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Un Richard Séguin toutes lettres ouvertes

Culture

Un Richard Séguin toutes lettres ouvertes

En partageant un atelier d’écriture de chanson avec des jeunes, Richard Séguin a proposé d’élaborer de courtes lettres, afin d’aider ceux qui étaient bloqués. Il s’est lui-même pris au jeu. Quelques années plus tard, il lançait son dernier album Lettres ouvertes.

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Par le passé, Richard Séguin adressait déjà des lettres par ses chansons. À sa compagne, à son père, à sa fille, pour des amis. On n’a qu’à penser à Chanson pour Marthe, Ensemble , Oh! Mayou,,La raffinerie, Su’l’bord d’la track ou Tu reviens de loin. «Tranquillement, j’ai rassemblé d’autres lettres oubliées. Des lettres égarées qu’on n’a pas encore fini d’écrire. J’ai voulu des lettres pas codées, que tout le monde puisse se faire leur propre scénario. On s’est ensuite donné le temps de le faire en studio», raconte le chanteur. La rencontre du producteur Patrice Duchesne (Marie-Jo Thério, Loco Locass) l’a également réconcilié un brin avec l’industrie du disque, après d’amères désillusions.

Correspondances

Dès le premier extrait du dernier disque, le sillon que creuse Séguin depuis ses débuts est là, bien présent. Comment ne pas lier le dilemme du Martin de La route ouverte, et son «fuir ou partir, rester, choisir», à celui exprimé sur Double vie et son bien connu «Et que partir, c’est pas guérir», qui marquait la fin des errances pour un Séguin à la veille de sa grande popularité des années 80-90.

«On m’a suggéré d’écrire une lettre au jeune que j’étais à l’époque. Il était un peu perdu comme Martin au retour de sa course autour du monde.»

Cœur engagé

Le fan renoue aussi avec la rage et la colère de l’artiste. Plus particulièrement sur La maison brûle, où la voix rappelle le Sam Seguin version rock ou la malheureusement inévitable Protest Song. «On s’en sort pas, avec Stephen Harper et sa course à l’armement!»

«Pour La maison brûle, c’est que je m’associe au Carrefour pour elle [une maison pour femmes victimes de violence] depuis 20 ans. Les enfants avaient peur d’une présence mâle. Fallait que je fasse quelque chose. J’ai entremêlé quatre témoignages pour en faire une chanson en huit tableaux», note celui qui a pris position sur le Mont Orford, à travers Nos héritiers, en plus de demeurer sensible à l’analphabétisme, avec Première lettre, la suite de Les bouts de papier.

Sans compromis

Richard Séguin n’est pas que le plus grand chanteur folk qu’ait connu le Québec. Il est aussi l’un de ces artistes dont le parcours est resté toute noblesse. Sans compromis dans le propos et dans la facture musicale. Une musique aussi vaste que l’Amérique qu’il chante, que cette clôture à perte de vue qui forme le décor de son dernier spectacle.

Sur scène, il sera appuyé d’une bande de trentenaires musiciens, avec les Hugo Perreault et Simon Godin aux guitares, Michel Duguay à la basse et Francis Filion à la batterie. L’âge de son équipe n’est pas étonnant. Plusieurs de ses nouvelles chansons sont destinées à la jeune génération, dont la symbolique Qu’est-ce qu’on leur laisse.

Silence intime

Quand il regarde derrière, le chanteur confie venir d’un milieu qui n’a jamais laissé de témoignage écrit. Pendant longtemps, il a senti la responsabilité de réparer cette absence envers sa famille. «Depuis toujours, ce silence a été un moteur», précise finalement l’auteur de Journée d’Amérique . Samedi soir, à la Salle André-Mathieu, le temps sera donc aux voix couvrant le silence et à la lumière des allumettes.

Richard Séguin sera en spectacle à la Salle André-Mathieu (475, boul. de l’Avenir), dès 20h, ce samedi 1er décembre. Information: 450 667-2040.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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