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France Boyer-Bujold prend soin de son mari pour le meilleur et pour le pire

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France Boyer-Bujold prend soin de son mari pour le meilleur et pour le pire

SENSIBILISATION. Propriétaires d’une entreprise ayant pignon sur rue boulevard Curé-Labelle depuis 35 ans, les Équipements Chalain Ltée, France Boyer-Bujold, 72 ans, et son époux, Lauréat Bujold, 83 ans, avaient rêvé d’une autre retraite que celle-ci. L’Alzheimer en a décidé autrement.

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En 2007, Lauréat Bujold avait montré des signes inquiétants après une opération à la hanche. Il commence à oublier le nom de ses enfants et petits-enfants. «Il partait pour le commerce et se retrouvait à Montréal, dans le coin d’Henri-Bourassa, se souvient-elle. Il me rejoignait dans le centre d’achat en oubliant les clefs à l’intérieur de l’auto.»

Ancien pilote de stock-car, M. Bujold a dû arrêter la conduite automobile pour préserver la sécurité de son couple. «Je me suis acheté un bicycle électrique! dit-il en souriant. Je vais faire mon tour chaque jour. Je m’arrange pour ne jamais être seul.»

«Je m’assure qu’il a toujours son téléphone cellulaire avec lui, avec en mémoire le numéro de la maison, continue son épouse. Je dois savoir tout le temps où il est.»

Graduellement

Peu à peu, France Boyer-Bujold a pris responsabilité de tout, de A à Z, autant au commerce, où elle assurait déjà la comptabilité, qu’à la maison, où elle a toujours pris plaisir à faire la cuisine. «Je le nourris très bien!»

Chaque matin, elle sort le linge du jour. Elle s’assure que son mari prend ses médicaments. Elle voit aux travaux extérieurs. Sans parler du suivi médical et du notaire, chez qui elle a rédigé récemment son mandat d’inaptitude.

«Pour l’instant, je n’ai pas encore à m’occuper de son hygiène, Dieu merci, précise-t-elle. Cependant, on passe nos journées à chercher des choses qu’il a oubliées: les clefs, le cellulaire. Je répète les mêmes affaires 50 fois par jour.»

Trouver du support

La Semaine nationale des proches aidants, qui se déroulera du 1er au 7 novembre. France Boyer-Bujold a bien voulu témoigner de cette réalité en croissance.

«Je ne connaissais pas ça, ce terme de proche aidant, dit-elle. Tu fais tout ça en t’oubliant, par amour et obligation. Ça s’impose tranquillement et s’alourdit de jour en jour, par un tas de petites choses.»

«Il faut sensibiliser l’entourage et la population au rôle exigeant qu’assument nos proches aidants, d’affirmer Diane Lavergne, directrice générale de l’APPUI Laval, l’organisme gérant l’argent attribué à la région pour des services aux proches aidants. On peut les aider par de petites actions allant de faire l’épicerie à l’accompagnement pour un rendez-vous médical.»

En juin 2014, une travailleuse sociale a suggéré à Mme Boyer-Bujold d’assister à des séances d’information démystifiant la tâche imposante de proche aidant. On y aborde la résolution de conflits, l’épuisement, les pertes cognitives, les aspects légaux, etc.

«Ça aide un peu à faire les deuils que nous devons traverser, en rencontrant aussi d’autres personnes et jaser avec elles», admet la mère de deux enfants, Chantal et Alain, nés en Colombie-Britannique avant que la petite famille ne passe 31 ans dans Auteuil. Le couple est déménagé dans une charmante petite maison de Chomedey il y a 14 ans.

À l’exemple des autres proches aidants lavallois, France Boyer-Bujold garde espoir de disposer bientôt de services de gardiennage et soutien psychosocial. Chaque semaine, M. Bujold passe une demi-journée fort précieuse à la Société d’Alzheimer, mais cela s’avère encore insuffisant.

Journée d’activités

Ce mardi 3 novembre, les citoyens sont invités à une journée de reconnaissance aux aidants se déroulant à la Maison des arts de Laval (1395, boulevard de la Concorde Ouest).

Dès 9h30, on accueillera les gens avant la présentation du film Alive inside – A story of music and memory, sous-titré en français. La docteure Lise Gagnon, chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, donnera ensuite une conférence.

À 14h, après un dîner et la visite de différents kiosques, les gens pourront assister au lancement de la version anglaise d’un guide de l’organisme Partage Humanitaire.

Réalité immigrante

Le samedi 7 novembre, à 13h30, la travailleuse sociale Arzemina Spahic Blazevic fera la promotion de la bientraitance dans un contexte d’immigration pour les proches aidants à la salle de l’Entraide Pont-Viau, situé au 664, rue Saint-André.

Originaire de Bosnie-Herzégovine, réfugiée au Québec depuis 20 ans, celle qui était médecin dans son pays veut faire connaître les ressources disponibles pour prévenir l’épuisement chez le nouvel arrivant qui est proche aidant auprès d’une personne aînée.

Cette conférence gratuite est présentée par le Comité lavallois en abus et violence envers les aînés (CLAVA).

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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