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Louise Robert à la Salle Alfred-Pellan: faire corps avec le tableau

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Louise Robert à la Salle Alfred-Pellan: faire corps avec le tableau

L’un des grands noms de l’art contemporain au Québec, la Lavalloise Louise Robert, expose une quinzaine d’œuvres récentes à la Salle Alfred-Pellan, jusqu’au 1er juillet.

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Une poésie qui rappelle le Haïku oriental. Ces quelques mots, une phrase, incrustée en surface de la matière, de ces vastes espaces aux tons de sable, de gris bleuté. Une ligne, souvent médiane, tendue vers le visiteur, qui ouvre souvent un contraste coloré, dans une recherche de dialogue et d’équilibre. Bien que l’art soit abstrait chez Louise Robert, l’accessible est là, simplement crypté. Avec sensibilité.

Car de cette exposition se dégage un esprit zen. Une tendresse pour l’autre. Louise Robert propose au visiteur un moment privilégié: une rencontre avec lui-même, pour qui voudra bien accepter l’invitation à se perdre en soi, devant ses tableaux. Important: il n’y a pas de message, il y a communication.

Les mots pour le peindre

«Retrouver le temps dans tes bras le retenir», «Dans ton ciel des couches de bleu pétrole… dis-tu», «Chez moi il novembre à plein cœur». Chez Louise Robert, les mots naissent d’abord, ils initient l’atmosphère de l’œuvre à venir — ils seront cependant inscrits à la toute fin — puis le dessin prend forme. Une fois l’œuvre mûrie, l’artiste enfile ses gants de chirurgien et applique les couches de peinture.

«Je fais corps à corps avec mon tableau, je suis collée à lui. Par mes œuvres, j’interpelle les gens, désirant qu’ils se posent des questions», d’exprimer cette fille du béton, qui a grandi dans le quartier Petite-Patrie, à Montréal. Elle y retourne quotidiennement pour réfléchir ou travailler dans son atelier, en plein coeur du Plateau Mont-Royal.

Dehors la pharmacie

Au milieu des années’1970, Louise Robert met fin à une brève et douloureuse carrière de pharmacienne. Le père possède plusieurs pharmacies sur le territoire montréalais. «Mais toute petite, je voulais devenir peintre. Mes années d’université ont été une horreur.»

En 1975, ses premières œuvres témoignent déjà de son amour des mots. Des boucles s’additionnent, se superposent, un peu à la manière des cahiers d’écolier. Celle qui ne cache pas son appréciation de Beckett, Joyce et Duras, trace un parcours bien à elle, qui la mènera à Paris, New York, Vancouver et Toronto. On lui reconnaît une filiation avec les Cy Twombly, Charles Gagnon et Jasper Johns.

Invitation intime

«Qu’y a-t-il de plus intime chez l’individu qu’une telle voix, une voix qui résonne en nous, qui n’est audible que par nous, et qui est parfois troublante, tellement elle semble être introduite en nous plus que produite par nous», conclut Jean-Émile Verdier, le commissaire de l’exposition La vitesse du regard, présentée par Ville de Laval, en collaboration avec la Galerie Simon Blais. Une visite-atelier pour la famille a lieu ce dimanche 3 juin, 13h30. Information: 450 662-4440.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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