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Recevoir un rein d’une personne vivante

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Recevoir un rein d’une personne vivante

TÉMOIGNAGES. Éric Chandonnet était en processus pour entrer dans la Gendarmerie royale canadienne lorsqu’il a découvert, dans le cadre de tests de santé, qu’il souffrait d’insuffisance rénale.

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Il a dû arrêter temporairement sa carrière de garde de ministres à la Sécurité publique en plus de mettre un terme définitif à son rêve de faire partie de la police fédérale.

En 2010, cette nouvelle le secouait et il commençait les traitements de dialyse. Pour améliorer sa qualité de vie, il devait avoir recours à une greffe du rein.

Ce changement ne l’empêchait pas de vaquer à ses occupations. Éric Chandonnet a rencontré Frédéric Côté, celui qui allait changer sa vie, alors que les deux étaient assistants-entraîneurs au hockey.

«Nos gars jouaient dans la même équipe l’année précédente, laisse savoir M. Chandonnet. C’est comme cela qu’on s’est connus et qu’il a su que je n’allais pas si bien.»

Proposition bien «normale» 

Lorsque M. Chandonnet lui a parlé de sa situation de santé, M. Côté a tout naturellement signifié son intention de lui faire le don d’un rein. Il a eu la drôle d’impression que, pour son partenaire de hockey, cette proposition était bien normale, voire banale.

«Je lui ai dit qu’il était malade! se souvient l’organisateur du Tour de Rein. Dans ce temps-là, il avait huit enfants et sa femme était enceinte du neuvième. C’est lui qui a le salaire dans la maison. S’il y avait des complications, je ne voulais pas mettre une famille dans la rue. C’était de la générosité pure, mais j’ai refusé.»

 «Son histoire m’a touché, explique Frédéric Côté. J’étais prêt à lui en donner un. Il a une famille et des enfants. Plus j’avançais dans mes recherches sur le sujet, plus j’avais le goût.»

Altruisme

L’état de santé de M. Chandonnet, âgé à cette époque de 42 ans, se détériorait d’un mois à l’autre. Après un an et demi, il cède et accepte l’offre du père de neuf enfants, à l’été 2013.

Même si le geste de donner un organe peut devenir physiquement et émotivement éprouvant, Frédéric Côté n’a pas hésité un instant, voyant l’impasse dans lequel son partenaire se trouvait à ce moment-là.

Il s’est alors beaucoup renseigné sur la vie avec un rein, en plus d’en avoir discuté longuement avec sa conjointe. Il savait pertinemment qu’il s’apprêterait à entamer un processus important qui n’était pas sans risque.

Le futur donneur a passé une batterie de tests de santé, dont un afin de voir s’il était compatible avec le receveur.

Pour déterminer si le geste était complètement désintéressé et altruiste, M. Côté a dû avoir recours à quelques séances avec deux psychologues.

D’autant plus que la relation entre les deux hommes n’était pas, à la base, soudée par de profonds liens d’attachement.

«Je n’ai pas fait cela pour avoir quelque chose en retour, assure celui qui œuvre aux Travaux publics à Ville de Laval. Je n’ai jamais voulu arrêter en cours de route dans le processus, même si les médecins me disaient que je pouvais abandonner n’importe quand.»

Aucune complication

La transplantation s’est alors faite en septembre de la même année. Si la qualité de vie d’Éric Chandonnet a grandement été améliorée par la greffe, car son corps n’a pas rejeté l’organe étranger, l’opération n’a pas donné lieu à des complications pour le donneur. Même que près de 30 heures après celle-ci, M. Côté était déjà chez lui auprès des siens.

Cet échange ne les a pas plus rapprochés, mais Frédéric Côté affirme aujourd’hui être heureux de voir son receveur en santé.

«Éric, je ne l’avais jamais connu en santé, indique l’homme de 36 ans. Là, je le vois, il pète le feu. Je me dis “wow, j’ai fait vraiment une grosse action”!»

Le donneur et le receveur

Depuis 2012, Éric Chandonnet organise le tour cycliste le Tour de Rein, une traversée de l’île Jésus de près de 80 kilomètres au profit de la Fondation canadienne du rein. Son donneur de rein, Frédéric Côté, y participe aussi. Le 23 mai, 76 cyclistes ont pris part à l’événement, qui a généré des dons d’un peu plus de 25 000 $. (C.L.)

Donner un organe de son vivant, en chiffres

Au Québec, plus de 10 % des organes transplantés proviennent de donneurs vivants, cette proportion est de 25 % et plus au Canada. Il est possible de donner de son vivant un rein ou une partie de son foie. En 2011, cette proportion représentait un taux de 6,0 donneurs par million d’habitants (DPMH), comparativement à une moyenne canadienne de 14,4 DPMH pour cette même année.

L’évolution des attitudes laisse entrevoir que les donneurs vivants seront de plus en plus nombreux dans les années à venir.

La première greffe hépatique (lobe de foie) à partir d’un donneur vivant a été réalisée au CHUM- Hôpital Saint-Luc, en 2004.

(Sources: Transplant Québec)

 

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