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La modernité de Christine de Suède par Michel Marc Bouchard

Culture

La modernité de Christine de Suède par Michel Marc Bouchard

Reniée par sa mère qui espérait un garçon, élevée comme un soldat par son père, Christine de Suède (1626-1689) accédera au trône, fascinée par les avancées de la science dans ce 17e siècle annonçant celui des lumières. Michel Marc Bouchard y a perçu un drame digne d’un théâtre épique et moderne.

Marginalité et ambiguïté sexuelle de l’héroïne, jeux de coulisses et luttes de pouvoir, érotisme déchiré, amours impossibles, le spectateur retrouve les thèmes chers au dramaturge québécois qui nous a donné Les feluettes et Les muses orphelines.

Résonance actuelle

Toutefois, Michel Marc Bouchard ne s’était jamais intéressé d’aussi près à un personnage historique. C’est au réalisateur finlandais Mika Kaurismaki, qui l’a invité à pondre un scénario sur le sujet, que l’on doit ce Christine, la reine-garçon, déjà considérée par plusieurs comme un petit chef-d’œuvre de notre dramaturgie.

«J’ai été happé par la modernité de cette reine assoiffée de connaissances et de savoir, affirme Michel Marc Bouchard. Elle aimait s’entourer de beauté, bien qu’elle était très laide. Elle a réclamé l’aide de Descartes pour savoir user de son libre arbitre, sans oublier que l’on parle d’une monarque lesbienne qui s’est émancipée en plein 17e siècle.»

Céline Bonnier

Dès le départ, il était clair que Céline Bonnier allait jouer celle qui a régné sur la Suède de 1632 à 1654, avant d’abdiquer et de quitter pour Rome.

«Céline m’a encouragé à écrire la pièce, indique Michel Marc Bouchard. C’est une comédienne qui vient totalement du théâtre, notamment avec le groupe de Momentum. Avec elle, il n’y a pas de névrose, pas de fatigue, pas de crise de diva. Elle y prend un plaisir sportif!»

Serge Denoncourt

La production du Théâtre du Nouveau Monde est la cinquième collaboration entre l’auteur et le metteur en scène Serge Denoncourt.

«Ça s’est passé en collégialité, dans la facilité, souligne Michel Marc Bouchard. Serge a proposé un univers sombre, très luthérien, rappelant l’esthétique de Tim Burton, notamment avec cette salle des trophées de chasse ou la reine mère accompagnée de son fils albinos. Une bonne façon de marquer le contraste avec le lumineux de l’Europe du Sud.»

Catherine Bégin, David Boutin, Éric Bruneau, Louise Cardinal, Jean François Casabonne, Mathieu Handfield, Robert Lalonde, Magalie Lépine-Blondeau et Gabriel Sabourin complètent la distribution de cette ambitieuse fresque historique, qui tente de plonger dans l’intime de plusieurs destinées troubles.

Et maintenant?

La tournée de Christine, la reine-garçon prendra fin à la mi-février. Un producteur français a déjà acquis les droits pour la diffusion dans l’Hexagone. Une diffusion dans le cadre du Festival de théâtre de Stratford, où Michel Marc Bouchard a été auteur en résidence, n’est pas à exclure dans un avenir proche.

Sinon, le dramaturge travaille actuellement à une nouvelle œuvre ayant pour sujet un autre personnage historique, soit la comédienne Sarah Bernhardt et son passage dans la ville de Québec en décembre 1905.

Le Théâtre du Nouveau Monde présente la pièce «Christine, la reine-garçon», texte de Michel-Marc Bouchard, mise en scène de Serge Denoncourt, le mardi 5 février, à 20h, à la Salle André-Mathieu (475, boulevard de l’Avenir). Information: 450 667-2040.

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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