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    Home - Actualités - Le travail invisible et ses injustices

    Le travail invisible et ses injustices

    Stéphane St-Amour | Initiative de journalisme localPar Stéphane St-Amour | Initiative de journalisme local4 avril 2017
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    Au micro, on reconnaît Ève-Lyne Couturier, chercheuse à l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). À ses côtés, les deux autres panélistes Ruth Rose et Hélène Cornellier.
    Au micro, on reconnaît Ève-Lyne Couturier, chercheuse à l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). À ses côtés, les deux autres panélistes Ruth Rose et Hélène Cornellier. ©Photo - Photo TC Media – Vincent Graton
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    Mis à jour le 04 avril 2017 à 17h56

    Dimanche dernier, l’Association féminine d’éducation et d’action sociale avait réuni trois conférencières pour débattre de la question.
    Parmi elles, Ève-Lyne Couturier, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) qui fait la promotion d’un équilibre entre l’intérêt collectif et la liberté individuelle.
    Celle-ci devait mettre la table en rappelant que les femmes s’acquittent majoritairement (58 %) des tâches de proche aidant et qu’en proportion, elles sont également plus nombreuses à consacrer plus de 5 heures par semaine aux soins d’un proche.
    Tâches familiales

    Puisque le travail invisible englobe aussi les responsabilités familiales, Mme Couturier a, entre autres, mentionné que le soutien scolaire et l’aide aux devoirs incombaient principalement aux mères de famille, qui assument 70 % du temps parental dispensé à ces fins.
    Celle qui se spécialise notamment sur l’impact des politiques publiques sur les femmes n’a pas manqué d’aborder les effets des compressions budgétaires imposées au Québec.
    «Ces réformes de l’austérité rajoutent de la pression sur les femmes et le travail invisible, car la déstructuration enlève certaines responsabilités collectives pour les mettre sur les épaules des individus», observe Mme Couturier en évoquant les coupes en éducation, en santé et dans les centres de la petite enfance.
    Crédits non remboursables

    Professeure associée en Sciences économiques de l’Université du Québec, Ruth Rose déplore le fait que les mesures fiscales visant les proches aidants et les personnes aidées sont pour la plupart des crédits non remboursables.
    En clair, ces crédits profitent uniquement à ceux et celles qui paient de l’impôt.
    «Il faudrait les convertir en crédits remboursables», lance-t-elle en suggérant à l’AFÉAS d’en faire une de ses principales revendications auprès des gouvernements.
    L’objectif est que celles qui en ont le plus besoin puissent toucher un chèque à la fin de l’année. À cet égard, Mme Rose fait valoir que les aidantes naturelles sont souvent obligées d’arrêter de travailler pour s’occuper d’un enfant lourdement handicapé ou d’un parent à charge en sérieuse perte d’autonomie.
    Témoignage

    Également panéliste, Hélène Cornellier, travailleuse autonome, a pour sa part témoigné de la réalité des proches aidants, elle qui agit comme aidante naturelle auprès de sa mère âgée de 99 ans avec qui elle cohabite depuis 2006.
    Au Québec, les revenus de la personne aidée sont pris en compte dans le calcul des crédits remboursables, mentionne-t-elle. Si bien qu’elle n’a droit à rien.
    «Ma mère a des revenus frisant les 30 000 $, soit un petit peu trop élevés pour que j’aie droit à un crédit d’impôt.»

    Dimanche dernier, l’Association féminine d’éducation et d’action sociale avait réuni trois conférencières pour débattre de la question.
    Parmi elles, Ève-Lyne Couturier, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) qui fait la promotion d’un équilibre entre l’intérêt collectif et la liberté individuelle.
    Celle-ci devait mettre la table en rappelant que les femmes s’acquittent majoritairement (58 %) des tâches de proche aidant et qu’en proportion, elles sont également plus nombreuses à consacrer plus de 5 heures par semaine aux soins d’un proche.
    Tâches familiales

    Puisque le travail invisible englobe aussi les responsabilités familiales, Mme Couturier a, entre autres, mentionné que le soutien scolaire et l’aide aux devoirs incombaient principalement aux mères de famille, qui assument 70 % du temps parental dispensé à ces fins.
    Celle qui se spécialise notamment sur l’impact des politiques publiques sur les femmes n’a pas manqué d’aborder les effets des compressions budgétaires imposées au Québec.
    «Ces réformes de l’austérité rajoutent de la pression sur les femmes et le travail invisible, car la déstructuration enlève certaines responsabilités collectives pour les mettre sur les épaules des individus», observe Mme Couturier en évoquant les coupes en éducation, en santé et dans les centres de la petite enfance.
    Crédits non remboursables

    Professeure associée en Sciences économiques de l’Université du Québec, Ruth Rose déplore le fait que les mesures fiscales visant les proches aidants et les personnes aidées sont pour la plupart des crédits non remboursables.
    En clair, ces crédits profitent uniquement à ceux et celles qui paient de l’impôt.
    «Il faudrait les convertir en crédits remboursables», lance-t-elle en suggérant à l’AFÉAS d’en faire une de ses principales revendications auprès des gouvernements.
    L’objectif est que celles qui en ont le plus besoin puissent toucher un chèque à la fin de l’année. À cet égard, Mme Rose fait valoir que les aidantes naturelles sont souvent obligées d’arrêter de travailler pour s’occuper d’un enfant lourdement handicapé ou d’un parent à charge en sérieuse perte d’autonomie.
    Témoignage

    Également panéliste, Hélène Cornellier, travailleuse autonome, a pour sa part témoigné de la réalité des proches aidants, elle qui agit comme aidante naturelle auprès de sa mère âgée de 99 ans avec qui elle cohabite depuis 2006.
    Au Québec, les revenus de la personne aidée sont pris en compte dans le calcul des crédits remboursables, mentionne-t-elle. Si bien qu’elle n’a droit à rien.
    «Ma mère a des revenus frisant les 30 000 $, soit un petit peu trop élevés pour que j’aie droit à un crédit d’impôt.»

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