Mis à jour le 16 juillet 2026 à 17h34
La Banque du Canada a annoncé, le 15 juillet, qu’elle maintenait le taux cible du financement à un jour à 2,25%, et ce, pour la sixième fois consécutive.
Le taux officiel d’escompte demeure plutôt à 2,50%, tandis que le taux de rémunération des dépôts pointe toujours à 2,20%.
Elle justifie sa décision par le fait que l’économie canadienne montre des signes d’amélioration, la croissance se redresse et l’inflation devrait redescendre graduellement du pic atteint récemment. Toutefois, des risques et incertitudes considérables persistent en ce qui a trait à la guerre au Moyen-Orient et à la politique commerciale américaine.
Situation mondiale
Depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire d’avril, la Banque note que les perspectives économiques mondiales ont été affaiblies par la hausse des prix du pétrole découlant du conflit au Moyen-Orient. En même temps, l’expansion du secteur de l’intelligence artificielle (IA) a soutenu l’activité économique dans un nombre grandissant de pays.
On estime que la trajectoire de l’inflation mondiale dépendra grandement de l’évolution du conflit.
Aux États-Unis, l’économie affiche un taux de croissance d’environ 2,5%, attribuable en grande partie à la consommation soutenue et à l’essor des investissements dans l’IA.
L’économie chinoise affiche plutôt une expansion solide, portée par des exportations robustes. Dans la zone euro, l’activité économique est freinée par les prix élevés de l’énergie, mais devrait se renforcer dans la seconde moitié de l’année si les prix de l’énergie baissent comme prévu.
La Banque prévoit que la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial ralentira pour s’établir à 2,75% en 2026, en raison surtout des effets du conflit au Moyen-Orient, et qu’elle remontera pour avoisiner 3,25% en 2027 et 2028.
Au Canada
Les conditions financières au Canada se sont quant à elles assouplies depuis avril, et les marchés boursiers mondiaux ont été dynamiques.
Les rendements des obligations américaines ont augmenté, tandis que ceux des obligations canadiennes ont peu changé. Cette différence a contribué à la dépréciation du dollar canadien.
Les chiffres du PIB canadien ont été en dents de scie au cours de la dernière année, et la croissance a fait du surplace, l’économie s’ajustant aux nouveaux droits de douane, à l’incertitude élevée et à la croissance démographique plus lente.
Les conditions du marché du travail sont demeurées faibles, ce qui reflète les capacités excédentaires persistantes. Le taux de chômage s’est établi à 6,5% en juin et oscille entre 6,5 et 7% depuis la fin de 2024.
Des signes montrent clairement que l’économie a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, progressant à un rythme estimatif de 2,5%. Même si cette évolution découle surtout de la dissipation de facteurs temporaires, les moteurs de croissance économique semblent se diversifier.
Selon de récents indicateurs, les dépenses de consommation devraient rester solides. L’activité sur le marché du logement a été faible, mais semble se stabiliser. La croissance des exportations a repris et devrait continuer de se raffermir, en restant toutefois sur une trajectoire plus basse.
Les investissements des entreprises devraient plutôt progresser modestement, stimulés à court terme par l’activité dans le secteur pétrolier et gazier. Même si l’Accord Canada–États-Unis–Mexique est désormais sujet à une révision annuelle, davantage d’entreprises disent trouver des moyens de composer avec l’incertitude. Les dépenses publiques devraient également contribuer à une plus forte activité économique sur la période de projection.
La Banque s’attend à ce que le PIB progresse de 0,7% en 2026, puis de 1,8% en 2027 et 2028. Les capacités excédentaires devraient se résorber graduellement au fil de la reprise.
Inflation
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau augmenté, atteignant 3,2% en mai, en raison surtout de la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient. Abstraction faite des prix de l’essence, elle s’est chiffrée à 2,2%. Les mesures de l’inflation fondamentale sont pour leur part restées près de 2%. Les attentes d’inflation à court terme sont sensibles aux fluctuations des prix de l’essence, mais celles à plus long terme demeurent bien ancrées.
Les pressions sur les coûts liées à la guerre continuent de se répercuter sur certains prix à la consommation, mais elles sont contrebalancées par les pressions à la baisse que les capacités excédentaires persistantes exercent sur d’autres prix.
Selon la projection, l’inflation mesurée par l’IPC va rester élevée en juin, puis ralentir progressivement dans les mois suivants et retourner autour de 2% au début de 2027, sous réserve de la trajectoire des prix du pétrole et de l’essence. L’inflation devrait s’établir en moyenne autour de 2% en 2027 et 2028, malgré quelques fluctuations d’un mois à l’autre en raison des effets de glissement annuel.
Le Conseil de direction de la Banque du Canada a donc jugé que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié pour soutenir la reprise économique et ramener l’inflation à la cible de 2%, conformément aux projections du Rapport.
La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour aura lieu le 2 septembre, tandis que la Banque publiera son prochain rapport sur la politique monétaire le 28 octobre 2026. (N.P.)
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