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COVID-19

Adaptation psychologique pour les cégepiens

En raison du contexte sanitaire, les étudiants du Collège Montmorency ont dû suivre la majorité de leurs cours à distance lors de la plus récente session.

Bien qu’ils admettent que les cours étaient mieux adaptés au mode virtuel qu’au printemps, ceux-ci considèrent tout de même cette méthode d’apprentissage difficile.

«Comme nous ne sommes pas en classe, nous ne savons pas qui est dans le cours, explique Ines Asri, représente du programme Sciences de la nature et membre de l’Association générale des étudiants de Montmorency (AGEM). Lorsque quelqu’un pose une question, nous ne savons pas si quelqu’un d’autre est en train de juger derrière son écran.»

«Je connais plusieurs personnes qui ont vécu beaucoup d’anxiété, ajoute Rébecca Joyal, co-coordonnatrice et membre du conseil exécutif de l’AGEM. Même s’ils font de leur mieux, les enseignants ne savent pas toujours comment ça fonctionne. Parfois, on leur écrit et ça peut prendre plusieurs jours avant d’avoir une réponse.»

Elles affirment que les longues heures passées devant leur écran d’ordinateur à un impact sur leur fatigue, mais aussi la motivation.

«Même les comités étudiants se déroulent en ligne maintenant, poursuit Rébecca. Lorsque tu restes déjà toute la journée devant ton ordinateur, tu n’as pas nécessairement envie de te rajouter une heure de Zoom. Ça devient difficile.»

Les deux étudiantes notent toutefois qu’elles ont la chance de se rendre à l’école deux fois par semaine pour des séances en laboratoire. Cela leur permet d’avoir une certaine connexion sociale avec les autres étudiants, ce qui n’est pas possible dans un programme tel que Sciences humaines.

Déséquilibre

Myriam Tahiri Hassani, psychologue clinicienne et chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal, explique que la privation du sport et des amis peut susciter un véritable déséquilibre aux plans psychologiques et affectifs chez les cégepiens.

Elle précise aussi que quatre catégories de jeunes en difficultés sont principalement touchées par le contexte actuel, dont ceux qui étaient déjà très sollicités sur le plan structurel, ceux qui avait une prédisposition de vulnérabilité affective et ceux qui font face à des enjeux relationnels importants.

La dernière touche les jeunes qui vivent présentement une perte de repères en raison du contact étroit avec le virtuel qui se prolonge pendant plusieurs heures avec les cours en ligne. Il s’agit d’une nouvelle catégorie sur laquelle se penchent désormais plusieurs experts.

«À titre d’exemple, les jeunes peuvent être anxieux en sortant du monde virtuel, car ils ont l’impression de devenir spectateurs du monde réel qui n’est plus tangible pour eux, ajoute Mme Tahiri Hassani. Cela peut être extrêmement déroutant, car ils ne comprennent pas ce qui leur arrive et on l’impression de devenir fou.»

Éviter le piège

Pour la psychologue clinicienne, il faut éviter de tomber dans le piège de rester accrocher aux écrans lors des pauses afin de réduire ce niveau d’anxiété.

«Il faut essayer de reproduire au maximum une routine quotidienne qui ressemble minimalement à celle des cours en présentiel, précise-t-elle. Plutôt que de prendre cinq minutes de pause sur un téléphone, il est mieux de sortir à l’extérieur prendre l’air.»

Pour remplacer les activités sportives, elle recommande de se lancer un défi à chaque semaine. Il est aussi possible de le faire avec un ami, tout en respectant les mesures de distanciation sociale.

«Le télé-travail [et les cours en ligne] sont une excellente alternative, mais il faut être conscient de son revers, complète Myriam Tahiri Hassani. Il faut être conscient qu’il y a des coupures obligatoires à faire lors des pauses et que cette méthode permet principalement un mode hybride entre le virtuel et le réel.»

Prochaine session

Le début de la prochaine session devrait se faire en mode virtuel comme ce fut le cas à l’automne. Encore une fois, les élèves devront redoubler d’efforts pour pallier les limites de l’enseignement à distance. Cela passera par une collaboration augmentée entre les étudiants.

 C’est d’ailleurs l’un des points positifs qui a été soulevé par Rébecca.

«L’entraide est plus grande entre les étudiants. Le prof ne peut pas répondre à 50 courriels sur le même sujet, donc on se tourne vers les autres pour trouver les réponses à nos questions.»

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