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Un descendant de survivants raconte la résistance de son peuple

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Un descendant de survivants raconte la résistance de son peuple

MÉMOIRE. «Quand vous êtes déracinés, comme nous, vous avez un tas d’appartenances. J’appartiens à mon peuple arménien, mais aussi au Liban, au Québec et à Laval. C’est une mosaïque, et à l’intérieur de moi, je connais l’équilibre. C’est ma richesse à moi.»

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Baron Mher Karakashian est résident de Chomedey, enseignant en histoire à l’école arménienne Sourp Hagop et bien actif dans sa communauté.

S’il est au Québec, c’est parce que ses parents et grands-parents ont vécu les violences et déportations commises par l’Empire ottoman, en 1915, ayant perpétré le massacre d’environ un million et demi de personnes de sa diaspora, présente aux quatre coins du globe.

Survivants expatriés

La population du village natal du père de Baron Mher Karakashian, situé à la frontière syrienne, tout près de la Turquie, a dû fuir vers le mont Moïse pour résister aux forces armées ottomanes et aux groupes paramilitaires formés par les Kurdes.

Quelque 4295 personnes nichées sur la montagne ont survécu aux batailles de l’armée turque, dont le père de M. Karakashian, tirées du danger par un navire français. Le bateau les envoie en Égypte, à Port-Saïd, où les rescapés ont vécu pendant plusieurs années sous des tentes.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, une autre menace s’abat sur eux, étant donné les liens diplomatiques entre l’Allemagne nazie et la Turquie. La famille de M. Karakashian est encore contrainte de quitter, cette fois-ci pour le Liban, dans un village arménien composé essentiellement des rescapés du mont Moïse.

«Je suis né au Liban et j’ai vécu toute la guerre civile, raconte celui qui préside le comité canadien du centenaire du génocide. Quinze ans de cauchemar infernal. À la fin de la guerre, j’en avais marre, je ne pouvais plus rester là. Voilà pourquoi je suis venu à Montréal et ensuite, à Laval.»

«On ne s’assimile pas»

Baron Mher Karakashian, tout comme ses compatriotes, possède une volonté farouche de préserver son identité culturelle.

«On ne s’assimile pas, mais on s’intègre», nuance-t-il, indiquant que sa communauté se sent toujours aussi résistante.

«Des survivants ont eu des dépressions, raconte-t-il. Être Arménien, entre massacres, résistance ou invasions, c’était comme être maudit. Dans notre histoire de 5000 ans, nous n’avons pas eu 50 ans de suite de paix.»

Et les jeunes?

Le devoir de mémoire est transmis très tôt aux enfants. En effet, ces atrocités font toujours aussi partie de la mémoire collective de la communauté lavalloise.

«Le génocide, c’est un peu comme le centre de gravité, mais ce n’est pas tout ce qui est arménien et j’enseigne cela à mes élèves aussi, ajoute M. Karakashian. Oui, c’est une blessure toujours ouverte, mais votre cœur est autre chose. Vous appartenez à une nation créative, qui chante et danse toujours, ayant ses propres couleurs. Et elle donne à cette grande famille qu’est l’humanité.»

Et la création serait la revanche à l’histoire de ce peuple qui ne baisse jamais les bras.

«Chaque fois qu’il y avait une évasion en Arménie, il y avait une période de création, même après de grandes pertes, raconte-t-il. C’était notre réaction.»

La Turquie

Bien qu’une majorité d’Arméniens éprouvent aujourd’hui des sentiments bigarrés pour la Turquie, M. Karakashian voit quand même un vent de changement chez les jeunes Turcs.

Même si leur État nie catégoriquement ces violences de l’histoire, malgré la reconnaissance politique de 24 pays, quelques historiens turcs, mais aussi une certaine tranche de la population, affirment haut et fort qu’il y a effectivement eu «génocide», un mot que les dirigeants n’osent pas prononcer.

Information: genocidecentennial.ca

Une population florissante

Dans les quartiers de Chomedey, Sainte-Dorothée et Fabreville, la communauté arménienne est de plus en plus florissante.

D’après le site Web du Comité Conjoint Lavallois du Monument du Génocide Arménien, on comptait, en 2011, quelque 7700 Arméniens sur l’île Jésus, soit une augmentation de près de 18,5 % depuis le dernier recensement de 2006. La population est desservie sur le territoire par trois églises et une école.

Elle est composée de descendants rescapés du génocide, mais également de guerres du Moyen-Orient. Les personnes proviennent de plusieurs pays, comme le Liban, la Syrie, l’Irak, mais aussi la Turquie, l’Arménie et l’Iran. (C.L.)

Commémorations pendant un an

Cette année marque la centième année du génocide arménien. Une marche de près de 10 000 personnes a été organisée, le 3 mai, à Montréal, en mémoire des victimes des génocides et crimes contre l’humanité. De nombreuses personnalités du monde politique ou culturel étaient présentes, au même titre que le maire Marc Demers. Des activités soulignant l’apport culturel, artistique et social de ce peuple auront lieu pendant un an, à Laval comme à Montréal. (C.L.)

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