par semaine. Chaque fois, quelque 200 personnes se présentent pour recevoir des denrées. «On est dans une passe difficile, reconnaît Karine Dorion. On manque de nourriture et la variété n’est plus là pour les gens lorsqu’on arrive à la fin de la file.»

Pour 2014-2015, plus de 20 000 distributions ont été effectuées, soit 82 000 sacs de denrées, des chiffres qu’on prévoit en hausse au prochain bilan. «Lorsqu’on fait des présentations sur l’organisme, on ne parle même plus du service de dépannage, parce qu’on ne peut pas se permettre d’accueillir de nouvelles personnes», explique Mme Dorion.

Maison de Quartier Fabreville

Du côté de cet organisme, on propose du dépannage alimentaire une fois par semaine, sur rendez-vous. «Il y a entre 20 et 24 demandes par semaine, mentionne Julie Gauthier, directrice. Avant, on donnait moins de paniers, mais nous avons décidé d’augmenter le nombre. Ils sont peut-être moins bien garnis, mais on aide plus de gens.»

Mme Gauthier a également noté que l’aide alimentaire va souvent au-delà du simple dépannage. «C’est pratiquement la seule nourriture que certains vont avoir. On remarque aussi de plus en plus de personnes qui ont un revenu d’emploi. Ils ont des factures à payer et ils coupent dans l’alimentation. Ce n’est pas encore énorme [comme demandes], mais ça veut dire quelque chose», conclut la directrice.

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