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Asphalte Desjardins: WSP a préparé l’appel d’offres

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Asphalte Desjardins: WSP a préparé l’appel d’offres

EXCLUSIF. C’est la firme de génie-conseil WSP, anciennement Génivar, qui a préparé les plans et devis en vue de l’appel d’offres qu’a remporté Asphalte Desjardins.

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Ce contrat de pavage de 930 000 $ a été octroyé à l’unanimité des voix au conseil municipal, le 10 mars. Une adjudication qui survient à moins d’un mois de l’ouverture de l’enquête préliminaire de Gilles Vaillancourt et ses 36 coaccusés et qui n’est pas sans raviver un passé peu glorieux.

Aux présumés complices à l’ex-maire accusé de gangstérisme, on retrouve l’actuel secrétaire et actionnaire d’Asphalte Desjardins, Claude Desjardins, et les ex-hauts dirigeants de Génivar, Yanick Bouchard et François Perreault.

Tous ont été arrêtés par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en 2013, puis accusés, entre autres, de fraude envers le gouvernement, de complot, d’abus de confiance et de corruption dans les affaires municipales.

WSP, certifiée par l’AMF

Contrairement à Asphalte Desjardins, la firme de génie WSP Canada a passé le test de probité et est aujourd’hui inscrite au registre des entreprises dûment qualifiées pour soumissionner pour des contrats publics.

Ce que ne manque pas de rappeler Marie Gendron, directrice du Service des communications à la Ville de Laval: «WSP est autorisée à conclure des contrats avec les municipalités parce qu’elle s’est soumise aux critères imposés par l’AMF [Autorité des marchés financiers].»

Le feu vert, l’entreprise l’a obtenu en février 2014, soit un mois après que Génivar a changé de nom à la faveur de la société britannique acquise, en 2012, au coût de 442 M$.

«Le changement n’a pas été que cosmétique, mais de fond en comble», insiste Mme Gendron, tout en évoquant le processus d’accréditation selon lequel une entreprise, ses actionnaires, associés, administrateurs et dirigeants doivent montrer patte blanche.

Ex-dirigeants accusés

Jusqu’en novembre 2012, Yanick Bouchard était vice-président Infrastructures pour l’Ouest du Québec chez Génivar. Entre 2003 et 2008, il avait notamment dirigé le bureau de Laval.

Quant à François Perreault, il a été en poste jusqu’à ce qu’il démissionne de la vice-présidence de l’entreprise en 2013. À la commission Charbonneau, ce dernier avait reconnu sa participation à un cartel d’ingénieurs et expliqué le stratagème de fausse facturation qui permettait à Génivar de verser des dons illégaux aux partis politiques en retour de contrats publics.

La cerise

Selon la preuve et des témoignages entendus à la commission Charbonneau, MM. Desjardins, Perreault et Bouchard auraient joué un rôle actif au sein des deux cartels lavallois d’entrepreneurs en construction et de firmes d’ingénierie, qui truquaient les appels d’offres.

En plus de se partager entre eux les contrats publics, avec la complicité de l’ex-maire et d’ex-hauts fonctionnaires, il n’était pas rare que l’ingénieur-conseil affecté à la préparation des appels d’offres coule des informations privilégiées à l’entrepreneur à qui était destiné le contrat. Cette pratique, qui permettait de gonfler artificiellement les prix lors des soumissions, était en quelque sorte la «cerise sur le sundae».

Voilà l’expression qu’avait utilisée l’ancien conseiller au sous-ministre aux Transports, François Beaudry, pour qualifier ce second niveau de malversation lors de son passage à la Commission.

Rappelons que M. Beaudry est l’homme par qui est arrivé le scandale de la collusion dans l’industrie de la construction, celui-là même qui avait découvert le pot aux roses en 2003.

Poursuites civiles

Cela dit, l’administration Demers est toujours plus déterminée que jamais à engager des recours au civil contre «les entreprises, firmes et individus qui ont participé à des manœuvres dolosives ou frauduleuses» entre le 1er janvier 1996 et le 30 septembre 2010. Cette période de 15 ans correspond à celle que couvraient les travaux de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

Pas plus tard que le 25 février dernier, le comité exécutif présidé par le maire Marc réinjectait 170 000 $ dans la poursuite des procédures légales visant à récupérer des millions de dollars de fonds publics détournés sous le règne de Gilles Vaillancourt.

Ce montant s’ajoute aux 200 000 $ qui avaient été allongés en août 2013.

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Journaliste à l'économie et la politique municipale , Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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