Connectez-vous à nous

Jennifer Abel et Roseline Filion: leur vie après la médaille

Sports

Jennifer Abel et Roseline Filion: leur vie après la médaille

Les plongeuses Jennifer Abel et Roseline Filion ont fait rêver beaucoup de monde en raflant une médaille de bronze lors des derniers Jeux olympiques de Londres. «Gagner une médaille, ça ne change pas le monde sauf que…»

Une médaille olympique, c’est la consécration du travail bien fait pour un athlète, mais c’est loin d’être l’aboutissement d’une carrière. En fait, c’est le début d’une nouvelle étape. C’est ce qu’ont constaté les deux plongeuses originaires de Laval.

Le Courrier Laval a rencontré les deux championnes loin de la piscine, dans un café du boulevard Saint-Martin. Souriantes comme jamais, Jennifer et Roseline mordent dans la vie à pleines dents.

Des vacances bien méritées

Depuis les Jeux de Londres, les deux médaillées n’ont pas touché à l’eau. Une première, très appréciée de leur part.

Abel et Filion savourent pleinement leurs vacances encore un peu avant de se projeter dans une nouvelle saison. «Ça fait beaucoup de bien de prendre une longue pause, car j’étais vraiment épuisée. Quand je suis revenue de Londres, je n’ai rien fait pendant deux semaines. Je n’avais aucune motivation. Je pense que je commençais à avoir des plaies de divan», avoue Filion avec son rire contagieux.

«Après, le quotidien a repris. J’étudie à temps plein à l’Université de Montréal en communication», ajoute celle qui rêve d’animer une émission de télévision après sa carrière de plongeuse.

De son côté, Abel apprécie aussi les longues vacances. «Par contre, ce fut un choc pour moi. J’ai recommencé l’école huit jours après mon retour de Londres. J’avais huit cours au Collège Immobilier du Québec.»

Vivre avec la notoriété

Depuis leur retour, les sportives, reconnues jadis dans leur discipline, mais qui évoluaient jusqu’ici dans un certain anonymat, doivent apprendre à gérer une soudaine notoriété.

Elles ont vu leur vie bouleversée et doivent apprendre à gérer leur nouveau statut. Par contre, elles ne s’en lassent pas.

«Je me fais reconnaître plus dans les rues. Nous allons au Carrefour Laval et on se fait demander des photos», souligne Roseline. «Ce n’est pas comparable à notre retour des Jeux de Pékin. C’est sans aucun doute en raison de la médaille», explique-t-elle.

Un modèle

Pour sa part, Abel affirme que les groupes ethniques la reconnaissent davantage. «Je me sens comme un modèle pour eux. Haïtienne d’origine, je suis la seule Noire et les minorités visibles se retrouvent en moi. J’adore cela.»

Immortalisées

Elles font plaisir à leurs admirateurs en immortalisant sur photos leurs différentes rencontres avec les fans.

«Les gens sont contents de nous parler et d’avoir une photo plutôt que des autographes. Nous préférons cela, car les autographes se perdent alors que les photos sont conservées», précisent-elles.

«Nous avons aussi reçu des tonnes de lettres, de cartes, des dessins d’enfants, des courriels, des messages, des Twit; cela fait chaud au cœur», ajoutent-elles.

Les deux complices profitent aussi des médias sociaux. Jennifer est suivie par 6350 personnes et Roseline est épiée par 4700 fans. «Je tiens à préciser que Roseline avait son compte Twitter un an avant moi. J’avoue que les personnes de cultures différentes vont plus me suivre moi que Roseline», dit Jennifer.

Ambassadrices

Au fil des semaines, elles ont pris conscience de l’impact que pouvait avoir leur médaille de bronze non seulement sur leur propre carrière, mais aussi sur celle des autres.

«Nous avons maintenant une voix. Nous avons acquis le statut de médaillées olympiques. On nous écoute plus. Nous sommes moins gênées de dire ce que nous voulons et ne voulons pas. Nous pouvons aussi donner des conseils», stipulent-elles.

Elles adorent rencontrer des jeunes écoliers et sportifs. L’essentiel du message véhiculé par Roseline aux jeunes est de bouger et de ne pas oublier l’importance des études. «Je ne veux pas leur faire la morale. Mais, il ne faut jamais lâcher quand ça va mal. J’ai réalisé avec le temps que tous les efforts sont récompensés.»

De mauvaises notes à l’école

Abel préfère parler du volet académique où elle éprouvait certaines difficultés.

«Je l’ai toujours eu plus facile en plongeon, mais pour ce qui était de mes notes à l’école, c’était catastrophique. Je n’ai pas honte de le dire. J’ai dû reprendre mon secondaire 1 pour rester au programme sport-études. Si je n’avais pas eu le plongeon, j’aurais été une décrocheuse», avoue-t-elle humblement.

En secondaire 3, elle s’est absentée trois mois, car elle a participé aux épreuves Séries mondiales de plongeon. L’année suivante, elle a manqué plusieurs jours d’école en prenant part à ses premiers Jeux olympiques et à la Coupe du monde.

«C’est toujours du retard qui s’accumulait. Je réalise à quel point l’école c’est important. Je regrette de ne pas m’être intéressée à mes études autant quand j’étais plus jeune.»

Commentaires

Continuer la lecture
Vous aimeriez aussi...

Journaliste sport et communauté

Cliquer pour commenter

Répondre

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Sports

Publicité

Nous suivre sur Facebook

Nous suivre sur Twitter

Archives d’articles

Publicité
Haut de page