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Les intervenants en itinérance dénoncent une nouvelle approche fédérale

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Les intervenants en itinérance dénoncent une nouvelle approche fédérale

SUBVENTIONS. Les nouvelles mesures du gouvernement Harper en matière de lutte contre l’itinérance pour la période 2015-2019 ne plaisent pas aux organismes du milieu.

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Après des mois de négociations entre Ottawa et Québec, les organisations se voient imposer dès cette année, le modèle «Logement d’abord», qui part du principe que la lutte à l’itinérance se gagne en trouvant un logement privé pour les sans-abri, délaissant les multiples autres approches.

Ce modèle s’adresse aux personnes qui ne sont pas prises en charge par les ressources d’hébergement, mais celles en situation d’itinérance de manière chronique ou épisodique, négligeant, de ce fait, la prévention.

Selon les organismes du milieu, la réorientation de la Stratégie des Partenariats de Lutte contre l’Itinérance (SPLI), principale source fédérale de financement depuis 15 ans, aura comme conséquence d’empiéter sur d’autres projets d’intervention et initiatives régionales, au profit du modèle de logement.

«Ce sont des dizaines de projets de logements sociaux, des soupes populaires, des postes de travail de rue qui sont sur la sellette, venant menacer l’accès et la continuité des services pour des milliers de personnes», affirme par voie de communiqué Jimena Michea, coordonnatrice du Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ).

«Nos élus provinciaux n’ont pas cessé de nous dire qu’ils allaient négocier avec le fédéral pour s’assurer qu’on ne se fasse pas imposer les mêmes mesures que partout au Canada, indique Carol Pagé, présidente du Réseau des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL). Finalement, on nous a annoncé qu’ils ne pouvaient rien faire et qu’ils devaient se soumettre au gouvernement fédéral.»

Le ROIIL engage une chercheuse

En tout, 65 % de l’enveloppe octroyée par le fédéral pour les régions de Laval, Montréal, Laurentides et Lanaudière serait consacré à ce modèle unique que veut implanter le gouvernement dans le pays entier.

«On ne veut pas se faire imposer des mesures qui ne se prêtent pas à nos réalités», laisse savoir Mme Pagé, qui prévoit que des projets locaux pourraient disparaître avec cette réorientation.

Elle précise qu’à Laval, les personnes en situation d’itinérance ne dorment pas nécessairement dans la rue, mais se trouvent plutôt dans des ressources ou font du couch surfing.

Le ROIIL a donc engagé une chercheuse en travail social de l’Université de Montréal, financée à même les fonds du même programme fédéral, pour voir comment la région pourrait implanter un projet «Logement d’abord» à partir de sa propre réalité. À la lumière des résultats, l’organisme compte démontrer que les projets de logements pour la région ne valent pas l’abandon d’autres approches dans la lutte à l’itinérance.

Rappelons que la Stratégie des Partenariats de Lutte contre l’Itinérance (SPLI), un programme pancanadien implanté à Laval dans les années 1999-2000, met en place des services strictement dédiés aux personnes itinérantes. Le cachet accordé pour ce programme est de 1,2 M$ pour trois ans pour le territoire lavallois.

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