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Pertes de milieux humides: une urgence d’agir

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Pertes de milieux humides: une urgence d’agir

CONSERVATION. L’urbanisation de la région et les différentes phases de développement qu’elle a vécues ces dernières années a créé la perte de nombreux milieux humides et de terres agricoles, fragilisant ainsi la biodiversité du territoire.

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À chaque deux ans, le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval fait un suivi sur les évolutions des milieux humides en zone blanche (soumise au développement résidentiel, commercial et industriel), afin de dresser un portrait actualisé. D’année en année, l’organisme constate qu’il y a des disparitions et altérations.

«Depuis 2004, bon an mal an, on a perdu 50 % des milieux humides en nombre et à peu près 40 % en superficie, observe Guy Garand, directeur général du CRE de Laval. Cela a un effet sur la gestion des pluies, la biodiversité et la fragilisation des milieux.»

Dans la région, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) reconnaît seulement 172 hectares ou 0,64 % d’aires protégées par désignation (ex: habitat faunique, habitat d’une espèce floristique menacée ou vulnérable, refuge faunique), selon le dernier Registre des aires protégées du Québec, mis à jour en octobre 2014.

Conservation à perpétuité

Bien que la Ville soit propriétaire de sept grands bois et boisés, ce ne sont pas des aires protégées reconnues par le gouvernement, car ceux-ci sont zonés PA (parc). Selon le CRE de Laval, ces importants écoterritoires sont estimés à 400 hectares de milieux boisés (comprenant la forêt de Saint-François), dont de nombreux milieux humides d’intérêt et des écosystèmes forestiers.

L’organisme demande à la Ville de se doter rapidement d’un règlement de conservation des milieux naturels à perpétuité, afin qu’on ne développe jamais certaines zones.

«La Ville a toujours le pouvoir de dézoner, explique Guy Garand. C’est pour cela qu’on lui demande d’avoir un règlement de conservation des milieux naturels à perpétuité. On ne pourra plus y toucher, peu importe les administrations.»

Et cette protection serait tout à son avantage, car selon l’environnementaliste, lorsqu’un milieu est conservé pour une durée infinie, «il travaille pour nous 24 heures sur 24, 365 jours par année, et ne nous coûte rien en entretien», en comparaison avec d’autres installations municipales ayant des fonctions de filtration, rétention de l’eau et de gestion des eaux usées. Sans oublier que les milieux humides contribuent à alimenter les nappes phréatiques et servent d’habitat pour de nombreuses espèces végétales et animales.

Le terrain où sont situées les tours résidentielles du Bois Notre-Dame, construites dans le bois Chomedey, composé essentiellement d’érables noirs, est un bon exemple de changement rapide de zonage par l’administration Vaillancourt, en 2006, afin de rentabiliser économiquement un terrain à grande valeur foncière.

Fragmentation des milieux naturels

 

La fragmentation des milieux naturels affaiblie la biodiversité et plusieurs biologistes d’un peu partout sur la planète le décrient. L’étalement urbain et la construction de routes la fragilisent, en créant une rupture de communication dans le milieu naturel et la conductivité de la génétique d’une espèce.

Le parachèvement de l’autoroute 19, un projet qui soulève l’ire des environnementalistes d’ici, est un bon exemple en la matière.

Selon des données du ministère des Transports du Québec (MTQ) publiées dans son rapport sur l’étude d’impact (2012), ce seront 12 hectares de bois et 5 hectares de milieux humides qui seront touchés par le chantier, et ce, seulement sur le territoire lavallois.

Rappelons qu’en termes de compensation des pertes écologiques des milieux humides, le Ministère procédera avec un ratio de trois pour un. Pour les boisés, il compte privilégier une compensation minimale et permanente de deux pour un.

Cependant, le Mouvement Ceinture Verte, dont le Conseil régional de l’environnement de Laval fait partie et qui revendique le principe d’aucune perte nette, se questionne à savoir où le MTQ et la Ville trouveront des sites sur le territoire pour réaliser ces moyens d’atténuation.

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