Mis à jour le 01 octobre 2026 à 15h54
Regroupant quatre des cinq élus de l’opposition au conseil municipal, les deux formations politiques opposées au Mouvement lavallois – Équipe Stéphane Boyer se sont invitées dans la campagne électorale provinciale.
Début septembre, David De Cotis (Action Laval) et Louise Lortie (Parti Laval) cosignaient une lettre ouverte dans La Presse avec des représentants de partis d’opposition à Gatineau, Trois-Rivières, Lévis et Saint-Jean-sur-Richelieu.
Aux chefs de parti qui ambitionnent diriger le Québec, ils demandaient de s’engager à mandater le ministère des Affaires municipales dans les 100 premiers jours d’un prochain gouvernement afin d’entamer une réforme de la démocratie municipale.
Trois semaines plus tard, par voie de communiqué, le chef d’Action Laval, Achille Cifelli, relançait les aspirant.e.s. au poste de premier ministre dans l’espoir d’obtenir un premier engagement en ce sens.
«Si les Municipalités reçoivent davantage de responsabilités, il faut aussi renforcer les contre-pouvoirs», fait-il valoir.
Revendications
Essentiellement, les six partis d’opposition signataires réclament que l’on dépoussière le cadre législatif municipal dont la dernière révision en profondeur remonterait à plus de 60 ans, les règles actuelles les empêchant de jouer pleinement leur rôle de chien de garde au conseil municipal de leur ville respective, estiment-ils.
Documents transmis tardivement en prévision d’une assemblée délibérante, sous-représentation chronique au sein des comités et commissions où siègent des élus, ressources financières jugées insuffisantes, séances à huis clos insuffisamment encadrées et débats écourtés, voilà autant d’irritants qui justifient à leurs yeux une refonte de la Loi sur les cités et villes (LCV).
Griefs
«On nous tient trop souvent à l’écart des endroits où les dossiers se préparent et où les décisions se prennent réellement», déplore Louise Lortie, conseillère municipale dans Marc-Aurèle-Fortin et chef intérimaire de Parti Laval. Elle en veut pour preuve la surreprésentation des élus du parti au pouvoir au sein des comités, commissions et conseils d’administration, ceux-ci occupant 68 des 71 postes à combler.
«À cela s’ajoutent le retrait [en 2026] de nos rencontres statutaires mensuelles avec les services municipaux qui nous aidaient à faire notre travail d’élus, l’accès limité à certaines présentations et des documents, souvent de plusieurs centaines de pages, transmis seulement quelques jours avant la séance du conseil», note également Mme Lortie.
Conseiller du district Saint-Bruno pour Action Laval, David De Cotis abonde dans le même sens.
«Une opposition qui n’a pas accès à l’information, qui reçoit des documents complexes à la dernière minute et qui dispose de beaucoup moins d’outils que l’administration en place, ce n’est pas une opposition qui peut jouer pleinement son rôle», mentionne celui qui qualifie ce rôle de «garantie de transparence, de rigueur et de saine gestion des fonds publics».
D’où le souhait que le législateur impose un délai minimal pour la transmission de ces documents aux élus, à défaut de quoi le conseil municipal devrait surseoir à toute prise de décision sauf, évidemment, en cas de force majeure.
«Pour faire ce travail correctement, il faut avoir accès aux données, au temps nécessaire pour les analyser et aux moyens de le faire», plaide aussi M. De Cotis.
Près de 1,5 M$ pour les cabinets d’opposition
À Laval, les 2 groupes d’opposition – qui ont fait élire chacun 2 conseillers – disposent d’un budget annuel identique de 730 000 $ pour embaucher du personnel et soutenir leur cabinet politique.
Comme les 2 formations ont récolté plus de 20 % des suffrages aux dernières élections, elles ont le statut de groupe d’opposition, se partageant ainsi 50 % d’une enveloppe municipale totalisant un peu moins de 3 M$.
Dans le cas où il n’y aurait qu’un seul parti d’opposition reconnu, celui-ci toucherait le tiers de l’enveloppe alors que le cabinet du maire aurait droit aux deux tiers.
Colistier
Le grand chantier municipal réclamé devrait aussi examiner la possibilité d’instaurer dans les villes de plus de 100 000 habitants le système de colistier, tel que l’autorise la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LÉRM) depuis une quarantaine d’années.
En vigueur depuis des lustres à Montréal et Québec et depuis peu à Gatineau, ce système permet à un chef de parti qui brigue la mairie de poser sa candidature dans un district électoral, conjointement avec un candidat de son parti [un colistier]. En cas de défaite à la mairie, le leader du parti a ainsi l’option de siéger au conseil municipal à titre de conseiller en autant que son colistier se soit fait élire.
«Le parti du maire a refusé à trois reprises de permettre le recours au colistier à Laval, un mécanisme pourtant prévu par la loi pour les grandes villes», souligne Louise Lortie en évoquant les débats tenus au conseil municipal en 2016, 2021 et plus récemment en 2025.
Exclu du conseil après sa défaite à la mairie en novembre 2025, le chef de Parti Laval et ex-conseiller municipal de 2017 à 2025, Claude Larochelle, a fait le choix de quitter la vie politique à la fin de l’été. Avant lui, son prédécesseur Michel Trottier, chef-fondateur du parti, avait également tiré sa révérence dans les semaines suivants l’élection du maire Stéphane Boyer en novembre 2021.
Téléchargez notre application
C’est simple et gratuit.
Meta (Facebook et Instagram) bloque vos nouvelles du Courrier Laval, tout comme Google continue de leur faire obstruction, en réponse à la loi C-18.
Pour avoir accès à vos nouvelles et rester ainsi connecté à la source, le Courrier Laval vous invite à télécharger son application. Vous pourrez ainsi continuer de lire vos nouvelles gratuitement, et ce, en temps réel avec un ratio moindre de publicités. N’oubliez pas d’activer les notifications et de passer le mot à vos proches et contacts!
Apple : https://apple.co/3wsgmKE
Android : https://bit.ly/3uGPo1D
Infolettre : https://courrierlaval.com/infolettre/



