Connectez-vous à nous

Lavage des mains négligé à l’hôpital

Actualités

Lavage des mains négligé à l’hôpital

HYGIÈNE. Le lavage des mains du personnel de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé est loin d’être systématique lorsqu’il y a contact avec un patient, ce qui pourrait mener à une prolifération de bactéries ou d’infections évitables, comme l’influenza, la gastro-entérite et le Clostridium difficile. Cette dernière peut, dans certains cas, causer la mort.

Commentaires

Les résultats se situent bien en deçà du seuil d’hygiène recommandé par Québec, selon une récente enquête de Radio-Canada.

Si la cible fixée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est de 80 %, les données présentées par Radio-Canada montrent un taux de lavage des mains avant contact de 28 % et 54 % après.

L’établissement fait partie d’une majorité d’hôpitaux québécois n’atteignant pas les taux recommandés.

En effet, les moyennes nationales sont de 42,48 % avant contact avec le patient et 61,20 % après.

En Ontario, elles sont significativement plus élevées, avec des moyennes de 87,51 % (avant) et 91,58 % (après).

Une centaine de formations

Doris Prince, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, ne peut expliquer ces faibles taux de lavage, car l’établissement déploie annuellement plusieurs actions pour prévenir la prolifération de bactéries.

En 2014, 1700 employés du CISSS de Laval avaient assisté à des formations ponctuelles sur la prévention et le contrôle d’infections, entre autres, à l’accueil des nouveaux employés ou pendant des périodes d’éclosion.

En tout, 114 de ces activités récurrentes ont été données dans les différentes installations du CISSS de Laval pour sensibiliser et mobiliser tous les employés, médecins, bénévoles, stagiaires ou résidents.

Dans le journal interne, un numéro spécial avait d’ailleurs traité de ce sujet, il y a deux ans. Des distributeurs de solution hydroalcoolique sont installés depuis quelques années à l’hôpital à l’entrée de chaque chambre et secteur où sont prodigués des soins.

Un nouveau plan de communication sera déployé sur ce sujet pour l’an prochain, tout comme on l’a fait cette année pour le personnel, y compris les usagers.

«C’est quelque chose qui est constamment actualisé et vivant, indique Mme Prince. Nous sommes toujours à la recherche d’idées pour améliorer les choses.»

Aussi, l’application des règles lors des opérations d’inspection des employés est très stricte. Une hygiène des mains n’est pas comptabilisée si le temps de frottage n’est pas assez long. L’Organisation mondiale de la santé recommande de faire durer le processus au moins 40 à 60 secondes.

C. difficile

Dans le réseau de santé lavallois, on se situe sous les moyennes québécoises concernant le nombre de cas de C. difficile à l’hôpital.

En 2013-2014, le taux de cette infection était de 5,8 %. Elle a diminué à 4,7 % en 2014-2015. Notons qu’on observe des taux nationaux de 7,2 % et 6,8 % pour ces deux années.

Le Collège des médecins se dit inquiet des faibles résultats obtenus pour une majorité d’hôpitaux au Québec.

«Le lavage des mains, c’est la base de l’hygiène et la prévention de la transmission des infections, explique Leslie Labranche, porte-parole du Collège des médecins du Québec. On espère que le reportage aura un effet pour rappeler aux gens travaillant dans le milieu hospitalier son importance majeure.»

Pourquoi une cible de 80 % et non pas 100 %?

Bien que l’hygiène des mains soit un geste simple, les manquements dans les établissements de santé sont des problèmes internationaux et non pas spécifiques au Québec.

Les infections associées aux soins sont une cause majeure de mortalité et d’invalidité dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux d’observance de l’hygiène des mains du personnel soignant varie entre 5 et 89 %, avec une moyenne de 38,7 %, informe le MSSS.

«La cible de 80 % parait donc adéquate […] compte tenu, également, du fait que l’indicateur du MSSS en regard de l’hygiène des mains en est à sa première année d’application», indique Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du Ministère.

Cette cible pourrait être sujette à changements dans les prochaines années en fonction des résultats des évaluations qui seront faites par Québec.

Commentaires

Continuer la lecture
Vous aimeriez aussi...
Cliquer pour commenter

Répondre

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Actualités

Publicité

Nous suivre sur Facebook

Nous suivre sur Twitter

Archives d’articles

Publicité
Haut de page