Mis à jour le 18 juin 2026 à 15h02
Entrepris ce printemps au pied de la falaise de la rue du Barrage, dans Saint-Vincent-de-Paul, des travaux en préparation à un important chantier résidentiel ont été abruptement suspendus il y a près de deux mois et n’ont pas repris depuis.
Oeuvrant sans permis, le promoteur derrière ce projet de 156 condominiums a été contraint de cesser ses opérations. «Le 24 avril, un inspecteur [du Service de l’urbanisme] a constaté la réalisation de travaux de remblai et d’aménagement de terrain sans permis, indique au Courrier Laval Nesrine Saci, conseillère aux affaires publiques à la Ville. L’arrêt des travaux a été exigé le jour même et a été respecté par le gestionnaire du chantier».

Cette infraction a valu à la société en commandite Eaux Vives sur le Parc, créée par le promoteur immobilier Dév Méta, une amende de 1343 $. Le commandité, Luc Quenneville, n’a pas retourné notre appel.
En date du 18 juin, aucune demande de certificat d’autorisation ni de permis de construction n’avait été déposée par le promoteur.

Inquiétude
Le projet a retenu l’attention à la période de questions citoyennes du dernier conseil municipal alors qu’une propriétaire du Domaine du Barrage, jouxtant à l’ouest les lots à développer – est venue s’enquérir de la situation.

Visiblement inquiète quant à d’éventuelles dérogations au zonage en vigueur, l’intervenante expliquait que le dernier terrain vacant en bordure de cette rue en cul-de-sac avait été rasé en deux jours et qu’au bout d’une semaine d’activités intenses, tout s’était arrêté sans aucune explication.
«Pour avoir vu les esquisses, c’est un beau projet qui s’intègre bien», a mentionné le maire Stéphane Boyer, précisant qu’il appartient au promoteur de rendre publique ou pas les modélisations de l’immeuble de cinq étages puisque le projet ne nécessite pas de modifier le zonage.
Le 8 avril dernier, le comité exécutif auquel préside le maire Boyer approuvait le plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) soumis par le développeur, conformément à la recommandation du Comité consultatif d’urbanisme.
Le fait d’y assujettir les nouveaux projets de développement et de faire de l’acceptation d’un PIIA une condition sine qua non à la délivrance d’un certificat ou d’un permis visent, entre autres, à s’assurer les élus d’une intégration harmonieuse des nouveaux bâtiments au cadre bâti existant.

Dérogations mineures
À cette même séance du 8 avril, par voie de résolution, les membres du comité exécutif avalisaient quelques «dérogations assez mineures» au code de l’urbanisme.
À cet égard, le maire a tenu à rassurer la citoyenne : «Il n’y a pas de souci à avoir.»
Les ajustements apportés à trois normes réglementaires ciblent la marge arrière de recul minimal du bâtiment, la saillie des balcons en cour arrière et l’accès à une aire de stationnement intérieure en façade, a-t-il résumé, rappelant au passage que le bâtiment ferait dos à une falaise.

Précisons que la rue du Barrage, qui doit son nom à la Centrale hydroélectrique de la Rivière-des-Prairies, est située en contrebas du boulevard Lévesque et que le chantier – pour le moment arrêté – donne face à la berge de l’Alose qui, au printemps, attire des centaines de pêcheurs pour taquiner… l’alose savoureuse.
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