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«Le boss» revu par Yvon Deschamps, Benoît Brière et Dominic Champagne

Culture

«Le boss» revu par Yvon Deschamps, Benoît Brière et Dominic Champagne

Avec Le boss est mort, Yvon Deschamps fait replonger son public dans la tragicomédie d’un personnage dont la naïveté émeut autant qu’elle fait rire. Cet homme, veuf et père d’un garçon en bas âge, se retrouve désemparé, après avoir appris le décès de son patron.

Yvon Deschamps a créé le personnage de celui qu’on appelle tantôt Chose tantôt Toé dans Les unions, qu’ossa done, son célèbre monologue écrit il y a plus de 40 ans.

À l’époque, il a imaginé un gars d’usine, qui parle toujours de son boss, dans le contexte de sketches composés pour l’Ostie d’Show. En plus de l’humour grinçant qu’on lui connaît, Deschamps avait une volonté résolument sociale, à donner une voix aux ouvriers pas assez payés, tout comme son père, mais sans vouloir faire la morale aux gens.

Première rencontre

Il y a deux ans et demi, l’humoriste québécois légendaire a contacté Benoît Brière. Dans un restaurant de la Place des arts, Yvon Deschamps a confié son rêve au comédien: monter une pièce de théâtre à partir des 10 heures de matériel que constituent les monologues du cycle du boss (Le bonheur, Pépère, La violence et autres).

«Quand Yvon a écrit Les Unions…, en 1968, il ne se doutait pas qu’il allait faire mourir le personnage du bon boss cinq ans plus tard, dans La mort du boss, observe Benoît Brière. Nous sommes partis de ce dernier monologue, pour ensuite y imbriquer les autres, en version intégrale ou écourtée.»

Deuxième rendez-vous

«J’ai d’abord convenu avec Yvon que pour faire de ses mots du théâtre, il nous fallait un metteur en scène, poursuit Benoît Brière. Nous avons rencontré Dominic Champagne, au même resto, une semaine plus tard. Nous avons ensuite demandé au scénographe Michel Crête, de situer l’action.»

«Nous avonspris notre temps etpassé un an et demi à relire tous les textes, avant qu’Yvon nous soumette différentes versions. Au moment d’amorcer le dernier droit de préparation, soit huit semaines de répétition, Yvon s’est retiré de son propre chef pour nous laisser travailler, Dominic et moi, en huis-clos.»

Humour, drame et poésie

L’action deLe boss est mort prend place dans la cour de Chose, bien installé à côté de sa shed. Ce dernier s’exprime avec la prose d’Yvon Deschamps, simple et grandiose, comique et impitoyable, acerbe et touchante.

«Bien qu’en déjà 20 représentations depuis la première du 15 février, je n’ai jamais obtenu les mêmes réactions du public, souligne Benoît Brière. Ça rit toujours beaucoup. Le personnage est d’une telle candeur, qu’il en ressort une grande beauté poétique.»

Deschamps, Beckett québécois

La pièce est si riche, à valser entre drame et comédie profondément humaine, qu’on serait tenté de faire le rapprochement avec En attendant Godot, le chef d’œuvre du dramaturge irlandais et francophile, Samuel Beckett. Un personnage ouvrier et naïf vit dans l’attente d’un être qu’il considère comme un Dieu, dans un mélange de rires et d’émotions, où plane, entre autres, une ombre de tentative de suicide.

«Il y a effectivement beaucoup de similitudes, affirme Benoît Brière. J’espère que quelqu’un le remarquera et m’offrira de jouer En attendant Godot, un des ces jours.»

Défi relevé

«C’est probablement l’œuvre la plus importante que j’ai joué à ce jour, indique finalement le comédien choisi par Yvon Deschamps. Ç’a été un travail colossal dans un devoir de livraison infaillible, tant il fallait faire face aux attentes des gens, qui connaissent et aiment énormément ces textes d’Yvon.»

La pièce «Le boss est mort», texte d’Yvon Des champs, mise en scène de Dominic Champagne, est présentée les 25, 26 et 27 mars, à 20h, au Théâtre Marcellin-Champagnat (275, rue Laval). Information: 450 667-2040.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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