Mis à jour le 02 avril 2026 à 12h15
Le mercredi 1er avril, près de 200 personnes ont participé à une marche funèbre dans les rues de Chomedey en soutien aux organismes communautaires de la région.
Un poisson d’avril… qui ne fait pas rire tant que ça. Vêtus de noir, des centaines de militant.e.s ont investi les rues de Laval pour porter le deuil du communautaire, milieu à l’agonie depuis des années, porté à bout de bras par des travailleuses surchargées et sous-payées, déplore-t-on.
«Cette marche funèbre, ce n’est pas juste un symbole, c’est un avertissement, a déclaré avec vigueur Jessica Rivas Damas, chargée de projet à la Ressource ATP. Quand le communautaire disparaît, ce ne sont pas juste des services qu’on perd, ce sont des personnes qu’on abandonne. Aujourd’hui, à Laval et partout au Québec, on ne disparaît pas, on est là ensemble. On ne veut plus juste survivre, on veut vivre! On veut un financement à la hauteur de nos missions et des besoins, puis être reconnus pour ce qu’on fait: aider, soutenir, être là.»

Avant le départ du cortège funèbre fictif, des représentant.e.s d’organismes ont pris la parole à tour de rôle au Centre communautaire Simonne-Monet-Chartrand afin de décrire la réalité qui attend la communauté lavalloise si leur organisation venait à fermer ses portes. Pour certains, comme Unio Marché Laval ou la Maison de la Famille St-François, il s’agit d’une éventualité malheureusement pas si lointaine.
Les allocutions ont brossé un portrait sombre du tissu social où l’égalité des genres est encore plus menacée, les activités solidaires meurtries et les liens communautaires quasi-inexistants.
«Le communautaire, ce n’est pas un supplément, une option ou quelque chose dont on peut se passer, c’est une fondation, ont signalé des représentant.e.s du Centre communautaire Val-Martin. Affaiblir le communautaire, ce n’est pas juste fragiliser nos organismes, c’est attaquer notre capacité collective à prendre soin les uns les autres. Ce n’est pas un problème de charité, c’est un choix de société et aujourd’hui, ensemble, on est ici pour dire clairement: on choisit de se défendre.»
Selon Joelle Dorion, porte-parole de la cellule lavalloise du mouvement Le communautaire à boutte, un investissement de 2,6 milliards serait nécessaire à la survie du milieu.
Les hausses budgétaires demandées sont cependant plus élevées, notamment pour pallier l’écart salarial de cette classe d’emplois et réinjecter de l’argent dans le réseau des Organismes Communautaires Famille (OCF), dont le manque de moyens a été dénoncé il y a plus de six ans.
«Le communautaire n’est pas en train de mourir, on est en train de le laisser mourir. C’est un choix politique. La question est simple: allez-vous continuer à nous laisser tomber ou allez-vous agir?»
–Jessica Rivas Damas, porte-parole de la cellule lavalloise du mouvement Le communautaire à boutte.
Cette marche funèbre métaphorique s’inscrivait dans le cadre des mobilisations locales du mouvement Le communautaire à boutte, dont la grève de services s’achèvera aujourd’hui, le jeudi 2 avril, à la suite d’une manifestation provinciale devant l’Assemblée nationale. Un convoi lavallois de dizaines de personnes sera de la partie.
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