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Alain Bouchard se livre devant les gens d’affaires

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Alain Bouchard se livre devant les gens d’affaires

Devant la Chambre de commerce et d’industrie de Laval (CCIL), le grand patron d’Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard, s’en est pris à l’État providence et au modèle économique québécois lors d’une rare sortie publique, le 17 janvier.

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Aux gouvernements qui se sont succédé au cours des 40 dernières années, il leur reproche d’avoir financé des programmes sociaux «qu’on n’avait pas les moyens de se payer» et dénonce l’interventionnisme économique, qui coûte des milliards en subventions et en aide fiscale aux entreprises.

«Faut cesser de mettre de la pression sur la classe moyenne», dit-il en évoquant un niveau de taxation «intolérable» au Québec.

Garderies… et syndicat!

Il remet notamment en question les garderies à 7 $, qu’il souhaiterait voir remplacer par des crédits alloués aux familles.

Celles-ci pourraient ainsi choisir à qui confier la garde de leurs enfants, fait-il valoir en reprenant une proposition de l’ex-chef de l’ADQ, Mario Dumont.

«On se retrouve [à la place] avec la CSN et la FTQ qui mènent les garderies», n’a pu s’empêcher de dire le magnat des dépanneurs.

Ce sera d’ailleurs la seule allusion au mouvement syndical de son allocution, présentée sous forme d’entrevue animée par le président du conseil de la CCIL, Christian Provencher.

Rappelons qu’en octobre dernier, une campagne de syndicalisation longue de trois ans aboutissait à la faveur d’une convention collective négociée pour les employés de six dépanneurs Couche-Tard, une première en Amérique du Nord pour ce secteur d’activité, selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Anti-subvention

M. Bouchard qualifie d’«aberration» les généreuses contributions financières accordées aux entreprises.

«On subventionne les entreprises qui promettent 200 emplois et qui, au bout de l’engagement, transfèrent leur production au Mexique ou en Asie.»

D’un même souffle, il déplore que ceux qui gèrent les finances publiques concèdent «des milliards à des entreprises accrocs aux subventions, qui ne sont même plus capables d’être compétitives».

Le puissant homme d’affaires suggère plutôt d’utiliser ces sommes astronomiques pour réduire les impôts des contribuables.

S’ils veulent soutenir les créateurs d’emploi, les gouvernements devraient s’attaquer à la lourdeur de la réglementation et des formalités administratives «en rendant le système plus flexible», estime-t-il.

Créer de la valeur

Bien qu’il reconnaisse et salue le talent des entrepreneurs québécois, Alain Bouchard déplore le fait que «beaucoup d’entreprises se vendent trop tôt».

Il cite au passage la biotech Atrium Innovations, dont il a quitté le conseil d’administration quand les dirigeants ont parlé de vendre la société.

«Faut surtout élargir ses horizons, s’ouvrir sur le monde, acheter d’autres entreprises, développer et créer de la valeur», clame le président et chef de la direction d’Alimentation Couche-Tard, dont le réseau de quelque 12 600 dépanneurs s’étend sur 3 continents.

«Ce n’est pas les gouvernements qui créent de la valeur. Eux, ils essaient de la partager et partagent même ce qu’ils n’ont pas», lance-t-il sur un ton amusé.

Succès mondial

Dans le palmarès mondial dominé par Walmart, Alimentation Couche-Tard occupe le 31e rang des plus grandes chaînes liées au commerce de détail.

Numéro 1 au pays, le groupe d’Alain Bouchard est aussi la seule entreprise canadienne parmi les 50 sociétés ayant enregistré la plus forte croissance au cours des 5 dernières années, révèle le tout récent classement dressé par Deloitte.

«Si on veut progresser et avoir du succès, il faut s’entourer de gens meilleurs que soit et leur faire confiance», indique celui qui s’attribue le mérite d’identifier les bons leaders.

À cet égard, la décentralisation des opérations compte parmi les meilleures décisions qui ont guidé le développement de l’entreprise ces 30 dernières années.

Une image à redorer

Malgré l’arrestation de l’ex-maire Gilles Vaillancourt, sous plusieurs chefs d’accusation dont gangstérisme, la collusion et la corruption érigées en système sous son long règne, mises au jour à la commission Charbonneau, et le procès à venir des 37 présumés complices, Alain Bouchard réitère toute sa foi en la ville qu’il a choisie il y a près de 50 ans.

«On doit être fiers de notre ville», a-t-il lancé, insistant sur la qualité des infrastructures dont Laval recèle.

En 2009, M. Bouchard y a investi 10 M$ dans la construction d’un siège social, où il «reçoit des gens de partout dans le monde».

Cet investissement dans l’économie locale faisait suite à l’implantation, au tournant du millénaire, d’un centre de distribution dans le parc autoroutier A-25.

Enfin, le géant du commerce de détail a indiqué qu’il était temps de «tourner la page» et de «remettre Laval à la bonne place», saluant au passage la présence dans la salle du nouveau maire, Marc Demers.

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Journaliste à l'économie, l'environnement, le logement et la politique municipale, provinciale et fédérale, Stéphane.st-amour@2m.media , 450-667-4360 poste : 3523

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