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    Home - Politique municipale - Quand le salaire du maire devient un enjeu électoral

    Quand le salaire du maire devient un enjeu électoral

    Stéphane St-Amour | Initiative de journalisme localPar Stéphane St-Amour | Initiative de journalisme local6 octobre 2021
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    Mis à jour le 20 avril 2023 à 16h43

    S’il est porté au pouvoir le 7 novembre, le candidat à la mairie et chef du Mouvement lavallois, Stéphane Boyer, réduirait de 30 000 $ son salaire de base à titre de maire de Laval.

    Le salaire que la Ville lui verserait passerait de quelque 130 000  à 100 000 $ par année.

    À cette paie s’ajouteraient des émoluments versés annuellement au maire de Laval par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). D’emblée, rappelons-le, le maire de Laval est nommé vice-président de la CMM et membre du comité exécutif de l’ARTM.

    «Je ne me suis jamais engagé en politique pour l’argent, a déclaré le 5 octobre par voie de communiqué M. Boyer. D’ailleurs, l’an dernier, alors que nous étions en début de pandémie, j’ai versé près de 29 000 $ de salaire associé à une nouvelle fonction au bénéfice de Centraide».

    Il évoquait ainsi sa nomination à la présidence du comité de retraite du Régime de retraite des employés de la Ville de Laval, en juillet 2020, en remplacement de Michel Poissant, qui occupait ce poste depuis l’élection de 2013.

    Échos au conseil

    L’engagement de M. Boyer a eu des échos jusqu’au conseil municipal qui se tenait en soirée.

    Ex-conseiller de Laval-des-Rapides et chef du parti Ma ville maintenant, Pierre Anthian en a fait un enjeu électoral, estimant pertinent que les électeurs sachent combien leur coûtera leur prochain maire au cours des quatre prochaines années.

    D’entrée de jeu, M. Anthian a rappelé que le candidat indépendant à la mairie Nicolas Lemire avait été le premier à s’engager à réduire son salaire de base de 66 %, advenant son élection.

    «J’ai été le second à annoncer que mon salaire serait de 110 000 $ au lieu de 220 000 $», a-t-il enchaîné avant d’inviter les aspirants maires Michel Trottier et Michel Poissant à faire connaître leur intention.

    Leader du parti Laval citoyens, M. Poissant a aussitôt mentionné qu’il n’était «pas normal que le maire de Laval gagne plus que le premier ministre du Québec». À ses yeux, l’ensemble de la rémunération des élus municipaux lavallois est à revoir, lui qui soutient que le maire et les membres du comité exécutif sont surpayés et les conseillers municipaux sous-payés. «Il y a un grand ménage à faire», dit-il, ajoutant qu’«il en va même de notre démocratie».

    «Trop peu, trop tard»

    Chef de Parti Laval, Michel Trottier a d’abord dénoncé l’hypocrisie et l’opportunisme entourant cet enjeu. «En 2019, nous sommes le seul parti qui a proposé de réduire le salaire du maire. Pire encore, personne autour de la table ici n’a cru bon d’appuyer pour discussion la proposition de M. [Claude] Larochelle déposée le 10 mai 2019. MM. Boyer, De Cotis et Poissant n’ont pas voulu en parler.»  C’est là qu’il aurait fallu en débattre, a-t-il laissé entendre en évoquant le palmarès des maires les mieux rémunérés au Québec alors rendu public par La Presse. On y apprenait que M. Demers gagnait davantage que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le maire de Québec, Régis Labeaume.

    «Pour moi, une chose est certaine, 220 767 [dollars], c’est trop, mais 190 000, c’est encore trop!», a continué M. Trottier en chiffrant la rémunération globale du maire Demers et celle que toucherait Stéphane Boyer s’il était élu.

    À Québec de légiférer

    Après avoir cité le 40e engagement de sa plateforme électorale, qui est de réduire le salaire du maire à la hauteur de la troisième ville du Québec, le chef de l’opposition a dit que le gouvernement du Québec devait encadrer le salaire des élus municipaux.

    Il rejoint ainsi son vis-à-vis du Mouvement lavallois qui, plutôt en journée, en appelait à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, de légiférer afin de baliser le salaire des maires au Québec.

    «Personnellement, j’éprouve un malaise à l’idée que ce soit les élus municipaux qui déterminent les conditions de leur propre salaire. Je crois qu’une révision s’impose, mais qu’elle doit être menée par Québec avec des balises claires pour toutes les municipalités. Il y a certainement une façon de faire équitable qui respecterait les responsabilités et la taille des villes que nous administrons», affirmait Stéphane Boyer dans son communiqué.

    Demers clarifie

    Marc Demers est revenu sur les circonstances qui avaient fait passer en janvier 2018 sa rémunération de 170 000 à 217 000 $ par année, un bond de 28 %.

    «Premièrement, je n’ai jamais demandé d’augmentation de salaire», a indiqué le maire qui a tenu à clarifier les faits. Puis, il a fait valoir que le gain annuel de 47 000 $ qu’il empochait était payé non pas par les Lavallois, mais par la CMM et l’ARTM où il siège en sa qualité de maire de Laval.

    Tout ça découle de l’entrée en vigueur de la loi qui reconnaissait les Municipalités comme des gouvernements de proximité.  La législation alors adoptée par le gouvernement Couillard avait eu, entre autres, pour effet de déplafonner les salaires des élus municipaux. Ainsi, Marc Demers a eu droit à la pleine rétribution des 65 000 $ versée par les instances suprarégionales. «Alors, je coûte en réalité 150 000 $ aux citoyens de Laval», a nuancé le principal intéressé.

    Cela dit, il concède avoir «un malaise d’être mieux payé que le premier ministre», ajoutant du même souffle que le chef d’État québécois ne gagnait pas assez. «Je ne sens pas que j’ai coûté très, très cher aux citoyens de Laval, ayant réussi à récupérer 50 M$ [de la corruption]»

    Par ailleurs, si le maire Demers est soudainement devenu le 2e plus haut salarié des élus municipaux derrière la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, c’est que les maires de Montréal, Québec et Gatineau avaient fait passer en 2018 un règlement pour limiter leur rémunération à ce qu’elle était avant le déplafonnement.

    Enfin, le maire sortant a expliqué qu’en 2019, la Ville avait confié à Rémy Trudel, ex-ministre des Affaires municipales et professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP), le mandat de réviser les salaires de l’ensemble des élus à Laval, mais que ses travaux n’avaient pas fait consensus. «Ce sera au prochain conseil [des élus] d’essayer de régler ça», de clore M. Demers.

    Action Laval emboite le pas

    À l’issue du conseil, mardi soir, Action Laval a réagi par courriel, ajoutant sa voix au débat.

    «Dès la rencontre où nous avons proposé à Sophie Trottier d’être candidate à la mairie, le sujet a été soulevé. Surprise, elle ne comprenait pas l’inadéquation entre le salaire du maire et le rôle de celui-ci, comparativement à Montréal ou au premier ministre», écrit le porte-parole du second groupe d’opposition, Frédéric Mayer.

    «Naturellement, le salaire devrait être revu à la baisse. Un travail d’analyse comparative serait à produire afin de déterminer le juste salaire du maire. Nous croyons et nous sommes en accord avec l’idée que ce serait une réduction significative, que nous avions déjà incluse à notre plateforme», termine-t-il.

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